Transition écologique : pour changer les comportements, gouvernants, soyez à la hauteur !

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(Crédits : Reuters)
Enjeu majeur de ce quinquennat, la transition écologique est actuellement au cœur de l'actualité. Par Florian Blanc, co-fondateur de GEEV

Changement d'habitudes alimentaires, tri sélectif, récupération, don... nous constatons chaque jour un essor des actions citoyennes allant dans le bon sens.

A l'opposé, il subsiste encore un certain nombre de comportements néfastes, et incompréhensibles au vu du degré d'urgence imposé par le réchauffement climatique en cours. Pour exemple, il suffit de faire ses courses au supermarché pour observer l'impressionnant volume d'emballages plastiques encore présent dans l'agroalimentaire aujourd'hui.

Au-delà des débats actuels sur la nécessaire justice sociale qu'incombe la transition écologique, elle ne pourra réellement avoir lieu qu'avec l'ensemble des parties prenantes et dans la cohérence de l'action politique pour que tous les acteurs, publics comme privés, citoyens comme grands groupes, agissent à leur échelle dans un sens commun.

Un changement des comportements citoyens vers une consommation responsable...

Explosion du numérique, crise économique, impératifs environnementaux... autant de facteurs qui font progressivement évoluer - de façon durable - le comportement des consommateurs. Un nouveau mode de consommation est en train d'émerger : plus respectueux de l'environnement, davantage basé sur l'usage que sur la propriété, et plus logique via une préférence pour le don, la récupération et l'occasion contrario de l'achat de produits neufs).

Cette évolution positive est guidée par une prise de conscience citoyenne, certes assez récente, mais qui n'a fait que se renforcer dernièrement. Preuve en est : l'engagement grandissant pour des initiatives telles que la Marche mondiale pour le Climat organisée le 8 décembre dernier, ou plus récemment la grande pétition lancée par des ONG incitant à agir en faveur du climat, et qui a rassemblé près de 2 millions de signatures. Ces changements vont de pair avec la naissance de nombreuses plateformes digitales ayant bien compris le besoin des consommateurs à disposer d'outils facilitant ces nouvelles pratiques, à l'instar de Vinted pour les vêtements de seconde main ou Blablacar pour le covoiturage. Des plateformes qui sont à la fois la résultante et le moteur de ces évolutions sociétales, en mettant à la disposition des consommateurs citoyens des outils simples et pratiques pour servir ces nouveaux usages plus vertueux et moins destructeurs pour l'environnement.

... qui doit être accompagné d'une évolution rapide des pratiques des entreprises ...

Pour que cette transition écologique aboutisse, c'est bien les agissements de l'ensemble des parties prenantes qui doivent évoluer, à commencer par les grandes entreprises qui sont parfois à l'origine de situations ubuesques, comme en témoigne l'actualité récente. En effet, la destruction de quantités impressionnantes de produits neufs (qui auraient donc pu être réutilisés) est malheureusement encore présente aujourd'hui, par exemple pour de grands acteurs du secteur textile. H&M produirait ainsi l'équivalent de 17 t-shirts par personne et par an, et aurait brûlé 60 tonnes de vêtements entre 2013 et 2017, à raison de douze tonnes par an. De même, l'enseigne britannique Burberry aurait détruit l'équivalent de 100 millions d'euros de vêtements et cosmétiques au cours des 5 dernières années. Sans entrer dans les motivations ayant poussé ces entreprises à avoir eu recours à de telles pratiques, force est de constater qu'il s'agit de situations parfaitement aberrantes : le vêtement a généré de la

pollution au moment de sa production et de son transport pour qu'il n'ait finalement aucun usage avant d'être jeté ou incinéré. Cela n'a aucun sens. C'est ici un exemple parmi d'autres, preuve qu'il est aujourd'hui essentiel de faire évoluer au plus vite les comportements des entreprises et grands groupes. Et si les consommateurs peuvent faire pression sur ces dernières, la somme de leurs implications individuelles ne sera cependant pas suffisante pour un changement rapide.

... et soutenu par une nécessaire accélération de l'action politique !

La transition écologique consiste en une équation complexe et la mise en place progressive du processus implique de très nombreux paramètres. Il suffit de regarder les difficultés et les implications sociales engendrées récemment par l'annonce des taxes carburants pour s'en rendre compte.

Ainsi, l'État et les pouvoirs publics - seuls à pouvoir impulser une accélération rapide de l'évolution des comportements - ont un rôle fondamental à jouer pour orienter, accompagner, contraindre et enfin punir lorsque c'est nécessaire. De premières mesures faisant progresser les pratiques des entreprises ont déjà été prises, telle que la loi anti-gaspillage qui interdit aux distributeurs, sous peine d'amende, de rendre impropres à la consommation leurs invendus encore consommables et impose aux supermarchés de plus de 400m2 de conclure une convention avec des associations pour redistribuer ces stocks.

De même, une loi prévoyant l'interdiction pour les marques de jeter ou de détruire leurs produits invendus devrait être proposée au vote en 2019. Ce sont là des premiers pas - certes non négligeables - mais pour mener à bien la transition écologique, les politiques se doivent d'être plus audacieuses, contraignantes et non incitatives, et doivent s'appliquer à l'ensemble des entreprises, aussi bien françaises qu'étrangères. Elles devront s'attaquer à tous les sujets et tous les secteurs, comme la limitation des emballages, notamment plastiques, pour ne citer qu'un exemple. Cette dernière thématique devrait d'ailleurs être prise en compte dans le projet de loi sur l'économie circulaire qui sera porté par le gouvernement au premier semestre 2019. Reste à savoir si ces mesures seront suffisamment ambitieuses pour que les situations ici décrites ne puissent plus être possibles !

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Commentaires
a écrit le 13/01/2019 à 11:12 :
IL faut penser la consommation à long terme à savoir produire moins pour produire mieux mais ça c'est contraire aux propriétaires du monde qui ont besoin qte l'on produise plus de produits que l'on jette dans la journée.

Sans changer de modèle économique on courre à notre perte et pas de bol nos vies sont gérer par les grandes puissances mondiales de l'argent.
a écrit le 11/01/2019 à 21:27 :
Le luxe aussi détruit les invendus, vous semblez l'avoir oublié.

Des tee shirts de qualité peuvent durer plusieurs années, et si ils sont jolis, encore plus. Alors que le linge dont on a accès est d'une très mauvaise qualité.
J'ai acheté 2 pyjamas vers la fin de l'été, pas soldés. Les deux pantalons ont un trou ! Ils dégorgent tellement que je suis obligée de les laver à la main, et vu le nombre de rinçage que ça implique, je ne suis même pas certaine de ne pas gaspiller d'eau.
Réponse de le 13/01/2019 à 11:11 :
Sauf qu'il y a 30 ans un tee shirt tenait trente ans pour un prix normal. Tout ces produits de consommation qui duraient duraient longtemps sont devenus des produits de luxe actuellement.

Plus un produit dure moins longtemps et plus l'actionnaire milliardaire se fait de marge dessus.

Voilà qui sont les responsables de ce massacre environnemental, une fois de plus.

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