Le Libournais invente le supermarché des déchets recyclés

Céline Lanusse

Céline Lanusse
Le Libournais a lancé le mois dernier son Smicval Market, déchèterie nouvelle génération qui intègre le réemploi et les codes de consommation de la grande distribution, empruntant les principes "donnez, prenez, recyclez", au cœur de l'ambition de la loi de transition énergétique pour la croissance verte (TECV).
Une première nationale selon François Michel Lambert, président de l'Institut d'économie circulaire présent lors de l'ouverture de ce Smicval Market, à Vayres, en avril, avec le député Philippe Plisson, rapporteur de la loi de transition énergétique pour la croissance verte.
Les 200.000 habitants répartis sur les 139 communes que couvre le Smicval ont désormais la possibilité de déposer en un seul et même lieu des objets ou des matériaux mais aussi d'en récupérer. Le site est conçu comme un parcours qui amène l'usager à donner, réutiliser, recycler ou prendre un objet déposé par un autre. Objectif : relever le défi Zéro Déchet Zéro Gaspillage lancé sur le territoire du Smicval du Libournais Haute-Gironde en 2014.
Le lieu qui a nécessité 2 M€ d'investissement propose bien sûr une déchèterie classique. Mais elle est en fin de parcours. Avant d'y arriver, l'utilisateur est invité à entrer dans un espace conçu avec les codes de la consommation, proposant des produits entamés qui n'ont aucune valeur marchande mais qui peuvent servir, avec des agents qui facilitent la mise en valeur de ces objets sur des alvéoles, racks, étagères.
Trois espaces sont ainsi à disposition : la Maison des objets (rayons tels que high tech, décoration, jardinage, enfance, sports loisirs...), le Préau des matériaux (réservé aux matières afin de pouvoir déposer tuyaux, planches, boulons, huisseries, carrelage, parpaings, restes de peintures et qui peuvent intéresser les bricoleurs), enfin les Zones de dépôts au sol (végétaux, gravats, bois...). Pour aller au bout du concept, chaque alvéole possède des caisses de zones de gratuité : bois de chauffe, sanitaires.... Ici les nouvelles filières auront leur place : films plastiques, plâtre, plastiques rigides.
Pour renforcer le Zéro Déchet, Zéro Gaspillage, les dépôts des déchets enfouis sont situés en fin de parcours pour illustrer le geste ultime, celui qui n'a pu être évité par du réemploi ou du recyclage. Dans le futur, des ateliers à la façon des "Repair Café" seront organisés pour une fois de plus renforcer les alternatives au déchet par comparaison à la ressource.
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Dans cette optique, la démarche est suivie de près par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et l'Institut de l'économie circulaire.
Céline Lanusse