OPINION. « Protoxyde d'azote : un fléau sanitaire devenu bombe écologique »
Jean-François Longeot

Photo d'illustration
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Jean-François Longeot

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13 % des 18-24 ans ont déjà expérimenté l'usage récréatif du protoxyde d'azote, selon Santé publique France. Facile d'accès, cette drogue aux effets dévastateurs n'est malheureusement plus une nouveauté. Troubles neurologiques graves, addictions, risques d'asphyxie... Le constat sanitaire est sans appel. La loi tendant à prévenir les usages dangereux du protoxyde d'azote de 2021, déposée par Valérie Létard, alors sénatrice, a marqué une première avancée en ce sens en interdisant la vente aux mineurs et en sanctionnant la provocation à l'usage détourné par un mineur. Un nouveau pas a été franchi le 28 janvier 2025 avec l'adoption par l'Assemblée nationale de la proposition de loi du député Idir Boumertit, qui sera examinée au Sénat le 6 mars et qui vise à restreindre sa vente aux seuls professionnels.
Mais un autre enjeu, de taille, reste encore à traiter : l'impact environnemental de cette pollution silencieuse.
Je suis régulièrement alerté par des élus locaux qui assistent, démunis, à la prolifération des bonbonnes de protoxyde d'azote abandonnées dans l'espace public : arrêts de bus, caniveaux, parcs... Ces déchets s'amoncellent sans solution efficace de ramassage et de traitement. Plus grave encore, lorsque les bonbonnes sont jetées dans les corbeilles de rue puis envoyées dans les incinérateurs, elles deviennent de véritables bombes à retardement. Le gaz restant dans les cartouches provoque des explosions en pleine phase de traitement des déchets.
Les conséquences sont désastreuses : une seule explosion entraîne en moyenne 150 000 euros de coûts en raison de l'arrêt des installations, met en danger les agents et perturbe l'approvisionnement en énergie des réseaux de chaleur. Ce scandale environnemental et financier ne peut plus durer.
Face à cette situation intenable, le Sénat prend ses responsabilités. J'ai déposé une proposition de loi pour que les producteurs de cartouches de protoxyde d'azote assument enfin leurs responsabilités en prenant en charge les coûts de collecte et de traitement de ces déchets dangereux.
Ce texte, qui aborde également le problème des incendies causés par les batteries au lithium dans la filière déchets, sera examiné au Sénat le 6 mars prochain. Il est urgent de mettre un terme à cette impunité et de dégager des solutions concrètes pour protéger nos territoires.
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Jean-François Longeot