Taxis en colère : "Ça va être le bazar à Bordeaux !"

Pauline Douillac

Pauline Douillac
La circulation s'annonce compliquée, demain, à Bordeaux. Plus de 500 taxis ont prévu de "bloquer" quelques points clés de la ville : l'aéroport et la gare de Bordeaux, le centre-ville... L'objet de la manifestation : dénoncer la concurrence déloyale menée par UberPop, service qui permet le transport payant de particuliers par des chauffeurs non professionnels. Parallèlement, plusieurs syndicats appellent à la mobilisation. A la SNCF, le trafic sera ainsi perturbé sur les liaisons TER Aquitaine : 67 % de trafic assuré (trains + bus). Le trafic TGV ne sera, lui, pas impacté.
>> Lire aussi : Aquitaine : les syndicats mobilisent contre la loi Macron
Le rassemblement des taxis est prévu à 7 heures devant le Palais de justice de Bordeaux. L'itinéraire n'est pas totalement fixé mais les taxis devraient ensuite emprunter la rue des Frères Bonie, le cours Maréchal Juin, le cours d'Albret, la rue du Docteur Charles Nancel Penard, la place Gambetta...
Ce dernier promet que la journée de demain sera un "joyeux bazar" sur les routes. Les taxis de la Gironde, au même titre que leurs homologues français, réclament un entretien avec le procureur de la République à la table du préfet du Département de la Gironde et de la Région Aquitaine.
Hier après-midi, une opération de contrôle menée par la police a eu lieu à Bordeaux pour tenter de verbaliser des chauffeurs UberPop. Une manière pour les pouvoirs publics de montrer qu'ils ne restent pas neutres dans le conflit qui oppose les taxis à la société américaine Uber.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Alors que la tension continue à grimper entre taxis et chauffeurs UberPop et les agressions s'accumulent (le dernier exemple en date étant ce jeune qui s'est fait passer à tabac, dans la nuit de samedi à dimanche à Lyon, par des chauffeurs de taxi pour avoir dit qu'il comprenait mieux pourquoi certains utilisateurs se tournaient vers Uber), Patrick Magonty a tenu à dire que "tout le monde était à l'encontre de ce qu'il s'est passé à Lyon."
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a lancé "un appel au calme" mardi soir via un communiqué :
Un peu plus tôt dans l'après-midi, il s'était exprimé à l'Assemblée nationale en martelant qu'UberPop était "en situation d'illégalité absolue" et avait tenu à rassurer les taxis en affirmant que le gouvernement allait activer les services anti-fraude pour lutter contre le service. Le ministre a ajouté que "le droit doit passer et que les règles de la concurrence doivent être respectées" et que les usagers d'UberPop "doivent avoir conscience qu'ils prennent eux-mêmes des risques."
Et l'usager dans tout ça ? Le président du comité de défense des taxis de la Gironde explique que ces derniers comprennent les clients de l'application mobile.
À lire également
Le débat n'a pas fini de durer et le mouvement pourrait traîner. "Le mouvement sera illimité tant que nous n'aurons pas de réponses de la Justice" affirme le président du comité de défense des taxis de la Gironde. Affaire à suivre donc...
Pauline Douillac