Frictions après la validation des LGV Sud-Ouest par le Conseil d’Etat

Simon Challemet

Simon Challemet
Les projets de lignes à grande vitesse sont sujets à controverses depuis les prémices du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO). L'avis favorable rendu par le Conseil d'Etat sur le projet de décret déclarant d'utilité publique les lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, annoncé par Alain Vidalies, secrétaire d'Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, attise les tensions. La question du financement, estimé à 8,3 milliards d'euros, fait débat.
Le décret qui doit être signé avant le 8 juin marquera le réel point de départ du projet de LGV dont les ouvertures sont prévues en 2024 pour Bordeaux-Toulouse et en 2027 pour Bordeaux-Dax. La décision du Conseil d'Etat fait suite à la réaffirmation, le 26 septembre 2015, du gouvernement de sa volonté de voir foncer les deux LGV malgré un avis négatif émis par la commission d'enquête publique. Le rapport remis le 30 mars 2015 informait "[qu']aucune catégorie, même les entreprises, n'[était] majoritairement favorable au projet".
Les enquêteurs, évoquant le gain de temps relatif de certains trajets (de seulement 6 minutes entre Bordeaux et Dax), écrivaient :
Le député et président PS du Conseil départemental des Landes, Henri Emmanuelli, se réjouit de cette "très bonne nouvelle pour le Sud Aquitaine et les Landes". Les LGV qui vont réduire le temps de voyage de 2 heures entre Toulouse et Paris, permettront, selon lui, aux "habitants au sud de Bordeaux [de ne plus] rester à l'écart des grandes voies de communication les reliant à la capitale".
Même satisfaction pour Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, qui prédit dans un communiqué, les bénéfices économiques, culturels, touristiques et sociaux pour la région et ses habitants. Il rappelle dans le même communiqué et sur Twitter que la Région ne participera pas au financement des travaux.
Pour Alain Rousset et la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), ces projets de LGV représentent aussi un enjeu environnemental.
Pour d'autres, la rénovation des lignes existantes aurait largement suffi...
Dans un communiqué daté du 26 mai, les conseillers régionaux d'Aquitaine Limousin Poitou-Charentes du groupe écologiste et citoyen EELV, Françoise Coutant et Jean-Louis Pagès, qualifient de "déni de réalité" le prochain décret déclarant "d'utilité publique" les projets de LGV. Le coût de ces projets d'infrastructure leur paraît incohérent avec le discours du gouvernement.
En rappelant "la pertinence et la qualité de l'argumentaire" des opposants au projet, ils réaffirment leur soutien auprès des associations et citoyens se battant contre le démarrage des travaux.
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"Coordination Vigilance LGV Gironde", qui milite contre la réalisation des projets de LGV dans le Sud-Ouest, avait prévu le coup : en 2011, 140 membres de cette association ont acheté en indivision deux parcelles d'une surface totale de 1.868 m2 sur le tracé de la LGV dans la commune de Landiras, en sud-Gironde. "Cette acquisition s'est réalisée dans la plus grande discrétion pour éviter que RFF (Réseau ferré de France) n'entrave la vente", précise l'association qui se veut belliqueuse et qui organise une journée de mobilisation sur leur "lopin collectif" samedi 4 juin.
Pour cette association, les LGV "n'ont jamais enlevé les camions des routes", la très grande vitesse est beaucoup trop énergivore et les grands chantiers sont nuisibles aux humains et à la nature. L'aménagement de voies existantes serait moins coûteux et conduirait à un service ferroviaire de proximité efficace.
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Les projets de LGV Toulouse-Bordeaux et Bordeaux-Dax s'inscrivent dans la continuité de la LGV Tours-Bordeaux, dont la mise en service est prévue fin juillet 2017. Cinq à 7 ans de travaux seront peut-être bientôt engagés, mais à quel prix pour l'Etat ?
Simon Challemet