Les trois priorités de Macron : le travail, l'investissement, la dette

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Il est possible de baisser des impôts et de relancer l'investissement en France, sans augmenter la dette. Par Dominique Villemot, Avocat, membre du Comité politique d'En Marche

Emmanuel Macron a présenté son projet économique. Il veut relancer la croissance de notre pays en agissant sur les deux facteurs de production, le travail et l'investissement, tout en maitrisant la dette publique. Favoriser le travail constitue le premier objectif du leader d'En Marche. Cela passe par un allègement des prélèvements fiscaux et sociaux pesant sur le travail en France via :

 -une augmentation du salaire net résultant de la disparition des cotisations sociales salariales maladie et chômage, compensées par une augmentation de la CSG, dont l'assiette est plus large que celle de ces cotisations,

-la transformation du CICE en réduction de cotisations sociales patronales.

 S'y ajoutent :

-une option pour une individualisation de l'impôt sur le revenu afin de favoriser le travail des femmes,

-l'exonération de taxe d'habitation de 80% des ménages, ce qui bénéficiera aux classes moyennes qui ne vivent que des revenus de leur travail,

-une augmentation de 50% du montant de la prime d'activité afin de la rendre plus incitative à reprendre un emploi.

 L'investissement fera aussi l'objet d'un soutien massif

 Moins de fiscalité sur l'investissement

Tout d'abord le poids de la fiscalité sur l'investissement privé sera diminué :

 -le taux de l'impôt sur les sociétés sera abaissé à 25% d'ici à 2022,

-les revenus du capital seront imposés à un prélèvement libératoire forfaitaire à un taux d'environ 30%, contributions sociales incluses,

-les investissements ne seront plus assujettis à l'ISF qui deviendra un impôt immobilier.

 Et puis un grand plan d'investissements publics de 50 milliards sera lancé pour soutenir la transition écologique et énergétique, la formation, la santé, l'agriculture, la numérisation et les transports collectifs.

 Toutes ces actions seront financées sans augmentation de la dette publique, Emmanuel Macron s'engageant à ce que notre déficit public ne dépasse pas les 3% du PIB pendant tout le quinquennat, tout en reportant à la fin du quinquennat l'objectif de 0,5% de déficit structurel afin que la politique budgétaire n'entrave pas la reprise de la croissance.

 Fiscalité écologique

Cela sera tout d'abord possible grâce à la fiscalité écologique qui devra contribuer à la décarbonisation de notre économie : alignement du taux de TICPE du diesel sur celui applicable à l'essence et augmentation de la contribution énergie climat.

 Cela passe aussi par un important plan d'économies budgétaires de 60 milliards dans les dépenses de fonctionnement, avec l'objectif de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires (50.000 dans l'Etat et 70.000 dans les collectivités locales). Ces économies se répartiront entre:

 -l'Etat et ses opérateurs (25 milliards), avec une nouvelle gouvernance, chaque ministre étant responsable de la réalisation des économies dans son ministère et de la modernisation de ce dernier,

-le budget social (25 milliards) avec la modernisation de l'hôpital et des services de santé, l'ONDAM étant limité à 2,3% par an, soit 15 milliards d'économies par rapport à l'évolution tendancielle naturelle,

-les collectivités locales (10 milliards) dans le cadre d'un pacte avec ces dernières.

 C'est une ambitieuse politique de soutien à l'économie et de rationalisation de la dépense publique que propose Emmanuel Macron, une politique qui prend en compte la réalité d'aujourd'hui sans pour autant verser dans l'austérité.

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Commentaires
a écrit le 27/02/2017 à 16:45 :
Meme si Macron est le moins pire, il y a quand meme un sacre nombre de problemes. Par ex comment compte il faire autant d economie sur le budget de l etat ? ou vont se faire les coupes et les economies ? Il est quand meme pas tres realiste de penser que ca va juste supprimer quelques Agnes Saal et ses ballades en taxis. il y aura forcement degradtation du service, surtout si on continue a faire du non choix (c est a dire le coup de rabot sur toutes les depenses au lieu de cibler ce qu il faut tout simplement supprimer)

Meme si ca va dans le bon sens, la taxe d habitation etant base sur des valeurs de 1970, il va pas jusqu au bout en laissant 20 % des gens la payer ... Il aurait mieux valu faire comme en Suisse et integrer un loyer fictif a l IR et supprimer taxes d habitation et fonciere. Enfin pour une fois qu un candidat ne favorise pas le parpaing et les vieux, il faut quand meme pas trop en demander ...
a écrit le 27/02/2017 à 16:02 :
C'est un programme équilibré entre économies et investissement. La piste de la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des gens est particulièrement intéressante car elle va corriger des inégalités flagrantes entre contribuable. Pour certains c'est l'impôt le plus important qu'ils paient et le plus injuste car selon l'endroit où ils habitent et le type de logement qu'ils occupent l'impôt peut varier dans des proportions importantes. Mais au fond pour faire avancer la France est-il besoin d'une purge violente. Il y a bien que dans l'esprit d'un Fillon que cela existe. Une droite dure pour les petits mais très généreuse pour les plus riches!!!!! C'est bien ce qui disqualifie son programme (au delà de ses frasques judiciaires) et fait que Macron progresse.
a écrit le 27/02/2017 à 14:25 :
la baisse des charges salariales est AMPUTEE PAR LES 1,7 d'augmentation de la CSG

de plus 1,7 ne suffira pas
la supression de la taxe d'habitation consomme deja 10 M

la nationalisation de la caisse chomage etendue à tous revient au minimum social de
HAMON
c'est bien un AVOCAT IL DIT Ce qui l'arrange ,il n'est économiste qu'au sens figuré
a écrit le 27/02/2017 à 14:00 :
"l'exonération de taxe d'habitation de 80% des ménages, ce qui bénéficiera aux classes moyennes qui ne vivent que des revenus de leur travail" Qui va payer ? Les cadres ? Comment vont se financer les collectivités locales ?

supprimer 120.000 postes de fonctionnaires (50.000 dans l'Etat et 70.000 dans les collectivités locales). ça c'est du vent : l'Etat ne peut imposer les 70000 à moins "d'affamer la bête" via les dotations
Réponse de le 28/02/2017 à 10:05 :
Macron s'engage à rembourser à l'euro près le manque à gagner des collectivités. Mais Baroin, Président des Maires de France et soutien de Fillon, est tapi pour dézinguer ce projet et mène la fronde.
a écrit le 27/02/2017 à 13:48 :
Encore Macron !?!
a écrit le 27/02/2017 à 13:32 :
Il manque l'essentiel, c'est à dire l'énergie. Il faut mettre une contribution sur l'énergie pour financer les charges sociales pour réduire le cout du travail. C'est bon pour le climat et bon pour le retour de la croissance. Cela consiste à appliquer la note n°6 du CAE et de respecter l'équité par une allocation universelle. Qui veut en débattre?
Réponse de le 27/02/2017 à 14:02 :
"la transition écologique et énergétique" du jargon de technocrate pour dire que c'est un antinucléaire soft. Un capitaliste financier versus le capitalisme industriel
a écrit le 27/02/2017 à 13:17 :
Enfin une petite révolution, bravo !
Réponse de le 27/02/2017 à 14:09 :
Les têtes de chapitre peuvent susciter une certaine adhésion mais ensuite le détail des mesures annoncées fait un peu petit braquet et sent sa filiation Hollandiste : une pincée de ceci, un zeste de cela .... et un cierge à l'église pour faire que le miracle se produise !!

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