« Dans la course au Green Deal, ne nous arrêtons pas à mi-parcours ! »
Bertrand Piccard, Francois Gemenne et Eric Scotto

Photo d'illustration
Piroschka Van De Wouw
Bertrand Piccard, Francois Gemenne et Eric Scotto

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Piroschka Van De Wouw
Il y a 5 ans, lorsque vous nous avez présenté le Green Deal, vous nous avez lancé le défi de mettre l'économie au service de la transition et d'utiliser ce Green Deal comme outil d'une croissance durable, efficiente et juste. Comme les fondateurs de l'Europe qui s'étaient en leur temps alliés autour de l'acier et du charbon, vous avez souhaité créer un projet social européen autour de nos énergies, cette fois-ci renouvelables.
Preuve de la corrélation entre vision politique et puissance industrielle, les marchés ont sauté le pas et les entreprises européennes, aidées par toute une série de mécanismes contraignants et incitatifs, se sont engagées dans la voie de la décarbonation et de l'efficience. Cette vision pour l'Europe dont vous avez été à l'origine, nous permet de compter aujourd'hui parmi les grandes puissances mondiales qui mènent la course de la neutralité carbone, entraînant avec nous l'ensemble des secteurs d'activité et les autres continents. En 2021, l'économie européenne reposait sur plus de 5,2 millions d'emplois verts, contre 3,2 millions en 2000. Nos entreprises sont dans la course, ne revenons pas en arrière !
Revenir en arrière - c'est-à-dire ne pas se doter de tous les moyens législatifs et financiers pour amplifier les décisions prises dans le cadre du Green Deal - serait une grave erreur pour différentes raisons.
Tout d'abord, de nombreuses entreprises et industries ont entamé leur transition, sans mentionner toutes les entreprises et start-ups qui ont fleuri en prévision de la nouvelle économie durable. Entre 2020 et 2021, l'écosystème européen des start-ups « zéro émission » à doublé sa valeur pour atteindre plus de 100 milliards d'euros. Quel impact aurait une pause réglementaire sur ces entreprises qui ont joué le jeu de la transition ? Un appel à confirmer le Green Deal a d'ailleurs été récemment lancé par plus de 550 parties-prenantes, entreprises, associations et ONG. Pourquoi donc céder à l'appel d'intérêts divergents pour faire une pause réglementaire ? Ne serait-ce pas un aveu de faiblesse face à des lobbys surpuissants en quête de statu quo? Il faut au contraire récompenser celles qui veulent avancer et créer une économie plus propre, plus compétitive et plus juste.
Ensuite, nos entreprises ont aujourd'hui besoin de véritables leaders. Les marchés et les investisseurs ont besoin d'une vision et de visibilité à long terme. C'est le rôle du politique que de donner une direction vers laquelle tous les acteurs économiques et non-économiques tendent. C'est ainsi que l'on réussit un projet de société, tous ensemble dans la même direction. Nos industries se questionnent aujourd'hui sur leurs objectifs à court et moyen termes. En l'absence de stabilité et d'engagement politique ferme, elles se délocaliseront.
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Pour ces raisons, nous vous demandons de tenir le cap sur le Green Deal, en le confirmant et en le complétant. Il est crucial de faire les bons choix de coalition, d'autant plus qu'il est aujourd'hui possible de concilier nos objectifs de compétitivité économiques, de justice sociale et de transition climatique.
Votre vision de 2019 était un choix historique: laissez-nous continuer à écrire l'histoire avec vous.
Bertrand Piccard, Francois Gemenne et Eric Scotto