Les cinq enjeux du numérique pour 2023

OPINION. Levées de fonds à répétition, subventions de l’État pour équiper les organisations de solutions cyber françaises, développement de nouvelles formations, le secteur du numérique se structure et prend conscience du rôle majeur qu’il occupe dans notre quotidien. Cassie Leroux, Directrice Produit chez Mailinblack décrypte les cinq enjeux du numérique pour 2023 : des risques de cyber-guerre à la souveraineté des données, en passant par l’éducation des collaborateurs aux bonnes pratiques cyber, à l’indispensable féminisation de la tech ou encore à la réduction de son impact environnemental.
(Crédits : DR)

Empêcher les attaques cyber de devenir des armes militaires

Les hackeurs ne cessent de gagner en compétences et le climat géopolitique engendre de nouveaux risques de piratage. Pour infiltrer des organisations de plus en plus sécurisées, ils cibleront les collaborateurs, point d'entrée de la plupart des attaques. Dans un contexte international tendu, ces cyberattaques pourraient devenir de véritables armes militaires et stratégiques.

Parmi les types d'attaques les plus attendues en 2023 :

  • Le « BitB » (Browser in the Browser) : découverte en 2022, cette forme de phishing consiste à créer une fausse fenêtre pop-up de navigateur à l'intérieur du vrai navigateur demandant à l'utilisateur de s'identifier. En usurpant un domaine légitime, elle récupère leurs identifiants ;
  • Le smishing : ces attaques par SMS sont amenées à se multiplier et à être plus ciblées suite à l'augmentation du nombre de données usurpées ces dernières années (+255% de cyberattaques en 2020 d'après l'ANSSI) ;
  • Par QR Code : outil largement adopté depuis la crise Covid, il représente une nouvelle opportunité pour les hackeurs. N'étant pas sécurisé, il peut facilement transmettre des virus ;
  • Le ransomware : attaque répandue en 2022 avec une forte rentabilité, les hackers sont amenés à renforcer et diversifier leurs formats pour bypasser les solutions de sécurité qui équipent de plus en plus d'organisations.

Sortir de la cyberdépendance pour reprendre le contrôle des données...

En 2021, 80% des solutions de sécurisation de messagerie sur le marché français étaient celles de deux géants américains, Microsoft et Google (étude 2022 du cabinet Markess by Exaegis). Et pourtant, huit décisionnaires IT/SI sur dix affirment que la souveraineté numérique est importante pour leur entreprise (étude Jamespot d'octobre 2022).

Si le gouvernement a souhaité renforcer la cybersécurité des organisations françaises avec des solutions souveraines, notamment via le plan France Relance, l'Europe a plutôt régressé en la matière avec l'abandon du Cloud Act. Dans ce contexte, les utilisateurs finaux doivent devenir des modérateurs et limiter leur trace numérique. La prise de conscience de cette dernière, la sensibilisation puis l'éducation aux outils numériques sera un véritable enjeu des années à venir pour parvenir à récupérer une forme de liberté numérique.

... Et préserver la santé mentale

La crise sanitaire et ses confinements successifs ont accru la dépendance à Internet. Le Digital Report 2022 Global Overview relève que 6 heures et 58 minutes par jour sont passées sur le web, représentant plus de 40% du temps éveillé. L'étude IPSOS de février 2022 affiche également des résultats inquiétants : 43% des enfants qui naviguent en ligne rapportent des maux de tête et 42% d'entre eux des difficultés d'endormissement. Enfin, 43% des enfants de 0 à 2 ans utilisent déjà Internet. Ces chiffres confirment que l'éducation aux outils numériques doit s'effectuer dès le plus jeune âge et que les enfants, tout autant que leurs parents, doivent être davantage sensibilisés aux conséquences du digital sur la santé physique et mentale.

L'environnement de travail, où les Français passent la majeure partie de leur temps, devra s'adapter pour respecter le droit à la déconnexion du collaborateur et faciliter l'utilisation de ses outils numériques du quotidien.

Promouvoir davantage de mixité dans la tech

Si la proportion de femmes dans le secteur du numérique a progressé ces dernières années, il ne reste pas moins très loin de la parité : 17% en 2022 contre 12% en 2018 (rapport Gender Scan de 2022). D'après une enquête menée dans le cadre du Web Summit 2022, 67% des femmes travaillant dans la tech ont le sentiment d'être injustement payées par rapport à leurs homologues masculins. Plus inquiétant encore, 49,5% d'entre elles ont été victimes d'actes ou de remarques sexistes sur leur lieu de travail au cours des douze derniers mois, et 46% ne se sentent pas respectées dans leur rôle par leurs pairs.

La pénurie de main d'œuvre et le manque de diversité dans les équipes sont un frein important au développement des start-ups et scale-ups en France. Pour encourager les femmes à rejoindre le secteur, plusieurs actions peuvent être mises en place. Parmi elles : l'éducation au numérique dès le plus jeune âge dans les écoles ; la dé-stigmatisation du secteur se résumant à des « geek à capuches » dans l'imaginaire collectif ; une mise en avant des femmes dans les médias pour inspirer les futures générations ; ou encore, une rémunération en adéquation avec les compétences et le poste occupé, valorisé au même titre que les hommes.

Aller vers une plus grande sobriété numérique

L'expression « hygiène numérique » doit se démocratiser et devenir un axe stratégique des organisations. Une meilleure utilisation des outils numériques permettra de réduire les interactions et actions parasites (mêmes messages distribués sur plusieurs plateformes, notifications intempestives, non respect du statut « ne pas déranger », etc.), d'éduquer sur les risques cyber et de protéger ses données facilement.

Des sessions de formation permettent d'éduquer sur les différentes actions à mettre en place pour préserver la santé mentale des collaborateurs, améliorer la productivité et réduire l'impact environnemental du numérique. Ce dernier a d'ailleurs fait l'objet d'une loi adoptée par le gouvernement français, une première mondiale. Elle vise à mieux mesurer son impact, maîtriser son empreinte, soutenir des initiatives responsables et faire du numérique un véritable outil de la transition écologique.

La conception logicielle sera un axe stratégique pour répondre aux différents enjeux de 2023. Elle permet, d'une part, de concevoir les outils de manière écologique : grâce à un meilleur encodage, les logiciels requièrent moins de mémoire et consomment moins d'énergie. D'autre part, le choix des matériaux et la conception technique peuvent prévenir l'obsolescence programmée et réduire les émissions de gaz à effet de serre durant la fabrication. Enfin, l'expérience utilisateur doit être revue en prenant en compte la santé mentale de celui-ci pour la préserver. Pour y parvenir efficacement, stimuler la créativité et augmenter leurs performances, les organisations devront favoriser des équipes diversifiées, tant par le genre que par les parcours de vie.

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Commentaires 2
à écrit le 27/11/2022 à 9:08
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La meilleur des cybersécurités c'est de débrancher la prise mais le problème c'est que ça ne coûte et donc ne rapporte rien alors il faut des usines à gaz. SInon pour nos enfants c'est évident et c'est là qu'on voit la main mise de l'idéologie marcha...

à écrit le 26/11/2022 à 18:43
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A des problèmes réels, on nous propose des solutions virtuelles ! Pourquoi pas un petit calumet, tant que l'on y est ? ;-)

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