Le « philanthrocapitalisme » de la Valley
Guillaume Renouard, à San Francisco
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En août dernier, 200 PDG américains ont cosigné une tribune dans laquelle ils affirment que la satisfaction des actionnaires ne doit plus être le seul objectif d'un dirigeant. Celui-ci doit également investir dans ses employés, être au service de ses clients et promouvoir une gestion éthique de la chaîne de valeur.
Une pétition de principe qui n'en constitue pas moins un mini-séisme au pays de Rockefeller et de JPMorgan, où la maximisation des profits constituait jusqu'à présent l'horizon indépassable de tout bon dirigeant.
Mais les temps changent, et, porté notamment par l'industrie des nouvelles technologies californiennes, un tournant éthique est aujourd'hui en cours. Les jeunes pousses créées dans une optique humaniste font florès, de Pulpwork, start-up californienne qui propose une alternative biodégradable aux emballages plastiques, à The Ocean Cleanup, un appareil pour absorber les déchets dans l'océan, testé depuis septembre 2018 dans la baie de San Francisco. Le Y Combinator, accélérateur emblématique de la Silicon Valley, investit dans les technologies de capture du CO2 dans l'atmosphère, tandis que des institutions centrées sur le financement des énergies vertes apparaissent.
Bill Gates et Jeff Bezos ont ainsi lancé, en compagnie d'autres entrepreneurs, le fonds Breakthrough Energy Ventures, doté de 1 milliard de dollars et chargé de financer les jeunes pousses de la transition énergétique.
Les grandes entreprises du secteur des nouvelles technologies se font également un devoir de consacrer une partie de leurs revenus à des actions humanistes. Salesforce, dont la tour gigantesque domine le paysage urbain de San Francisco, a contribué en 2014 à lancer le mouvement Pledge 1%, qui incite les entreprises à consacrer 1 % de leurs profits à des causes philanthropiques. Il compte aujourd'hui des milliers d'entreprises présentes dans 100 pays à travers le monde. Sous la direction de Satya Nadella, son PDG, Microsoft s'est mis à organiser des hackathons en interne au cours desquels les employés réfléchissent à la résolution de problèmes majeurs, comme la pauvreté, la faim ou le changement climatique.
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Guillaume Renouard, à San Francisco