Orienter les jeunes vers les métiers prometteurs de l'industrie : un défi urgent à relever

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Olivier Faron‎, administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers.
Olivier Faron‎, administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers. (Crédits : DR)
Insuffisamment attractive, pourvoyeuse de métiers manuels ou difficiles, abonnée aux secteurs en crise et aux plans sociaux, l'industrie souffre encore de bien des préjugés. Il faut donc réussir à donner envie. Par Olivier Faron‎, administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

Au moment où l'exécutif s'apprête à présenter en conseil des ministres son projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », les métamorphoses actuelles de l'industrie sont une bonne illustration des opportunités offertes en termes d'emploi, à condition que notre système de formation soit en mesure de mettre en face les compétences ad hoc. Car, pour l'industrie, l'enjeu consiste à trouver les compétences qui lui font défaut aujourd'hui.

Insuffisamment attractive, pourvoyeuse de métiers manuels ou difficiles, abonnée aux secteurs en crise et aux plans sociaux, l'industrie souffre encore de bien des préjugés. Il faut donc réussir à donner envie.

C'était d'ailleurs l'un des enjeux du salon Global Industrie - grand Campus dédié à l'orientation pendant la Semaine de l'Industrie - que de contribuer à la faire mieux connaitre auprès des jeunes qui s'informent pour préparer leur insertion professionnelle.

L'industrie en pleine mue

Contrairement à des idées reçues qui ont la vie dure, l'industrie est en train de poursuivre sa mue technologique. Drones, « cobotique », tablettes connectées, impression 3D, IA sont appelés à profondément renouveler l'industrie. Usine, fabrication, organisation, travail... tout sera bientôt touché par la numérisation. L'industrie connectée de demain se familiarise déjà aujourd'hui avec l'internet industriel des objets, application industrielle des objets connectés grand public. Au CNAM, nous disposerons d'ailleurs très bientôt d'une nouvelle chaire sur la robotique et l'industrie du futur.

Comme l'a précisé Bruno Le Maire en lançant la French Fab en octobre dernier : « l'avenir de l'industrie française est dans l'industrie d'innovation haut de gamme. ». Un véritable écosystème de métiers va se déployer autour de cette révolution industrielle en cours. Et ces nouveaux métiers exigeront une montée en gamme des compétences. Il faut donc s'y préparer.

Opportunités méconnues

Les jeunes aujourd'hui sont encore trop mal informés sur les opportunités offertes par les filières de l'industrie connectée. Stéréotypes et opacité en sont les grands responsables. Derrière des termes valises comme ingénieur, informaticien ou data scientist, ils n'appréhendent pas la réalité concrète et quotidienne de métiers qui demandent désormais des connaissances de plus en plus transverses et une grande adaptabilité.

Jusqu'ici, nos jeunes ont été peu ou prou livrés à eux-mêmes. Aucun accompagnement réellement individualisé n'est prévu.

Le Gouvernement, grâce à la Ministre Frédérique Vidal, a choisi de prendre le taureau par les cornes en rendant accessible aux jeunes et aux familles une information plus éclairée lors de l'orientation, à partir de la troisième, au niveau bac ou post-bac. Prévoir en terminale deux semaines dédiées à l'orientation est un progrès. ParcourSup, en renforçant la transparence sur les débouchés, la moyenne des salaires ou les évolutions de carrières constitue va dans le bons sens.  Qui sait que l'industrie technologique, c'est 150 métiers différents, 90% d'emplois en CDI, 1,5 millions de salariés dans l'aéronautique, l'énergie, le numérique, l'automobile, ou encore le spatial ? Et à chacun de s'étonner là encore qu'un soudeur ou un chaudronnier dans l'aéronautique gagne très bien sa vie...

Filières ostracisées et défaut d'orientation

Au Cnam, nous constatons que beaucoup de nos jeunes proviennent de filières généralement dévalorisées, voire ostracisées. Comment ne pas être saisi d'émotion en saluant le parcours d'un bachelier professionnel, titulaire d'un BTS et finalement ingénieur à 25 ans ! Nous savons aussi que ces ingénieurs vont porter par exemple le flambeau de la mécatronique ou de l'ingénierie des systèmes d'assistance des véhicules. Et qu'ils seront heureux de raconter comment ils se sont saisis d'un beau projet de développement pour leur usine ou leur centre de services.

Mais on constate encore trop souvent que les professeurs sont mal informés sur les métiers du futur et les nouvelles filières tandis que les conseillers d'orientation se dispersent, accaparés par trop de missions différentes. La mobilisation des uns pour en faire des coproducteurs de l'orientation et le recentrage des autres sont des pistes à explorer pour susciter des vocations et repérer les bons profils qui manquent tant à l'industrie.

Faire changer les mentalités

Évidemment, avec la question des débouchés professionnels, l'apprentissage devient décisif, surtout dans l'industrie. Il y a clairement un problème d'image de l'apprentissage avant le bac, trop souvent dévalorisé. Post-bac, les chiffres montrent que l'apprentissage se développe de manière continue dans l'enseignement supérieur, notamment dans la mécanique, les technologies industrielles, de l'électricité et de l'électronique, mais principalement sur le niveau ingénieur alors que des besoins demeurent sur le segment « -3/+3 » avec un dialogue qui reste à construire entre le secondaire professionnel et l'enseignement supérieur.

La « Révolution copernicienne » annoncée par Muriel Pénicaud sur l'apprentissage prend dès lors tout son sens, surtout si elle contribue à faire changer les mentalités. ‎

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Commentaires
a écrit le 18/04/2018 à 16:30 :
les jeunes n'ont pas besoin de travailler, l'ultragauche leur a promis un revenu universel copieux et largement superieur a ce qu'ils peuvent pretendre, ainsi qu'un patrimoine universel de plusieurs centaines de milliers d'euros a 18 ans ( oui, pour que ceux qui n'en foutent pas une et ne savent pas ecrire creent leur start up en datascience).......... former les gens ca sert a rien, vu que ca va a l'encontre du projet de lenine qui expliquait ca tres bien dans ses ecrits!
a écrit le 18/04/2018 à 10:29 :
Une nouvelle fois, LREM veut revenir à ce que faisait la droite dans les années 60/70 ( bonjour le nouveau monde ) ou la sélection se faisait par le métier des parents en majorité ouvriers à l'époque ce qui déterminaient l'avenir de l'enfant qui avait des notes faibles ou moyennes à l'école ou au lycée .On virait par centaine des jeunes dès la 5eme que l'on envoyaient à l'âge de 13 ou 14 ans dans un CET faire un CAP de menuiserie, soudeur ou mécanique auto pour les garçons ou de la couture ou cuisine pour les filles pour en faire une main-d'oeuvre pas chère pour le patronat . Aujourd'hui c'est la génération qui est liquidé par ce même patronat dans les entreprises à 50 ans .La sélection que veut faire ce gouvernement va accentuer cette fracture sociale qui perdure depuis cette époque (La moitié (52 %) des enfants d'enseignants et de cadres sont titulaires d'un diplôme supérieur ou égal à bac+3, contre 8 % des enfants d'ouvriers non qualifiés).Par contre, ça va être plus dur de dire à un jeune éduqué
sur tablette numérique d'aller faire ensuite chaudronnier .
a écrit le 18/04/2018 à 9:24 :
"Drones, « cobotique », tablettes connectées, impression 3D, IA sont appelés à profondément renouveler l'industrie"

On nous parle de ces soit disant innovations depuis au moins dix ans, donc ça a laissé du temps aux propriétaires des outils de production de s'organiser quand même non ? Ça ressemble surtout à d'interminables fables vous savez.

ET ils en sont où du coup ? Ben oui pas facile d'investir dans la technologie quand on met son fric dans les paradis fiscaux hein.
Réponse de le 18/04/2018 à 19:15 :
Monsieur,

je me permet de m'inscrire en faux contre vos propos.
Je travaille dans l'industrie donc je peux à peux près voir de quoi on parle.
Concrétement j'ai actuellement sur mon bureau:
-Une demande de renseignement à une société pour un systéme d'entrepots robotisé. Nous avions envisagé le concept il y a un an et abandonné car la génération précédante avec un seul engin de manipulation est un cauchemar dlorsque le bras est en panne. Les nouvelles technologies semblent permttrent d'éviter ce problème (Plusieurs plus petits manipulateurs.)
-Une demande de renseignement pour des exosquelettes pour aider à changer les outillages. Nous faisons du decoletage donc une industrie très traditionnelle comme on dit.
-Une demande d'investissement pour une machine de mesure laser.
-Un projet pour un reporting en temps réel (Actualisation tous les quarts d'heures) des valeurs de production par machine. Ces chiffres serons répercutés par tablettes aux stations de travail.
Nous avons d'autres projets qui serons developpés lorsque ceci seront finit ou abandonné (Les fournisseurs oublient parfois d'évoquer les limites de leurs solutions et on le trouver lors des projets)

Alors oui ca existe, ca aide à avancer l'état de l'art, mais même si nous faisons tout cela nous resterons une usine qui tape de la piéce au quotidien avec des presses de moyens tonnage comme on le faisait dans les années 60.
Il y aura juste un tiers du personnel des années 60 pour faire le même travail.
J'espére avoir contribué à vous éclairé sur l'intégration au quotidien de toutes ces nouveautées. Ca avance, pas à pas, les fournisseurs maturent aussi de leur côté il faut juste regarder ce qui change sur dix sans s'attendre à ce que ce soit la révolution copernicienne.
Réponse de le 19/04/2018 à 9:07 :
"Concrétement j'ai actuellement sur mon bureau:"

ET vous êtes qui ? et vous faites quoi ?

Parce que ce que vous me dites là n'avance à rien du tout si on ne sait pas ce que sont ces "projets" dont vous parlez.

CE que vous racontez là n'importe qui peut le raconter...

Pour changer soyez précis svp puis alors vos grands airs subitement pour m'aborder alors que ça fait des années que vous me trollez hein, c'est mal barré pour votre crédibilité... -_-

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