Pour une France Universelle

 |   |  640  mots
(Crédits : @Jean-Luc Petit)
La COP21 illustre ce que la France peut faire de mieux. Par Michel Derdevet, Maître de Conférences à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, Professeur au Collège d'Europe de Bruges

La conclusion positive du récent « marathon climatique » de la COP 21 illustre à merveille les ressorts et le meilleur dont est capable notre pays. L'espace d'une petite quinzaine, l'esprit volontariste et universaliste de la France, qui a été au cœur de son rayonnement international des siècles passés, a repris le pas sur le sentiment de délitement, sur les doutes existentiels et sur la tentation du « repli sur soi ».
L'accord de Paris incarne à l'évidence une diplomatie managée avec talent, ouverte aux autres et en permanence à l'écoute de situations et de positions très éclatées, permettant in fine de trouver un accord efficace et consensuel.

Une ambition climatique forte

Il symbolise aussi une ambition climatique et énergétique forte, avec comme objectif central, la neutralité carbone dans la deuxième partie du XXIème siècle, la limitation du réchauffement climatique d'ici 2100 à 1,5°, et une solidarité financière importante vers les pays en développement pour les aider à s'adapter aux conséquences concrètes du réchauffement de notre planète et à tourner définitivement la page des énergies fossiles.
Comment ne pas être sensible ainsi aux avancées, tangibles, faites lors de cette COP pour permettre à l'Afrique d'accéder (enfin !) à une énergie durable, pour tous ses citoyens ? Quand on sait qu'en cette fin 2015, les 973 millions d'habitants du continent sub-saharien consomment autant d'électricité que le seul État de New York, il n'était que temps de signifier au Monde que cette injustice doit être réparée !

 Le meilleur de notre pays dans sa dimension citoyenne

Mais cet accord de Paris reflète aussi le meilleur de notre pays dans sa dimension citoyenne ; au fil des dernières semaines et des derniers mois, par delà les partis politiques, il y a eu une formidable mobilisation de la société civile française, des collectivités locales qui portent de plus en plus la transition énergétique, des entreprises et des ONG pour ne pas faire du sujet « climatique » un sujet extérieur.
Et nos concitoyens adhèrent, car ils attendent avant tout que les mesures écologiques soient déployées à tous les échelons institutionnels, comme l'indique l'étude médiascopie « les mots du climat », rendue publique le 13 novembre dernier .

Mettre fin aux oppositions factices

Dans un contexte de crise économique et sécuritaire, nos concitoyens n'attendent pas des oppositions, factices, entre les collectivités territoriales, l'Etat, l'Europe. Ils rêvent d'une mobilisation du « tous ensemble », celle qui a guidé l'esprit du Bourget, qui sublime les « chapelles » et les affrontements stériles, pour porter vers le haut notre pays.

A l'heure où la question de l'identité nationale (qu'est-ce qu'être français ?), tout comme celle d'ailleurs des identités partisanes (qu'est-ce qu'être de « gauche » ? ou de « droite » ? ...), est au cœur de la place publique, retrouvons les voies du « cosmopolitisme ». Ce terme est aujourd'hui galvaudé par certains, oubliant que c'est avant tout une démarche intellectuelle faisant primer les principes de continuité inscrits dans la Nature (la physis) sur les lois de la Cité (le nomos).

Tous semblables devant les changements majeurs à engager

En cette fin 2015, quelle actualité que les propos d'Hippias, mis en scène par Platon dans son Protagoras, qui affirmait à ses interlocuteurs : « j'estime que vous êtes absolument tous des parents, des proches, des concitoyens selon la nature, sinon par la loi ; car, selon la nature, le semblable est parent du semblable ... ».
Au vu des enjeux climatiques mondiaux, nous sommes tous semblables devant les changements majeurs à engager, de manière solidaire. Le succès diplomatique de la COP 21 exige de nous, dans les mois et années à venir, de garder et d'enrichir cette démarche à la fois égale et fraternelle ; mais il nous encourage aussi à la pratiquer, en France, dans tous les domaines du « vivre ensemble », ceux qui fondent notre République.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 07/11/2016 à 17:12 :
C'est Jacques Villeret ?
a écrit le 20/12/2015 à 14:48 :
Le sourire de Michel Dervedet fait penser à celui de Jacques Villeret dans un film avec Thierry Lhermitte, où il est question d'un dîner.
a écrit le 18/12/2015 à 0:25 :
Imposer aux autres ce qu'ils ne veulent pas. Le faire par la ruse et la coercition. Prétendre au bien commun quand on ne sert que quelques uns. Bref, en guise de ce qu'il y a de meilleur, je ne vois là que la meilleure expression de la captation par le biais du politique de la liberté et du bien d'autrui. Si c'est votre ambition, parfait. Je ne la partage naturellement pas, mais de grâce laissez la France en dehors de ça.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :