Bordeaux Métropole continue à investir

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Le premier budget de Bordeaux Métropole, qui a succédé l'an dernier à l'ancienne Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) avec de nouvelles attributions réglementaires à la clé, et donc un périmètre modifié, a été voté vendredi 12 février. Ce budget primitif s'établit à 1,491 Md€, en hausse de 17 % par rapport à 2015. Le changement de profil réglementaire de Bordeaux Métropole n'a pas facilité le vote des conseillers métropolitains, puisqu'il est plus difficile de faire des comparaisons. Pour jauger de l'importance du budget de la métropole, il n'est pas exagéré de préciser que ce budget métropolitain représente plus de 50 % de celui de la région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, soit 2,6 Md€. Le budget métropolitain table sur près de 800 M€ en dépenses de fonctionnement et 700 M€ en dépenses d'investissement.
La hausse budgétaire ne signifie pas pour autant que Bordeaux Métropole s'enrichit.
Cette baisse de ressources s'inscrit dans le contexte d'une fiscalité métropolitaine qualifiée "d'atone" par le vice-président. D'où un nouveau recul des recettes de fonctionnement, qui représenteront un apport de 756,4 M€ au budget 2016, après un recul de 2,2 % en 2015.
"Depuis 2012, la baisse cumulée de ces ressources est de 114 M€ ! Les dotations, qui généraient 36 % des recettes en 2011, n'en représentent plus que 20 %", a relevé le vice-président.
La zone de l'aéroport porte l'un des programmes d'investissement prioritaires de la métropole (DR)
Cette perte de substance est compensée par les attributions de compensation dont bénéficie Bordeaux Métropole au titre de la mutualisation des services avec les autres communes de la métropole.
Les dépenses de fonctionnement s'élèvent à 799,5 M€. En très nette hausse par rapport à 2015 (700,3 M€), ces dépenses sont en recul d'un peu plus de 1 M€ si l'on exclut les charges nouvelles liées à la métropolisation. Comme l'a rappelé Patrick Bobet, il existe désormais un indice national d'évolution de la dépense locale, l'Odedel, qui suit l'évolution des charges de fonctionnement.
Le tram occupe une place centrale dans le dispositif des mobilités de Bordeaux Métropole, qui associe aussi vélos, bus et catamarans (DR).
En plus des charges hors métropolisation, la masse salariale représente 226,2 M€, compte tenu des 90 M€ générés par les agents mutualisés, tandis que la contribution forfaitaire versée par Bordeaux Métropole à TBC (Trams et bus de la Communauté urbaine de Bordeaux) se monte à 211,3 M€, en hausse de + 0,6 %.
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Bordeaux Métropole devrait cette année emprunter 288 M€, tous budgets confondus. Ce qui donne à l'intercommunalité une capacité de désendettement en 3,4 années. Si Bordeaux Métropole supporte une charge plus lourde avec le budget annexe Transports, qui génère de son côté une capacité de désendettement à 6,6 années, la capitale régionale se situe encore très au-dessous du temps moyen de remboursement de leur dette par les communautés urbaines et métropoles en France, calculé à 8,9 années.
L'attractivité de la métropole est l'un des deux axes majeurs dévolus aux investissements (DR)
Le programme d'économie annoncé l'an dernier par Alain Juppé, président (LR) de Bordeaux Métropole et maire de Bordeaux, est toujours à l'ordre du jour. Néanmoins la communauté maintient un programme d'investissement jugé ambitieux, qui est centré sur deux axes : l'amélioration du cadre de vie et celle de l'attractivité du territoire. Le poste "mobilité, transports et déplacements" jauge ainsi 50 % des dépenses de Bordeaux Métropole : investissements (241,2 M€) et fonctionnement (277 M€) confondus, soit un ensemble à 518,2 M€.
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Autre gros poste : la mise en valeur du territoire, avec 224 M€ inscrits au budget 2016, dont 197,6 M€ en investissements. Dans ce cadre, Bordeaux Métropole souligne que 25 M€ sont réservés à l'opération d'intérêt métropolitain Bordeaux Aéroport. Les actions en faveur du cadre de vie dépassent les 109 M€, dont 44,6 M€ au bénéfice des grandes opérations d'aménagement comme Saint-Jean Belcier, Bastide Niel ou Brazza, 22,5 M€ en soutien de la production de logements sociaux ou encore 9 M€ en acquisitions foncières.
Jean-Philippe Déjean