Serres, philosophe de la paix

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(Crédits : DR)
CHRONIQUE DU CONTRARIAN OPTIMISTE. L'académicien, écrivain et historien des sciences, Michel Serres, est décédé le 1er juin. Son approche technophile enthousiaste détonnait dans le milieu de la philosophie et des sciences humaines. Par Robert Jules, directeur adjoint de la Rédaction.

La disparition de Michel Serres (1930-2019) a fait la une des journaux, signe de reconnaissance rare pour un philosophe dont l'audience débordait largement le cercle des spécialistes. Outre la faconde du personnage, son livre "Petite Poucette" l'avait fait découvrir à un large public. Il y célébrait à sa manière le bouleversement majeur qu'apportaient les nouvelles technologies de communication et la révolution numérique, symbolisé par le smartphone, objet intégré à nos habitudes quotidiennes, et socialement indispensable.

Cette approche technophile enthousiaste détonnait dans le milieu de la philosophie et des sciences humaines plutôt caractérisé par une réflexion critique sur l'organisation sociale et économique qui domine les hommes et les femmes. Au contraire, Serres se voulait optimiste, en se focalisant sur les côtés positifs du progrès. Maniant l'ironie, l'un de ses derniers livres, "C'était mieux avant !", montrait combien cette injonction devenue un mantra relevait d'une nostalgie d'un passé idéalisé. En ce sens, il rejoignait le linguiste canado-américain Steven Pinker qui qualifie de « progressophe » cette attitude consistant à critiquer le progrès tout en bénéficiant...

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Commentaires
a écrit le 10/06/2019 à 17:01 :
Moi aussi j'aurai pu faire philosophe, mais j'ai préféré faire lapin, on rigole autant mais on a de plus belles oreilles
a écrit le 10/06/2019 à 11:36 :
Réducteur pour un personnage de cette immensité mais merci d'en parler.
a écrit le 09/06/2019 à 12:01 :
Facile d'aimer la techno quand est pas les mains dans le cambouis à devoir la faire fonctionner concretement chaque jour qui passe, avec des technos toujours plus complexe mais aussi des outils il est vrai facilitateurs, néanmoins les concepts à maitriser s'accroissent sans cesse.

En fait la supercherie en France consiste à développer les technos au services des vieilles industrie ou des industries en place, on apple cela la société de service !
IL s'agit de rendre service et donc ne plus concurrencer les business existant alors que la vrai volonté de la jeunesse devrait être de les laminer par une organisation plus agile et un esprit conquérant, ils vous enseignent la soumission.
La jeunesse doit avoir pour ambition de ringardiser les vieux maitres devenus philosophe car n'étant pas dans l'action...
a écrit le 09/06/2019 à 8:23 :
Michel SERRE était l'un des rares à sentir devoir montrer qu'une PAIX INTÉRIEURE est strictement nécessaire pour avoir les bonnes intuitions.

Alors que la peur nous fait avoir des idées fausses et nous pousse à ne jamais faire les bons choix, cherchant à trop forcer notre vie à copier les autres...

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