On ne construit pas l'avenir de Paris sans l'automobile

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(Crédits : Reuters)
La décision de fermer les voies sur berges à Paris est totalement irréaliste. Par Bernard Cohen-Hadad, Président de la CGPME Paris, Président du think tank Etienne marcel

Il est des décisions de majorités politiques qui vous blessent alors que vous êtes, au contraire, en attente d'écoute, de dialogue et d'accompagnement. Le 26 septembre dernier, le Conseil de Paris a voté la piétonisation définitive de 3,3 km de la voie Georges Pompidou à effet immédiat. Dans les faits, elle était déjà inaccessible aux voitures depuis l'été avec Paris Plages puis une exposition sur la COP 22. Une partie de l'opposition municipale s'est manifestée, l'autre préférant se concentrer sur la campagne médiatique des primaires Les Républicains. Quant aux PME de Paris et d'Ile de France elles n'ont pas eu leur mot à dire.

La place de l'auto est aussi l'affaire des TPE-PME

Tout cela prêterait à laisser faire si ne nous pensions pas que les entreprises responsables ne sont pas dans la Ville pour servir de faire valoir ou d'alibi, ni pour passer à la caisse sans mot dire. Dans le cadre de leur engagement sociétal voire citoyen elles ne l'entendent pas ainsi. En effet, penser la place de l'automobile dans la ville, et dans une ville comme Paris, est l'affaire de tous y compris des TPE et PME. Personne n'a oublié les politiques publiques d'hier qui poussaient les particuliers et les entreprises à se doter de véhicules diesels. Su ces sujets, un vrai débat public doit avoir lieu. Et c'est donc avec intérêt que nous voyons la création, par la Métropole du Grand Paris, d'un « Observatoire concernant l'expérimentation de la fermeture de la voie sur berge, rive droite ». Et cela dans la mesure où non seulement les PME sont représentées mais aussi parce qu'elles auront leur mot à dire face aux élus et aux administrations. Il est sans doute temps que les vérités acquises, à une autre époque, et les que vérités contraintes d'aujourd'hui, laissent place à au dialogue.

Les entreprises votent à droite?

C'est pourquoi, justifier la fermeture des voies sur berges à « une promesse de campagne » est un peu court et manque de vue à long terme. Comme considérer que les « entreprises doivent s'en contenter parce qu'elles votent à droite ». La pollution de l'air à Paris est devenue critique personne le conteste.Ne nous contentons pas des justifications partisanes. Montrer du doigt les entreprises est indécent.Les moyens publics ont-ils été à la hauteur ? Ces dernières années AIRPARIF aurait pu bénéficier d'un coup de pouce significatif pour ce nouveau défi. La multiplication des capteurs, l'emploi de techniciens, et les études publiées a été conforme à ce qui se faisait c'est-à-dire avec rigueur mais reste de l'homéopathie.

Il en est de même pour les autres agences qui mesurent le bruit ou le volume des déplacements. En effet, la qualité de l'air, les nuisances sonores, la densité des trafics sont des données que l'on n'apprécie pas à l'estime ou au bon plaisir mais par des études en série sur une longue durée. Encore faut-il bénéficier de données antérieures, in situ, à comparer. Et du budget... Il en est de même pour le risque sanitaire (principalement les maladies respiratoires) qui touche les publics de tous âges. On pense, bien entendu, aux enfants, mais aussi aux séniors sans oublier les salariés des entreprises du bâtiment et des autres métiers qui travaillent en extérieur, sur la voie publique, au sol ou en hauteur. Nous avons besoin d'études médicales partagées et non de convictions.

Une guerre irréaliste

Déclarer, aujourd'hui, la guerre à l'automobile dans Paris est irréaliste. Tout d'abord, parce que la sphère publique et parapublique n'a pas su mettre en place des solutions nouvelles de déplacements alternatifs pour les particuliers et les professionnels. Et entrainer un surcroit de charges et de coûts sur les TPE et PME est irresponsable. Sauf erreur, rien n'a changé depuis septembre concernant le nombre de voitures de bus par lignes, pas les lignes de métro nouvelles, pas d'extension des horaires de circulations.

Les professionnels du dépannage doivent-il prendre les transports en commun, avec leur caisse à outils et leurs matériels, pour réparer en urgence une fuite d'eau, ouvrir une serrure crochetée ou débloquer une personne dans un ascenseur ? En revanche, d'ores et déjà, une réelle augmentation de la durée des trajets quotidiens et du nombre de véhicules sur les itinéraires de report est actée. Un rapport de la ville de Paris nous dit qu'ils sont « inférieurs aux prévisions »... On rêve ! Ensuite, mettre à l'index le secteur automobile, en plein Mondial de l'Auto, n'est pas fair play. En Ile de France, les professionnels de l'auto, s'adaptent aux technologies nouvelles, s'occupent de la vente, de l'entretien, du diagnostic, de la location... Ils représentent 18 600 entreprises, 71.300 salariés et 8.200 apprentis. Ces métiers passionnent les jeunes. Ils doivent être valorisés dans le cadre de leur travail sur des véhicules propres et de leur entretien dans le respect de l'environnement. L'État doit encourager les industriels à créer des véhicules utilitaires propres. Aujourd'hui, c'est un casse-tête pour un professionnel de trouver un véhicule utilitaire électrique qui accepte un bon niveau de chargement en matériels et bénéficie d'une réelle autonomie d'utilisation. Enfin, le risque sanitaire est aussi celui de la pénibilité pour les patrons et leurs salariés. Plus de temps passé au volant c'est plus de stress, plus de risque d'accident, plus de mal d'être pour aller au travail. Ne sous estimons donc pas ces contraintes qui ont un coût humain et social.

Personne ne souhaite plus de voitures à Paris ni plus de pollution. Arrêtons donc ces procès d'intention et aidons les mentalités, comme les pratiques, à évoluer avant de les contraindre. Ouvrons donc un débat serein où les PME, comme leurs salariés, ne sont pas les spectateurs de décisions qui se prennent, dans leur ville, sans eux.

Bernard COHEN-HADAD

Président de la CGPME Paris

Président du think tank Etienne marcel

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Commentaires
a écrit le 18/10/2016 à 22:07 :
Si la maire de Paris veut réduire la circulation des voitures à Paris , elle peut le faire immédiatement en interdisant tous les véhicules immatriculés avec un "75" car les parisiens ont les métros , les bus et les taxis pas chers . Car ces chers parisiens ont tout ce qu'il faut pour se déplacer "vert " ; alors que leurs voisins franciliens pour venir à Paris sont loin d'avoir le même niveau de facilité ! Au fait qui a payé leurs commodités (part de la région et part de l' Etat )?
Ensuite elle peut réouvrir les autorisations exceptionnelles pour des corps de métiers et artisans contraints au transport par véhicule
On devrait faire l' expérience sur une semaine !
a écrit le 13/10/2016 à 20:50 :
Regarder le matin sur le périphérique et sur les quais combien de véhicule utilitaire vous verrez par rapport au nombre de véhicule particulier.
C'est une fausse excuse. Je possède une societe de maintenance informatique. Mes techniciens se déplacent en Metro et en moto.
Je possède une voiture que j'utilise que pour partir en week-end ou vacances. Dans Paris, j'utilise principalement les transports en commun et le Velib. Ces modes de transport sont très complémentaires.

La voiture dans Paris c'est démodé.
Réponse de le 25/10/2016 à 20:15 :
Vos techniciens mais pas vous !
Si vous deviez faire ce que vous leur imposez et en plus avec un peut de banlieue on en reparlerait !
Pour ma part la maintenance informatique dans paris c'est fini je vous la laisse faire un client au fin fond d'asnières, un autre à voltaire et finir à Villejuif en transport c'est impossible !
Réponse de le 26/10/2016 à 14:06 :
Ah parce que les motos et scooters ne subissent pas les mêmes interdictions que les voitures selon vous.... Vous êtes un grand rêveur. La fermeture des voies sur berges concerne tous les utilisateurs de la route. Je suis motarde et depuis la rentrée il devient plus difficile de se faufiler aux heures de pointes sur certains axes. Et la maintenance en informatique ne demande pas les mêmes outils que certaines sociétés de maintenance qui sont obligées d'avoir des utilitaires. Votre commentaire reflète votre personnalité en quelque sorte, égoïste, pensant que votre situation s'applique à tous. C'est lamentable !
Réponse de le 26/10/2016 à 14:08 :
Ah parce que les motos et scooters ne subissent pas les mêmes interdictions que les voitures selon vous.... Vous êtes un grand rêveur. La fermeture des voies sur berges concerne tous les utilisateurs de la route. Je suis motarde et depuis la rentrée il devient plus difficile de se faufiler aux heures de pointes sur certains axes. Et la maintenance en informatique ne demande pas les mêmes outils que certaines sociétés de maintenance qui sont obligées d'avoir des utilitaires. Votre commentaire reflète votre personnalité en quelque sorte, égoïste, pensant que votre situation s'applique à tous. C'est lamentable !
Réponse de le 30/10/2016 à 17:10 :
Je suis effectivement un rêveur.
Je rêve d'une ville sans bruit de moteur thermique et sans gaz d'échappement.
Je sais qu'il faudra toujours des véhicule pour livrer les commerces et les ballons d'eau chaude. Mais les gens peuvent se déplacer avec des moyens doux. Ils sont déjà des millions a le faire chaque jour. Je plaint les motard qui slalom entre les voitures sur le périphériques pour gagner les précieuses minutes au péril de leur vie. Personnellement, je préfère flâner sur mon vélo en contemplent Paris ou être plongé dans une lecture d'article de presse ou de littérature, debout, dans le métro, le bus ou le RER.
a écrit le 13/10/2016 à 18:34 :
A propos de l'écoute évoquée par Bernard Cohen-Hadad, elle devrait peut-être être organisée au sein des adhérents de la GGPME parisienne, car nombre d'adhérents apparemment silencieux (tant qu'ils ne sont pas interrogés) sont favorables à cette orientation de qualité de vie.
a écrit le 13/10/2016 à 18:29 :
Faites du velo au lieu d'empoisonner vos concitoyens
a écrit le 13/10/2016 à 13:50 :
Les voitures thermiques n'ont rien a faire a Paris centre, seul les électriques seront acceptés et en location tout autour de paris !
a écrit le 13/10/2016 à 12:56 :
Cà fait pas mal d'années que l'on demande à tout le monde dont aux entreprises d'évoluer en matière d'efficacité énergétique, de transports plus efficients, de recyclage etc. On ne mesure pas beaucoup d'efforts dans certains secteurs, on constate même des régressions (je n'évoquerais pas les entreprises qui déchargent leurs déchets dans les environs de Paris en forêts etc ou qui ne recyclent pas du tout alors qu'elles reçoivent des aides). Les offres d'utilitaires électriques de grandes capacités sont certes encore modestes mais dans les capacités courantes il y a un certain choix et dans les gamme plus petites pour des plombiers il y a pas mal d'innovations dans plusieurs villes et pas seulement en France. On ne voit d'ailleurs pas bien le rapport avec la fermeture des voies sur berges pour laquelle 55% des parisiens sont favorables depuis longtemps. Les villes qui ont progressé comme Londres etc ont dû prendre des mesures plutôt radicales sinon on n'avance pas, tout est prétexte à différer et à obtenir des subsides. Donc gageons que compte tenu des offres nombreuses en matière d'utilitaires et désormais de gros utilitaires électriques etc qui arrivent les entreprises concernées avec les aides importantes dont elles bénéficient vont avancer plus rapidement. Les contribuables qui financent déjà notamment les banques depuis la dernière crise, qui financent régulièrement le secteur automobile, de même que les aides importantes aux véhicules électriques et aux bornes de recharges en plus des infrastructures de transport, aimeraient bien que les entreprises, et notamment les plombiers qui facturent le remplacement d'un chauffe-eau entier quand le remplacement d'un simple joint suffit et dont les fraudes sont monnaie courante, au lieu de se plaindre en permanence, mettent l'importante imagination qu'ils ont à souvent frauder leurs clients à enfin s'adapter et constater qu'il existe de nombreuses solutions pour çà sur le marché mondial. Bref faire comme tout le monde au lieu de râler. Les concertations pour ne rien changer ni rien faire on connaît. Paris reçoit beaucoup de touristes donc reprendre des voies sur berges sur une portion a beaucoup d'aspects économiques positifs pour d'autres entreprises aussi.
a écrit le 13/10/2016 à 12:52 :
Entièrement d'accord avec cette analyse.
Malheureusement nos élus municipaux sont trop dogmatiques pour reconnaître leurs erreurs. La défense de la santé publique est un paravent commode pour imposer une vision archaïque et dictatoriale de l'écologie

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