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OpinionsTribunes

Présidentielle 2022 : fin de partie pour Parcoursup ?

Alban Mizzi

Publié le 17 janvier 2022 à 06:30

Cloture de parcoursup, 3.000 bacheliers sans proposition

Photo d'illustration

Eric Gaillard

Le Quotidien Numérique

20 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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OPINION. Parcoursup s’invite d’ores et déjà dans la campagne présidentielle. Que penser des discours tenus par les candidats sur ce sujet de l’orientation post-bac ? Par Alban Mizzi, Université de Bordeaux

Aussitôt la campagne présidentielle de 2017 terminée, le candidat victorieux Emmanuel Macron se déclare favorable à l'introduction d'une sélection sur dossier à l'université, jusqu'alors interdite par l'article 14 de la loi du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur devenu article L612-3 du code de l'éducation.

L'un des principaux arguments ayant conduit à tourner la page d'Admission Post-Bac, la plate-forme d'accès à l'enseignement supérieur destinée aux lycéens, était celui de l'injustice et de l'inefficacité de la procédure. Dans certaines filières universitaires très demandées, le tirage au sort figurait en effet parmi les recours possibles pour départager les candidats.

Toutefois, presque cinq ans après la mise en place du plan Orientation et Réussite des Étudiants en 2018, il semblerait que les critiques adressées à Parcoursup soient les mêmes que celles qui visaient Admission Post-Bac, à tel point que l'application Parcoursup s'invite d'ores et déjà dans la campagne présidentielle. En cela, l'analyse du discours autour de l'outil est de rigueur.

Une procédure critiquée

Plusieurs des candidats et candidates déclarés ont d'ores et déjà abordé le sujet de Parcoursup. Que proposent-ils ? À dire vrai, pas grand-chose. Les temps sont plutôt à la dénonciation de l'absurdité du système en place. Valérie Pécresse, qui soutenait Parcoursup à son lancement, pointe désormais le manque criant d'opacité de la procédure, ou plutôt de son « algorithme » sur lequel reposerait l'orientation des jeunes.

À lire aussi : Débat : Revoir les règles de Parcoursup pour améliorer l'orientation des lycéens

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Pour l'écologiste Yannick Jadot, le problème de Parcoursup repose également sur le fait qu'il s'agit d'une « boite noire », ou encore d'un « algorithme déshumanisé ». La socialiste Anne Hidalgo se situe sur la même ligne, promettant d'abroger Parcoursup, cet « algorithme » qui « décide de votre vie ». Le chef de file de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon oriente sa critique sur un autre aspect de la procédure, dénonçant un « brise-vocation où les jeunes n'apprennent qu'à mentir en écrivant dix lettres de motivation différentes ».

Quant au candidat communiste Fabien Roussel, il a qualifié Parcoursup de « Koh Lanta de l'orientation, mais sans totem d'immunité », une semi-boutade qui ne nous indique pas grand-chose sur le diagnostic que son équipe se campagne pose sur les problématiques de l'orientation post-bac.

Questions de justice et d'efficacité

Si l'on considère l'histoire de l'accès à l'enseignement supérieur et les retours d'expérience des candidats ces dernières années, le fond de la critique de Parcoursup peut se situer sur deux plans. Il est possible d'émettre des réserves sur le principe même de la sélection à l'université, qui est désormais explicite et généralisée, ce qui représente la vraie grande innovation du dispositif. On peut de surcroît critiquer les modalités selon lesquelles cette sélection est organisée.

Indéniablement, la procédure de Parcoursup manque de transparence, elle est longue, stressante, et s'inscrit dans une temporalité particulière où les candidats cumulent les impératifs. In fine, elle peut générer un sentiment d'injustice auprès de candidats qui, pourtant, jouent le jeu avec diligence.

Cependant, les discours politiques ne se concentrent que sur la question de l'outil et de ses paramétrages, sans entrer dans un débat sur la justice ou l'efficacité de la sélection ni sans aborder le rôle de l'université dans la société.

Une somme de décisions humaines

Si l'algorithme de Parcoursup n'est pas neutre, il n'est pas pour autant d'une complexité insaisissable : Parcoursup est avant tout l'agrégation de décisions humaines, dont le verso se fait de manière collégiale, au niveau des commissions d'examen de vœux.

Nous savons que l'absence de hiérarchisation des vœux par les lycéens allonge l'exécution de cet algorithme à un point tel que certains décident d'y couper court en acceptant une proposition qui n'entrait pas dans leurs objectifs initiaux. Il est également vrai qu'entre les programmes lourds et le manque de moyens alloués à l'éducation nationale et l'enseignement supérieur, beaucoup de lycéens et de leurs familles se sentent perdus, démunis et mal accompagnés face à cette procédure opaque.

En définitive, Parcoursup est système chronophage subi par les candidats, mais également par l'ensemble de ses acteurs principaux et intermédiaires. Or, le discours tendanciel sur Parcoursup de la plupart des candidats consiste principalement en une dénonciation de « l'algorithme » impersonnel, froid et fluctuant. En cela, cette manière de définir les rouages de Parcoursup invisibilise la somme des décisions humaines encouragées par la manière dont la procédure est construite.

À lire également

  • Orientation post-bac : trois conseils pour s’inscrire sur Parcoursup
  • Parcoursup et Cordées de la réussite : le cas de l’UPEC
  • Accès à l'enseignement supérieur : le lancement, déjà contesté, de la plateforme Parcoursup

Autrement dit, en mettant l'accent sur le problème de « l'algorithme », on oublie la question de la sélection et on survole celle des modalités. Parcoursup est certes une procédure déshumanisante, mais pas déshumanisée.

The Conversation _______

Par Alban Mizzi, Doctorant en sociologie, Université de Bordeaux.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Alban Mizzi

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