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Pour que l'esthétique médicale devienne une filière d'excellence française

Waldemar Kita

Publié le 29 janvier 2020 à 09:21 - Mis à jour le 29 janvier 2020 à 10:05

Waldemar Kita.

Waldemar Kita.

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OPINION. Le marché mondial de l'esthétique médicale est en pleine croissance et ses perspectives prometteuses. La filière française dispose de nombreux atouts pour profiter de cette tendance. Par Waldemar Kita, Président-fondateur des Laboratoires Vivacy

Berceau de l'avancée scientifique et chantre de l'innovation technologique, les laboratoires d'esthétique médicale, notamment français, bénéficient d'un essor économique sans pareil. L'image de la marque France n'y est pas étrangère et contribue à faire apparaître les bribes d'une future filière d'excellence pour notre pays.

Les chiffres sont éloquents. Selon un cabinet d'études et de recherches indien, il est estimé que le marché de l'esthétique médicale connaîtra une croissance annuelle moyenne de 11.5% jusqu'en 2025, projetant ainsi sa valorisation à près de 23 milliards de dollars.

Peu cyclique

Très peu cyclique, cette industrie tire son épingle du jeu en maintenant une dynamique structurelle, soutenue et globale, dans un contexte économique pourtant anémié dans de nombreuses régions du monde. Loin devant et sans surprise, les Etats-Unis restent les plus grands consommateurs d'esthétique médicale, avec près de la moitié du marché mondial. Si l'appétit de l'Amérique du Sud, tiré par le Brésil, n'est plus à démontrer (9% de croissance annuelle), ce sont bien les pays d'Asie-Pacifique, en particulier la Chine et la Corée du Sud, qui connaissent l'accélération la plus impressionnante : avec une croissance annuelle à deux chiffres depuis plusieurs années, leur part de marché devrait atteindre 27% d'ici 2020, dépassant ainsi le Vieux Continent et ses patients pourtant aisés.

Preuve de sa santé vigoureuse, de ses perspectives de développement ambitieuses et des fondamentaux solides de ses entreprises, l'industrie de l'esthétique médicale voit apparaître progressivement les big pharma et les fonds de capital-investissement à leurs portes, prêts à injecter des montants atteignant jusqu'à 30 fois les ventes des laboratoires cibles.

Croissance de la clientèle desmillennials

Les raisons de cet essor sont multi-factorielles. Exogènes d'abord. L'augmentation des revenus disponibles combinée à l'évolution positive de la démographie mondiale, en augmentation de 1% chaque année, élargit la patientèle historique des plus de 60 ans (en hausse de 3% jusque 2025) ainsi que celle, nouvelle, des hommes, qui pour paraître plus sémillants et compétitifs sur le plan professionnel, n'hésitent plus à pousser les portes des cabinets médicaux. Les millennials sont l'autre explication. La mutation des codes générationnels et l'explosion sous-jacente des réseaux sociaux et de leurs influenceurs agissent sur l'acceptabilité sociale de l'esthétique, beaucoup plus conséquente qu'auparavant. Ils redessinent complètement les contours de ce marché : l'IMCAS, grand-messe du secteur, a d'ailleurs révélé en début d'année que les 18-34 ans sont aujourd'hui plus friands d'esthétique médicale que les 50-60 ans et dépasseront demain les 35-50 ans.

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Endogènes ensuite. Beaucoup plus légères, les techniques esthétiques ne nécessitent plus le même interventionnisme chirurgical, d'où la progression des technologies non invasives à l'instar des injections d'acide hyaluronique, désormais figures de proue du marché de l'esthétique médicale. Pour répondre aux attentes sociétales exigeantes mais non moins légitimes de notre époque, les laboratoires se sont lancés dans une course à l'innovation, multipliant les inventions, dépôts de brevets et solutions médicales performantes au plus grand bénéfice des patients. C'est précisément sur ce terrain que nos laboratoires français ont leur carte à jouer.

La France occupe la troisième place

A la croisée des deux révolutions industrielles européennes du XIXe et XXe siècles, la France a une histoire singulière avec le progrès. Terre d'innovation, c'est aussi grâce à l'efficacité de dispositifs publics tels que le Crédit Impôt Recherche (CIR) et à ses externalités évidentes sur nos dépenses de R&D (les sixièmes au monde) et la qualité de formation de nos chercheurs que notre pays a conservé sa troisième place pour la huitième année consécutive au classement des « 100 premiers innovateurs » mondiaux. Le rôle de nos territoires y est plus central que jamais. Gage de main d'œuvre hautement qualifiée et de traditions scientifiques authentiques, à l'image de la Haute-Savoie, nos régions participent pleinement au rayonnement mondial de la France. L'opérabilité des technopoles et des pôles de compétitivités régionaux présentent des atouts sur lesquels il convient de capitaliser, tant en termes d'émulation humaine que d'état d'esprit entrepreneurial.

Au-delà de cet aura technologique, l'image de la marque France en matière médicale constitue la deuxième grande force pour nos laboratoires. Dans un secteur de la médecine esthétique souvent caractérisé par sa complexité, parfois son opacité, le made in France devient incontestablement un argument d'achat à l'export : le savoir-faire français et son génie industriel, symbolisé par le souci du détail et le raffinement en toute circonstance, ne sont pas de simples gadgets marketing. C'est la garantie, pour les patients de tous les continents, d'avoir accès à des solutions médicales ingénieuses, fiables, sécurisées, respectant les normes sociales et environnementales les plus strictes certes, mais les plus pertinentes. En outre, ce savoir-faire français est une réponse au « boom » de l'esthétique chez les jeunes, qu'il faut protéger par des techniques médicales éprouvées et adaptées.

Secteur mondialisé

L'esthétique médicale est l'un des rares secteurs d'activité où la plupart des laboratoires, y compris de petite taille, sont mondialisés. Bien positionnée pour profiter des opportunités de croissance de long-terme qui sont devant elle, la filière de l'esthétique médicale gagne en maturité. Nul doute qu'elle deviendra à terme la vitrine de l'excellence française, et conjointement, un élément incontournable du soft power français à l'international.

Waldemar Kita

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