Les Français vont mal dans un pays qui va bien mieux qu'ailleurs

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, les Français vont mal dans un pays qui va bien mieux qu'ailleurs

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La France, homme malade de l'Europe, voilà une idée réductrice que met à mal la lecture du dernier ouvrage du démographe Hervé le Bras « Se sentir mal dans une France qui va bien », un livre dont je vais beaucoup m'inspirer pour établir le diagnostic de la France. C'est en effet un paradoxe national : les Français sont les plus pessimistes d'Europe, alors que sur de nombreux critères essentiels la France fait mieux, voire beaucoup mieux, que ses voisins.

Des inégalités gommées par le système redistributif

C'est le cas en matière d'inégalité et de pauvreté. Un peu moins de 17% des Européens, soit 85 millions de personnes, vivaient sous le seuil de pauvreté en 2017 si on prend en compte le seuil à 60% du revenu médian de chaque pays. À 13,3%, la France se situe 3,6 points en dessous de la moyenne européenne et se place à la 6e place des pays où le taux de pauvreté est le plus faible juste derrière la Tchéquie, la Finlande, le Danemark, la Slovaquie et les Pays-Bas. Mais mieux, parmi les 5 pays européens les plus peuplés, c'est en France où le taux de pauvreté est le plus faible devant l'Allemagne, le Royaume-Uni et très loin devant l'Espagne et l'Italie.

Les transferts sociaux sont visiblement efficaces en France, car non seulement la pauvreté est moins répandue que dans les économies de taille comparable, mais elle est aussi moins intense. La France se situe à la 5e place sur 28 où l'intensité de la pauvreté est la plus faible et devance une fois de plus les grands pays européens.

Si la pauvreté est plus faible et moins intense, c'est que le système redistributif gomme en partie les inégalités de revenus et de patrimoines. Le rapport du total des revenus disponibles des 20% les plus riches au total correspondant au 20% les plus pauvres, place la France en 12e position sur 28. Et une fois de plus, elle fait mieux que les économies de taille comparable, les pays du Sud étant les plus inégalitaires.

Santé et logement : la France plutôt bonne élève

Autre domaine où la France ne souffre pas la comparaison de ses plus proches voisins, c'est le domaine crucial de la santé. L'espérance de vie est un juge de la qualité du système santé. Or, l'espérance de vie est en France est l'une des plus élevée au monde, notamment chez les femmes. Une Française peut espérer vivre 85,7 années, ce qui les placent au 3e rang mondial derrière les japonaises, championnes du monde, et les Espagnoles. Les Italiennes sont également bien placées. Les Allemandes et les Britanniques, elles, se situent en dessous de la moyenne européenne, mais loin devant les Américaines. Les résultats sont moins bons chez les hommes, mais, en moyenne, l'espérance de vie est en France nettement supérieure à la moyenne des pays avancés.

Les problèmes de logements sont souvent à juste titre pointés du doigt en France. Il manquerait ainsi 1 million de logements sur le territoire national pour éradiquer le mal-logement. Le taux de surpeuplement est l'un des marqueurs de ce problème. C'est un indicateur qui dépend du nombre de pièces à disposition du ménage, de la taille du ménage ainsi que de l'âge et de la situation familiale de ses membres. Les écarts sont ici très importants puisque le surpeuplement concerne 2,8% des logements irlandais, mais 47% des habitations roumaines. La France se situe au 10e rang des pays les moins touchés par ce fléau avec un taux de 7,7%. Un niveau comparable à celui des grands pays européens, excepté l'Italie où le surpeuplement est un problème majeur avec plus de 27% de l'habitat concerné.

Le coût du logement est également souvent invoqué pour expliquer un certain malaise. Ce n'est pas faux. Mais le problème ne se pose pas avec plus d'acuité ici qu'ailleurs en Europe. En 2017, 10,4% de la population de l'UE à 28 vivaient dans un ménage consacrant 40% ou plus de son revenu disponible au logement. En France cette part tombe à 4,7% ce qui la place en 5e position. Seuls des petits pays la devancent. Et, une fois de plus, les économies comparables sont loin d'être à leur avantage. Alors bien sûr dans les pays du Nord les charges de chauffage font gonfler la note. Mais la différence s'explique aussi parce que la France consacre l'un des budgets les plus important de l'Union à aider les plus démunis à s'acquitter des frais de leur logement.

Quand je me regarde je me désole quand je me compare je me console disait Talleyrand. La maxime s'applique parfaitement à la France. Mais cela n'explique pas pourquoi les Français ne le perçoivent pas. Les explications sont données dans la seconde partie du livre d'Hervé Le Bras. Je vous laisse le soin de les découvrir, loin des idées reçues sur les Gaulois réfractaires.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

 

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Commentaires
a écrit le 29/05/2019 à 14:50 :
En URSS aussi et de très loin les choses allaient correctement avant que le système ne s'effondre en 1990. Les Français n'ont pas confiance dans leur État et on peut les comprendre. En 2030 nous serons sans doute une Nation de troisième rang et on ne peut s'en contenter
a écrit le 29/05/2019 à 11:58 :
La France n’a pas partagé les «  mutations « 
Mais «  ça » c’est une volonté politique datant du PS après ceci a continué avec les «  autres »..., M .Macron c’est «  le premier » à briser cette « fatalité «  de ne pas préparer sa population au «  futur.
Tous ceux avant M.Macron ne vont pas laisser leur trace dans l’histoire du monde.
a écrit le 28/05/2019 à 16:10 :
Cet article est un pur mensonge, car en Europe 1 € n'a pas la même valeur selon le pays. et les statitiques sont fausses, Ex. aux USA tout le monde dit Trump a vaincu le chômage. Ce que les fausses statitiques ne disent pas c'est un chòmeur au bout d'un an qui n'a trouvé de travail est rayé des listes.
a écrit le 28/05/2019 à 13:18 :
Alors expliqué nous pourquoi, en terme d'indice de développement humain (IDH) établi chaque année par l'ONU, la France stagne à la 32 ème place, quelque part entre Israel et la Slovénie....En 2005, la France était à la cinquième place de ce classement...
a écrit le 28/05/2019 à 12:25 :
La France survit sur ses acquis en cours de démolition, alors qu’ailleurs ils partent de bien plus bas en espérant grignoter des avantages!
a écrit le 28/05/2019 à 11:41 :
La France survit sur ses acquis en cours de démolition, alors qu’ailleurs ils partent de bien plus bas en espérant grignoter des avantages!
a écrit le 28/05/2019 à 10:16 :
Parce que travailler n'a plus aucune sens en union européenne, les salariés étant obligés de recevoir de l'argent public afin de survivre, vous rendez vous compte sémantiquement le mal que ce phénomène engendre dans la tête des gens ?

"Même en travaillant comme des chiens on ne gagne rien donc on ne vaut rien".

Fléau financier qui a imposé la rente aliénante comme façon de gagner de l'argent idéale, à savoir sans rien foutre donc pendant que je bosse comme un dingue pour que dalle ceux qui ne foutent rien gagnent énormément du fric tout en détruisant la planète et pourtant c'est moi que le politicien et les médias de masse désignent comme essentiel coupable.

Il y a une partie de la population paramétrée à obéir à notre système aveuglement et qui en acceptant un tel mode de fonctionnement nous précipitent, en suivant les délires paranoïaques des milliardaires européens, vers notre fin.

Le bâton tout le temps ne suffit pas, or nos psychopathes de la finance ne connaissent que ça parce que le reste coute bien trop cher selon eux.
a écrit le 28/05/2019 à 10:02 :
effectivement. 4e meilleure espérance de vie à la naissance (OMS). les retraités français sont parmi ceux qui ont la meilleure santé avec Japonais/Suisse/Singapouriens (This country has the healthiest retirees in the world, MarketWatch, 14/03/2019). meilleure fécondité parmi les pays développés. taux de pauvreté plutôt limité et qui a baissé en 2017 (Eurostat). système de santé le meilleur au monde pour les morts évitables (Eurostat ; Commonwealth Fund, 09/2011). etc...
la liste est sans sans fin (investissement, compétences/R&D, entrepreneuriat, logement, classe moyenne/pauvreté/inégalités/coût de la vie, finances des ménages, logement, santé/soins, défense, environnement, etc...). :-)
sur les inégalités, noter que le Laboratoire sur les Inégalités Mondiales disait en septembre dernier que les autres politiques publiques que la redistribution - éducation notamment - jouaient un rôle important (1990 - 2018 : trois décennies d'inégalités et de redistribution en France).

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