Le territoire, la carte atout du Medef

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Dominique Carlac'h, ancienne athlète de haut niveau (400 mètres), diplômée de Science Po et HEC et cheffe d'entreprise, est fondatrice de D&Consultants, présidente de l'Association des conseils en innovation (ACI) et présidente du comité sport du Medef. Elle est candidate à la présidence du Medef.
Dominique Carlac'h, ancienne athlète de haut niveau (400 mètres), diplômée de Science Po et HEC et cheffe d'entreprise, est fondatrice de D&Consultants, présidente de l'Association des conseils en innovation (ACI) et présidente du comité sport du Medef. Elle est candidate à la présidence du Medef. (Crédits : DR)
Un territoire doit concentrer suffisamment de compétences pour constituer des meutes régionales et attirer les investissements. Par leurs regroupements et par leurs liens avec ceux qui créent et dispensent de la connaissance, les entreprises déploient des dynamiques créatrices de richesses et d'emplois. Pour le Medef, c'est un atout. Et d'autant plus s'il est le catalyseur qui favorise cette vertueuse réaction en chaîne. Par Dominique Carlac'h, ancienne athlète et cheffe d'entreprise, candidate à la présidence du Medef (*).

Un territoire, c'est une terre plus des hommes.  Il est attractif parce que les hommes le sont. Combien de métropoles comme Nantes, Lille, Lyon, Bordeaux, doivent leurs premiers succès à leurs nombreux élans de génie culturels, scientifiques et techniques ? Pareillement, un territoire économique, c'est une terre plus des entreprises. On y cultive des spécificités de savoir-faire et de compétences accumulées, partagées et transmises.  Des traditions industrielles s'installent et appellent les développements les plus audacieux.  De ce point de vue, l'identité territoriale grenobloise n'est pas celle de Strasbourg ou de Clermont-Ferrand.

Le territoire est une carte

Il est même plus qu'une carte : un atout.  Qu'un territoire excelle historiquement dans un point fort comme la mécanique de précision dans la vallée de l'Arve, l'aéronautique autour de Toulouse, ou l'agroalimentaire en Bretagne, et il devient plus aisé de lancer des plans d'action réguliers. Il devient plus évident encore de développer l'excellence de sa compétence, et de se projeter vers de nouvelles conquêtes grâce à l'innovation fertilisant ces territoires. Les points forts peuvent devenir plus forts encore. Et attirer de nouveaux investissements. Par cette boucle vertueuse, ce qui était un rassemblement d'entreprises se transforme en territoire de compétitivité.

Faciliter les audaces et pousser à l'action

Les traditions de savoir-faire facilitent les audaces et poussent à l'action. Ainsi, les industriels savoyards de la Vallée de l'Arve ont-ils su structurer leur filière, en introduisant très tôt le numérique et les usages au cœur de leurs mutations, pour résister et reconquérir des parts de marché.

Le Medef doit être le catalyseur qui encourage la dynamique des territoires.  Il stimule la création de valeur.  Il favorise les « meutes régionales », sorte de regroupement d'entreprises liées par une compétence, une géographie, et une vision prospective.

Expérimenter des « Territoires de compétitivité 4.0 »

Mieux encore, le Medef doit soutenir des tasks forces sectorielles qui s'appuient sur les territoires.  Par la magie du 4.0, les tasks forces sectorielles se jouent des frontières et rassemblent les compétences transversalement entre activités manufacturières et activités de services.  Leur périmètre s'ajuste aux grands enjeux économiques et sociaux, et permet la mise en œuvre des solutions pour répondre aux défis de la transition énergétique, de la mobilité durable, et de la transformation digitale et écologique.

Le Medef doit expérimenter des « Territoires de compétitivité 4.0 ».  Il peut s'appuyer sur trois piliers : des MEDEF territoriaux pionniers, des fédérations métiers, et des fédérations liées à la création de valeur par les services, notamment sur l'usage des données.

Le Medef dans ses territoires stimulera ainsi l'exercice collectif et individuel de la Responsabilité Sociétale des Entreprises.  Le Medef doit célébrer ses atouts territoriaux, consacrer leur excellence historique, et anticiper leur réussite. Sa géographie devient maintenant son futur.

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(*) Dominique Carlac'h, ancienne athlète de haut niveau (400 mètres), diplômée de Science Po et HEC et cheffe d'entreprise, est fondatrice de la société de conseil D&Consultants, présidente de l'Association des conseils en innovation (ACI) et présidente du comité sport du Medef. Elle est candidate à la présidence du Medef.

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a écrit le 16/05/2018 à 17:44 :
Déjà, voter pour une femme serait le signe d'une sacrée (r)évolution au MEDEF hein...
Réponse de le 16/05/2018 à 20:34 :
😂 c’est le plan neuneu ça , ils seraient capable d’élire une femme juste pour «  leur image » mais le système interne ne change pas( même salade à toutes les sauces)
Réponse de le 17/05/2018 à 10:11 :
Alors là je vous le dis tout net, aucune chance. Si ces gens là avaient un minimum de sens stratégique l'europe ne serait pas aussi pitoyable.

Qu'aux états unis cela fonctionne oui, mais en Europe notre vieille oligarchie à qui l'on doit tout ces relents nauséabonds au sein de nos partis politiques, fait qu'on est pas près d'avoir ni une femme ni un noir ou un arabe président de la république.

Par exemple, même si il faudrait la surveiller de près, Taubira fait partie des dirigeants qui semblent avoir encore un peu de volonté politique, mais jamais les français ne voteront pour une femme alors noire on est tranquille.

Nous avons un héritage, certainement venant de notre colonialisme, particulièrement sale en UE.
a écrit le 16/05/2018 à 15:02 :
tous les territoires ont leur meute de «  loups »
ils restent ensembles et ne se mangent pas entre eux .
au- dessus de eux : leur manitou , tout puissant.

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