Quatre mois après la fusion effective de trois des quatre universités bordelaises, Manuel Tunon de Lara, président de cette nouvelle entité qu’est l’Université de Bordeaux a fait le point, ce mercredi après-midi. Morceaux choisis.Le premier bilan
On ne peut tirer de bilan définitif après si peu de temps. Nous pouvons toutefois dresser un bilan fonctionnel positif de la fusion. Il reste encore quelques structures électives qui doivent se mettre progressivement en place, mais cette phase sera achevée à la rentrée prochaine. La fusion a demandé des aménagements importants : système d'information commun, refonte des mails, gestion des paies de 5.000 employés... Je ne cache pas certaines difficultés, notamment liées à la mobilité de près de 400 personnes : agents techniques, ingénieurs... Il faut pour eux un temps d'appropriation de leur nouvel établissement, des nouvelles procédures...Sur le plan financier, nous sommes dans un exercice de transition avec une organisation nouvelle. Nous avons opté pour une façon très prudente de consommer la masse salariale. Notons que les comptes financiers sont équilibrés pour les trois anciens établissements (Bordeaux I, II et IV, NDLR).Une prochaine échéance aura lieu à la rentrée de septembre. La suivante sera le prochain contrat quinquennal conclu avec l'Etat, qui débutera en 2016. Rappelons aussi que nous sommes en période probatoire concernant l'opération Initiatives d'excellence (Idex) et nous serons donc évalués en 2015 et 2016.
Les défis
Je viens de parler du dossier Initiatives d'excellence mais d'autres défis se présentent à nous. Parmi eux, les mutations liées au numérique. Ou encore la place de l'Université de Bordeaux à l'international. Nous avançons : la semaine prochaine par exemple, nous accueillons le symposium annuel de l'Université de Kyoto, qui se déroulera pour la première fois en France. Il faudra également répondre à cette question : sommes-nous capables ou pas de nous positionner sur le marché de la formation continue ?
L'image de l'université
En France, l'université a un problème d'image : le grand public ne sait pas ce qu'elle est capable d'apporter. La fusion à Bordeaux doit nous permettre d'être plus visible, plus unitaire, et développer un sentiment d'appartenance qui se réveille. Il y a un gros travail à faire mais je ne suis pas pessimiste. Nos étudiants doivent devenir fiers d'être diplômés par l'Université de Bordeaux.
Bordeaux Montaigne
Je regrette profondément que l'université Bordeaux Montaigne (ex-Bordeaux III, NDLR) n'ai pas fait partie de la fusion. Je pense d'ailleurs que cette fusion se fera tôt ou tard. C'est une question qu'il faudra se reposer au moment du prochain contrat à signer avec l'Etat. En attendant, cela ne nous empêche pas de travailler ensemble.
La structuration
Nous travaillons en ce moment sur des conventions d'association avec l'Institut d'études politiques de Bordeaux et l'Institut Polytechnique. Pour Bordeaux Sciences Agro, c'est plus compliqué car elle dépend du ministère de l'Agriculture.Indépendamment de ce volet, nous avançons aussi sur le projet de Communauté d'universités et d'établissements d'Aquitaine, qui pourrait associer l'université de Pau et Bordeaux Montaigne. Nous devons proposer des statuts.
Une fusion, ça coûte moins cher ?
En règle générale, cela coûte un peu plus cher à court terme mais sur du moyen terme, on voit une petite économie de moyens. La fusion peut permettre d'optimiser nos moyens. Clairement, les universités ne peuvent pas rester les bras croisés et ne compter que sur l'Etat. Elles doivent aller chercher des moyens et pour se bouger, il vaut mieux être plus nombreux.
La multidisciplinarité dans les cursus de formation
Nous mettons en place des appels à projets sur l'innovation pédagogique qui intègreront nécessairement des dimensions multidisciplinaires. Sur certains aspects, nous pourrions avancer assez rapidement. Je pense par exemple à des modules économie / gestion qui peuvent facilement s'adosser à des formations existantes. Pour d'autres sujets, il faudra d'autres outils. J'ai notamment pour ambition de créer une vraie école de santé publique intégrant des composantes de sciences sociales, de sciences économiques...