Le PPP du Nouveau stade de Bordeaux malmené au Conseil d'Etat

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Bien sûr, rien n'est fait et le Conseil d'Etat ne suivra pas forcément l'avis du rapporteur public. Toujours est-il que le partenariat public-privé (PPP) pour la construction et l'exploitation du Matmut Atlantique, signé par Alain Juppé pour la mairie de Bordeaux d'un côté et les groupes Vinci et Fayat de l'autre, est menacé. Le conseiller socialiste d'opposition Matthieu Rouveyre se bat depuis des années contre ce PPP, poussant jusqu'au Conseil d'Etat après avoir perdu au tribunal administratif puis à la cour administrative d'appel. Et c'est lui qui annonce l'avis du rapporteur public.
Rappelons que le contrat de construction et d'exploitation court sur 30 ans.
Matthieu Rouveyre pointe également le fait que si SBA n'était plus en mesure d'honorer ses traites, c'est alors la Ville de Bordeaux qui serait tenue de régler ces factures auprès des établissements bancaires.
Le rapporteur public a considéré que la délibération du conseil municipal autorisant à l'époque Alain Juppé à signer le PPP était illégale. Il préconise donc l'annulation de la délibération en question. Distinguant cette délibération du PPP lui-même, il suggère au Conseil d'Etat de laisser à Alain Juppé 4 mois pour "régulariser la situation".
Matthieu Rouveyre réclame de nouvelles négociations avec Vinci et Fayat. Il se garde bien de crier victoire pour le moment, même si dans son tête trotte forcément une statistique : neuf fois sur dix, le Conseil d'Etat suit l'avis du rapporteur public. Mais il se prend au jeu des conjectures :
La mairie a livré sa position ce mercredi soir :
À lire également
Ironie de l'histoire, le recours engagé par Matthieu Rouveyre a déjà fait économiser 72 M€ à la Ville en bloquant la fixation des taux d'intérêt à l'époque, ceux-ci ayant baissé entre la signature du contrat et la livraison du stade.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Dans un sens ou dans un autre, l'ultime round judiciaire va bientôt prendre fin. Réponse dans deux ou trois semaines.
Mikaël Lozano