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Politique - La Tribune Bordeaux

Frictions après la validation des LGV Sud-Ouest par le Conseil d’Etat

Photo de Céline Lanusse

Simon Challemet

Publié le 27 mai 2016 à 11:21 - Mis à jour le 30 mai 2016 à 14:29

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18 juillet 2026

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Les réactions des partisans et des opposants aux projets de lignes à grande vitesse Toulouse-Bordeaux et Bordeaux-Dax fusent après la validation, mercredi 25 mai par le Conseil d’Etat, du projet de décret de déclaration d'utilité publique relatif au projet.

Les projets de lignes à grande vitesse sont sujets à controverses depuis les prémices du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO). L'avis favorable rendu par le Conseil d'Etat sur le projet de décret déclarant d'utilité publique les lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, annoncé par Alain Vidalies, secrétaire d'Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, attise les tensions. La question du financement, estimé à 8,3 milliards d'euros, fait débat.

Le décret qui doit être signé avant le 8 juin marquera le réel point de départ du projet de LGV dont les ouvertures sont prévues en 2024 pour Bordeaux-Toulouse et en 2027 pour Bordeaux-Dax. La décision du Conseil d'Etat fait suite à la réaffirmation, le 26 septembre 2015, du gouvernement de sa volonté de voir foncer les deux LGV malgré un avis négatif émis par la commission d'enquête publique. Le rapport remis le 30 mars 2015 informait "[qu']aucune catégorie, même les entreprises, n'[était] majoritairement favorable au projet".

Les enquêteurs, évoquant le gain de temps relatif de certains trajets (de seulement 6 minutes entre Bordeaux et Dax), écrivaient :

"Le porteur du projet, en annonçant un investissement de 8,307 milliards d'euros compensés par des gains de temps monétarisés à 20 euros par heure n'est pas convaincant car la commission ne pense pas que l'on gagne des millions d'heures à coup de minutes de trajet."

L'engouement de certains élus régionaux

Le député et président PS du Conseil départemental des Landes, Henri Emmanuelli, se réjouit de cette "très bonne nouvelle pour le Sud Aquitaine et les Landes". Les LGV qui vont réduire le temps de voyage de 2 heures entre Toulouse et Paris, permettront, selon lui, aux "habitants au sud de Bordeaux [de ne plus] rester à l'écart des grandes voies de communication les reliant à la capitale".  

Même satisfaction pour Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, qui prédit dans un communiqué, les bénéfices économiques, culturels, touristiques et sociaux pour la région et ses habitants. Il rappelle dans le même communiqué et sur Twitter que la Région ne participera pas au financement des travaux.

Pour Alain Rousset et la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), ces projets de LGV représentent aussi un enjeu environnemental.

D'après la FNAUT, la "mutualisation des deux lignes jusqu'au triangle de Bernos-Beaulac minimise l'impact environnemental et les coûts.(...) La réduction notable des temps de parcours ferroviaires entre Bordeaux et les principales agglomérations de la région (Agen, Pau, BAB, Dax, Mont-de-Marsan, Tarbes) permettent une alternative réaliste à la voiture."

Pour d'autres, la rénovation des lignes existantes aurait largement suffi...

Un "déni de réalité" pour certains, qui en amène d'autres à la résistance

Dans un communiqué daté du 26 mai, les conseillers régionaux d'Aquitaine Limousin Poitou-Charentes du groupe écologiste et citoyen EELV, Françoise Coutant et Jean-Louis Pagès, qualifient de "déni de réalité" le prochain décret déclarant "d'utilité publique" les projets de LGV. Le coût de ces projets d'infrastructure leur paraît incohérent avec le discours du gouvernement.

"Le gouvernement n'est pas crédible de constamment marteler qu'il faut réduire drastiquement la dette tout en faisant en sorte de l'aggraver en voulant financer des projets inutiles, destructeurs et ruineux pour les finances publiques. Les élus locaux et acteurs économiques qui ont exprimé leur satisfaction n'en seront que plus déçus lorsque la réalité s'imposera."

En rappelant "la pertinence et la qualité de l'argumentaire" des opposants au projet, ils réaffirment leur soutien auprès des associations et citoyens se battant contre le démarrage des travaux.

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"Coordination Vigilance LGV Gironde", qui milite contre la réalisation des projets de LGV dans le Sud-Ouest, avait prévu le coup : en 2011, 140 membres de cette association ont acheté en indivision deux parcelles d'une surface totale de 1.868 m2 sur le tracé de la LGV dans la commune de Landiras, en sud-Gironde. "Cette acquisition s'est réalisée dans la plus grande discrétion pour éviter que RFF (Réseau ferré de France) n'entrave la vente", précise l'association qui se veut belliqueuse et qui organise une journée de mobilisation sur leur "lopin collectif" samedi 4 juin.

"Nous sommes déterminés à aller jusqu'au procès en expropriation en refusant tout accord à l'amiable ce qui entraînera une longue et complexe procédure juridique pour retrouver les 140 copropriétaires un peu partout en France... et à l'étranger."

Pour cette association, les LGV "n'ont jamais enlevé les camions des routes", la très grande vitesse est beaucoup trop énergivore et les grands chantiers sont nuisibles aux humains et à la nature. L'aménagement de voies existantes serait moins coûteux et conduirait à un service ferroviaire de proximité efficace.

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Les projets de LGV Toulouse-Bordeaux et Bordeaux-Dax s'inscrivent dans la continuité de la LGV Tours-Bordeaux, dont la mise en service est prévue fin juillet 2017. Cinq à 7 ans de travaux seront peut-être bientôt engagés, mais à quel prix pour l'Etat ?

Simon Challemet

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