Les compétences sont un enjeu de compétitivité

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(Crédits : DR)
L'industrie française revient dans la course à la compétitivité mais peine à recruter les compétences pointues. Par Bruno Salmon-Legagneur, Ingénieur agronome à AgroParistech

L'industrie a profondément changé, sa modernisation est incessante. Elle revient au cœur des préoccupations des grands pays dans la course à la compétitivité.

 Mais elle n'arrive pas à recruter faute de compétences aussi bien au niveau des opérateurs que des techniciens voire des ingénieurs, malgré des salaires près de 20% supérieurs à la moyenne des autres secteurs. Sur le seul bassin de Nantes - St Nazaire près de 100 entreprises formulent 900 projets d'embauches dans des postes industriels en 2016. Les recruteurs anticipent que, pour plus de la moitié, ils échoueront ou auront de réelles difficultés à les satisfaire.

 L'usine de demain

Les mutations se poursuivent et l'usine de demain sera également fort différente de celle d'aujourd'hui. La digitalisation de l'industrie et ses multiples facettes seront un facteur clé de cette évolution : le numérique est présent à toutes les étapes de la fabrication et prendra de plus en plus de place dans l'usine du futur.

Ces évolutions impactent les besoins en compétences et les formations qui y préparent. Les interconnections entre tous les acteurs intervenants dans la conception, la production, la maintenance ou le recyclage seront de plus en plus fréquentes. Il faudra alors former des collaborateurs rompus à ces inter-relations. Des métiers apparaissent, d'autres évolueront fortement, comme par exemple celui de l'usinage avec l'émergence de la fabrication additive.

 Toutes ces évolutions ont des conséquences sur les métiers, sur l'organisation du travail, sur le management, sur les compétences attendues dans l'usine, donc sur les formations : outre le besoin d'être familier des outils et des technologies de production de plus en plus pointus, l'usine du futur implique des coopérations accrues, un management différent.

 Plusieurs points feront la différence dans la réponse à apporter à la mutation des compétences

  • Travailler en réseau pour répondre aux besoins des entreprises, les anticiper. Pour cela il est nécessaire d'identifier ces besoins, de les analyser, de conduire des réflexions qui permettent de travailler à la prospective des métiers. Mais surtout de les faire travailler ensemble, pour apporter des réponses plurielles aux besoins. La formation étant un continuum tout au long de la vie les opérateurs de formations initiales sont autant concernés par les évolutions en cours que ceux de la formation continue.
  • Adopter une approche inter-niveaux. Il s'agit d'être capable de mettre les jeunes de différents niveaux de formation en actions autour de projets communs, de les faire travailler ensemble du CAP au BAC + 5.
  • Mutualiser des moyens : acquérir des équipements communs, up to date, tels que ceux rencontrés dans les usines les plus en pointe, apporte un vrai plus pour répondre aux besoins actualisés de compétences.

Mutualisation

 Le « faire ensemble » et la mutualisation sont au cœur des enjeux pour les compétences de demain. Ceci plaide pour le rapprochement des acteurs, l'association des formations de tous niveaux sur un même site et l'ancrage dans la réalité industrielle, par le biais des équipements et les liens avec les usines.

 La Jules Verne Manufacturing Academy, portée par l'IRT Jules Verne, qui verra le jour à Nantes en 2019, au pied des usines, compte apporter des réponses concrètes à ces mutations car la formation aux métiers de demain dans les technologies de production est un enjeu clé pour permettre aux entreprises industrielles de maintenir un avantage concurrentiel et technologique.

 Bruno SALMON - LEGAGNEUR est Ingénieur agronome à AgroParistech. Il est actuellement Directeur de la formation à l'IRT Jules Verne. Il dispose d'une longue expérience en formation : Directions successives en formation continue, enseignement à distance, coopérations internationales, des programmes de formations - au Groupe ESA Angers.

 Printemps de l'économie - Paris du 8 au 14 avril 2016

Pour sa 4° édition le Printemps de l'économie s'intéresse à « L'Economie en quête de territoire(s) ». Ce fil rouge se décline en plusieurs thèmes - Territoire & entreprises ; Des activités, des hommes, Mondialisation & Europe, Politiques publiques, Innovation & industrie et Métropoles - qui seront abordés à l'occasion de plus de 40 conférences organisées du 8 au 14 avril 2016 à Paris. L'ambition est d'offrir au grand public la possibilité de réfléchir et d'échanger pour mieux saisir les enjeux et agir... L'un des intervenants à cet événement unique vous livre ici son point de vue...

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