Y aura-t-il encore des DRH dans 10 ans ?
Didier Pitelet

Photo d'illustration
Henoch Consulting
Didier Pitelet

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L'IA et tous les progrès techniques sont à prendre pour ce qu'ils sont justement, des progrès techniques qui, comme souvent, peuvent apporter le pire et le meilleur dans leur déploiement. Pour l'IA la fantasmagorie est extrême et occulte la plupart du temps les points positifs au profit de conflits à venir pouvant aller jusqu'à remettre en cause l'intégrité humaine. Bien évidemment l'IA a déjà étendu son emprise sur les relations clients, candidats via une gestion de la Data de plus en plus fine et prédictive. Les spécialistes et autres consultants se développent à vitesse grand « V ».
Et pourtant la grande révolution des vingt prochaines années n'est pas technologique, mais bien 100% humaine. Recrutement, formation, intégration, culture, ambition (...), tout va être remis en cause avec une violence inédite.
Depuis une dizaine d'années, nous en vivons les prémices avec de nouveaux comportements souvent assimilés à tort aux nouvelles générations, de nouveaux modes de vie encouragés par le télétravail sans parler d'une forme de désengagement face aux modèles historiques que l'on croyait immuables du travail.
À ces mutations vient se greffer la porosité des évolutions sociétales portées par la montée de l'individualisme et de la violence, mais aussi d'une fragmentation communautariste des sociétés un peu partout en occident. Plus que jamais le salarié pense et agit en citoyen et vice versa.
Les dirigeants dont la priorité reste de loin l'économique ne sont pas préparés, ni formés et encore moins sensibilisés à ces transformations humaines. Les clichés de l'accompagnement du changement vont se heurter à des facteurs qui rendent la fonction RH plus que jamais stratégique.
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Voilà 5 raisons pour lesquelles les DRH seront au cœur de la performance économique :
Les DRH sont aujourd'hui la seule boussole pour aider les dirigeants à se guider dans le brouillard de l'époque. Des DRH ouverts sur les mutations sociales et sociétales avec une conscience aiguë du business et non des DRH qui pensent tirer leur seule légitimité du juridico-social. Eux seuls peuvent aider les comités de direction à prendre le pouls permanent du corps social et à anticiper les changements d'organisations et de management nécessaires en échos aux mutations humaines.
Les DRH, même si la fonction reste relativement mal aimée, sont les seuls censés faire de l'Humain leur priorité professionnelle avec une vision transversale des organisations. Eux seuls peuvent soumettre les comités de direction à l'épreuve du miroir de leurs responsabilités humaines. Ils doivent en avoir l'autorité et la légitimité absolue. Pour cela, ils doivent s'ouvrir au Leadership spirituel pour cultiver l'alignement « tête, cœur, tripes » de la gouvernance, changer de logiciel technique au profit d'une plus grande authenticité. L'authenticité est le miroir de cette fonction !
Ils deviennent de fait des DG Bis, des leaders spirituels au sens de l'authenticité de l'engagement. Ils vont faire émerger de nouvelles formes d'engagement en redéfinissant le sens même de l'engagement à savoir « se mettre en gage » vis-à-vis d'une mission, d'un employeur, d'une équipe.
« La révolution du NON » qui sévit aujourd'hui va remettre en question tous les fondamentaux sociétaux et économiques. Plus la fonction RH sera influente, plus l'entreprise se développera. Les DRH d'avenir sont ceux qui demain sauront prendre les rênes de la gouvernance en créant un nouveau modèle de double performance économique et humaine. L'ensemble des taches administratives, juridico-sociales de la fonction RH seront déléguées, voir sous-traitées pour se concentrer sur l'essentiel des ressorts de la performance : l'adhésion culturelle, le leadership managérial, la capacité à accompagner des projets de vie, à créer des cultures d'entreprises porteuses de spiritualité pour faire tribu ...
Dans 10 ans, une chose est sûre, c'est que le profil du DRH actuel aura disparu au profit de vrais leaders humains. L'avenir de l'économie se joue en partie là.
Didier Pitelet