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Politique - La Tribune Bordeaux

Taxis en colère : "Ça va être le bazar à Bordeaux !"

Photo de Pauline Douillac

Pauline Douillac

Publié le 24 juin 2015 à 09:34 - Mis à jour le 24 juin 2015 à 15:04

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La grogne à l’encontre d’UberPop ne s’essouffle pas. Les chauffeurs de taxis vont mener demain jeudi des opérations escargot un peu partout en France. Bordeaux ne déroge pas à la règle : aéroport, gare et centre-ville devraient être bloqués. L’objectif : se faire entendre et obtenir une rencontre avec le procureur de la République à la table du préfet.

La circulation s'annonce compliquée, demain, à Bordeaux. Plus de 500 taxis ont prévu de "bloquer" quelques points clés de la ville : l'aéroport et la gare de Bordeaux, le centre-ville... L'objet de la manifestation : dénoncer la concurrence déloyale menée par UberPop, service qui permet le transport payant de particuliers par des chauffeurs non professionnels. Parallèlement, plusieurs syndicats appellent à la mobilisation. A la SNCF, le trafic sera ainsi perturbé sur les liaisons TER Aquitaine : 67 % de trafic assuré (trains + bus). Le trafic TGV ne sera, lui, pas impacté.

>> Lire aussi : Aquitaine : les syndicats mobilisent contre la loi Macron

Le rassemblement des taxis est prévu à 7 heures devant le Palais de justice de Bordeaux. L'itinéraire n'est pas totalement fixé mais les taxis devraient ensuite emprunter la rue des Frères Bonie, le cours Maréchal Juin, le cours d'Albret, la rue du Docteur Charles Nancel Penard, la place Gambetta...

"La justice doit nous apporter des réponses. Aujourd'hui, des contrôles sont faits sur les chauffeurs UberPop. Ils se font arrêter, sont conduits au poste de police à 1 heure par exemple. A 2 heures, ils sont dehors et une heure après, ils reprennent leur tournée. Nous demandons des mesures comme un retrait temporaire de permis de conduire par exemple" explique Patrick Magonty, président du comité de défense des taxis de la Gironde.

Objectif annoncé : s'entretenir avec "la Justice"

Ce dernier promet que la journée de demain sera un "joyeux bazar" sur les routes. Les taxis de la Gironde, au même titre que leurs homologues français, réclament un entretien avec le procureur de la République à la table du préfet du Département de la Gironde et de la Région Aquitaine.

"Le préfet (Pierre Dartout - NDLR), nous l'avons rencontré trois fois déjà et cela ne sert plus à rien. Nous n'avons plus rien à nous dire puisque nous avons été entendus et des contrôles ont été mis en place. Aujourd'hui, nous devons rencontrer la Justice" ajoute Patrick Magonty.

Hier après-midi, une opération de contrôle menée par la police a eu lieu à Bordeaux pour tenter de verbaliser des chauffeurs UberPop. Une manière pour les pouvoirs publics de montrer qu'ils ne restent pas neutres dans le conflit qui oppose les taxis à la société américaine Uber.

Pierre Dartout, préfet de la Gironde et d'Aquitaine, a demandé aux taxis de faire preuve de patience d'après France Bleu Gironde.

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"Il faut laisser à la justice le temps de faire son travail. Je dis aux chauffeurs de taxi : les contrôles pour voir si la réglementation est respectée ne sont pas finis. Nous ne voulons pas faire peur, nous voulons seulement dire que nous sommes dans un Etat de droit. Ce que font ces chauffeurs Uber est une atteinte à la bonne concurrence, il faut que dans un pays comme le nôtre, chacun s'acquitte de ses charges sociales et fiscales."

"Dans toute les professions, il y a des tordus"

Alors que la tension continue à grimper entre taxis et chauffeurs UberPop et les agressions s'accumulent (le dernier exemple en date étant ce jeune qui s'est fait passer à tabac, dans la nuit de samedi à dimanche à Lyon, par des chauffeurs de taxi pour avoir dit qu'il comprenait mieux pourquoi certains utilisateurs se tournaient vers Uber), Patrick Magonty a tenu à dire que "tout le monde était à l'encontre de ce qu'il s'est passé à Lyon."

"Cela monte en cascade et ce n'est pas ce qu'on veut. Dans toutes les professions, il y a des tordus et les deux tordus de Lyon doivent être sanctionnés."

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a lancé "un appel au calme" mardi soir via un communiqué :

"Force doit rester à la loi et rien ne justifie des actes de violence. Dans un Etat de droit, nul ne peut se faire justice soi-même."

Un peu plus tôt dans l'après-midi, il s'était exprimé à l'Assemblée nationale en martelant qu'UberPop était "en situation d'illégalité absolue" et avait tenu à rassurer les taxis en affirmant que le gouvernement allait activer les services anti-fraude pour lutter contre le service. Le ministre a ajouté que "le droit doit passer et que les règles de la concurrence doivent être respectées" et que les usagers d'UberPop "doivent avoir conscience qu'ils prennent eux-mêmes des risques."

UberPop, fléau pour l'économie française ?

Et l'usager dans tout ça ? Le président du comité de défense des taxis de la Gironde explique que ces derniers comprennent les clients de l'application mobile.

"Si j'avais le choix entre payer 5 ou 15 euros pour une course, bien sûr que je prendrais l'offre la moins chère mais il ne faut pas raisonner comme cela. Il faut penser que la plupart des chauffeurs UberPop échappent aux taxes. Oui, ils doivent s'enregistrer sous le régime de l'auto-entrepreneur pour exercer mais ils peuvent aussi décider de se faire virer les transactions sur un compte à l'étranger et ainsi s'épargner les charges. Donc oui, on peut choisir ce système mais il ne faudra pas s'étonner quand le système de sécurité sociale ne sera plus ce qu'il est, que l'éclairage public ne marchera plus..." argumente Patrick Magonty.

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Le débat n'a pas fini de durer et le mouvement pourrait traîner. "Le mouvement sera illimité tant que nous n'aurons pas de réponses de la Justice" affirme le président du comité de défense des taxis de la Gironde. Affaire à suivre donc...

Pauline Douillac

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