Permettre aux enfants d'être les acteurs de leurs protections
Collectif (*)

Photo d'illustration
DR
Collectif (*)

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160.000 enfants sont victimes de violences sexuelles, 700.000 enfants sont victimes de harcèlement ou de cyber-harcèlement, 80 enfants meurent chaque année sous les coups de leurs entourages.
La parole s'est libérée ces dernières années, mais le constat, bien souvent, porte sur des faits anciens qu'il peut être compliqué de judiciariser. Pourtant, cette réponse de l'institution, cette action de « rendre justice » est indispensable pour la victime. Indispensable, car elle est consubstantielle de son processus de reconstruction. Pour la société, toute entière, elle est nécessaire, car c'est la preuve collective de la prise en compte d'un drame connu par trop de nos contemporains.
Pour réaliser un tel dessein, notre enjeu est d'entendre la parole de l'enfant le plus tôt possible quand un crime ou un délit a été commis contre lui. Mais pour cela, nous devons repenser l'instruction que nous délivrons aux enfants en matière d'éducation aux corps. Comment un enfant peut-il dénoncer des violences qui lui sont faites quand il ne sait pas que ce qu'on lui fait subir est interdit ?
Rappelons que depuis 2019, toutes formes de violence éducative sur les enfants est interdite. Pourtant combien voyons-nous encore de parents mettre des gifles ou des fessées aux enfants ? Et que dire des familles dysfonctionnantes qui s'adonnent à des maltraitantes ou pire des viols sur leurs enfants ?
Nous avons la conviction profonde que cette prévention passe par la connaissance de l'enfant de son corps. Mettre des mots sur les interdits. Comprendre que son corps lui appartient et que si quelqu'un d'autre le touche, ce n'est pas un acte anodin. Leur parler de consentement, de respect de la différence ; nous avons tout à gagner à faire cette appropriation, cette responsabilisation dès le plus jeune âge, dès l'école maternelle ; c'est un gage fondamental de sécurité pour l'enfant.
Aujourd'hui, l'Éducation nationale prévoit enfin la mise en œuvre effective de l'éducation à la vie affective et sexuelle avec l'écriture d'un programme, le déploiement d'un plan de formation et de nouvelles ressources pour favoriser des comportements responsables. Si l'école est le vecteur le plus puissant pour transmettre ces préceptes, nous devons entendre que certains enseignants ont besoin d'être supplé en la matière.
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Entre l'impulsion présidentielle et une action ministérielle ambitieuse, nous avons là une chance unique de contribuer à la protection de nos enfants et nous devons la saisir. Si, à l'aune de la prise de conscience de la société des maux endurés par les enfants et des risques qu'ils encourent ainsi que de l'initiative salutaire du président de la République de réformer l'école, nous pouvons faire en sorte de créer une génération attentive, avertie et respectueuse des autres et de son corps.
Nous appelons à une réforme ambitieuse de l'éducation à la vie affective et sexuelle qui démarre dès la maternelle en la transformant en éducation aux corps et aux droits des enfants.
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(*) Signataires :
Collectif (*)