Renaud Muselier : « Et maintenant, on fait quoi ? »
Renaud Muselier

Photo d'illustration
DR
Renaud Muselier

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D'abord, précaution bien connue des militaires, on examine le champ de bataille.
Sans avoir démérité, bien au contraire, le gouvernement Barnier est tombé.
C'est le résultat d'une improbable cabale des extrêmes.
Premier enseignement : la bonne volonté ne suffit pas. Le Premier ministre a tout tenté, pour notre pays la France, avec talent et expérience : il mérite qu'on lui rende hommage.
Mais les extrémistes ne sont jamais rassasiés, c'est à cela qu'on les reconnait.
Les députés du Rassemblement national sont allés jusqu'à voter une motion de censure qui les insultait, en mêlant leurs voix aux socialistes et à François Hollande, sous les applaudissements de Jean-Luc Mélenchon.
On le voit bien : au sein de la République, les démocrates ont des adversaires, les extrémistes n'ont, eux que des ennemis. Les démocrates veulent battre leurs adversaires, les extrémistes veulent abattre leurs ennemis.
Le principe fondateur de l'extrémisme, c'est d'en exiger toujours plus. Le Premier ministre aurait pu céder davantage à Marine Le Pen, cela n'aurait rien changé. Au terme d'une liste sans fin, elle aurait manifesté de nouvelles exigences pas moins déraisonnables que les précédentes.
La France n'a plus de gouvernement, pas de budget, s'offrant à la vindicte des marchés. L'incertitude est un poison qui s'instille dans tous les pores de la société.
Les Français les plus modestes en sont les premières victimes.
Du RN et de LFI, il n'y a rien à attendre ni à espérer.
Les forces de la gauche démocratique qui ont pris part au peloton d'exécution, soumis une fois encore au chef des Insoumis, ont une lourde part de responsabilité dans le chaos présent.
Mais rien ne serait pire que de céder au ressentiment, il faut faire face.
La topographie de l'Assemblée nationale, issue de la dissolution, est rendue diablement complexe par le jeu des trois blocs !
Il n'en demeure pas moins que les forces de l'arc démocratique et républicain y sont majoritaires. C'est à elles, à elles toutes, de prendre leurs responsabilités.
Il convient dès lors d'engager un processus en vue de la constitution d'une coalition. Cela ne commence pas avec le choix d'un Premier ministre, mais par l'élaboration d'un programme limité dans le temps et dans ses ambitions. Un programme raisonnable pour parer à l'urgence, pour restaurer la confiance à l'intérieur comme à l'extérieur.
Ce programme devra être mis en œuvre par un gouvernement de sauvegarde nationale composée des forces politiques démocratiques, l'alliance des adversaires contre la conjuration des ennemis.
Et peu importe les regrets, les blessures vives. Au diable les calculs politiciens, les ego abîmés et les ambitions personnelles.
Comme disait le poète :
Renaud Muselier