Les femmes et l'État nounou
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Dans l'histoire humaine, les femmes ont été, dans leur immense majorité, opprimées, discriminées et dominées. Elles le sont moins depuis l'après-Seconde Guerre mondiale. Cette amélioration est due à plusieurs facteurs, parmi lesquels le recul des préjugés, grâce au développement des idées progressistes et des régimes démocratiques, le progrès technologique, et la richesse générée par les société industrielles. En bref, le lave-linge (jusqu'à son invention et sa diffusion, laver le linge au lavoir quelle que soit la saison était une tâche harassante) a permis d'avoir le temps de lire le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir. Parmi les progrès à conquérir, il en reste un, tenace : l'égalité salariale pour un travail égal.
L'Organisation mondiale du travail (OIT) dresse un état des lieux dans un récent rapport : « Quels sont les causes des écarts salariaux entre hommes et femmes ? » Premier enseignement : ces dernières années se caractérisent, notamment dans les pays développés, par une modération salariale. En termes réels, et si l'on exclut la Chine (qui connaît une augmentation plus importante), la hausse salariale au niveau mondial est tombée à 1,1% en 2017 (après 1,8% en 2016), le taux le plus faible depuis 2008. Cette modération salariale générale limite la possibilité de rattrapage de la rémunération des femmes sur celle des hommes.
Autre observation : si « l'écart salarial entre hommes et femmes à l'échelle mondiale est d'environ 16% », l'OIT remarque que l'égalité salariale est corrélée au niveau de richesse du pays concerné. Ainsi, la Suède compte parmi les moins inégalitaires et l'Afrique du sud et la Namibie parmi les plus inégalitaires.
L'OIT note toutefois un phénomène : « Dans les pays à revenu élevé, l'écart salarial entre hommes et femmes se creuse de façon frappante dans la partie supérieure de la répartition. » Les experts de l'OIT l'expliquent par la maternité.