Les sentinelles du climat veillent sur la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine

Marion Delpech

Lézard
Matthieu Berroneau

Marion Delpech

Lézard
Matthieu Berroneau
Partant du constat qu'il n'existe pas d'état de référence sur la diversité des espèces animales et végétales dans la région, Christophe Coïc, directeur de l'association Cistude Nature, explique : "Il y a eu un manque de suivi, sur le long terme, de la biodiversité dans la région. Ce qui nous amène aujourd'hui à développer le programme scientifique Les sentinelles du climat, dédié aux espèces indicatrices des effets du changement climatique sur la flore et la faune et dont la mobilité est réduite." C'est par exemple le cas de la grenouille des Pyrénées, petit amphibien classé sur liste rouge par l'observatoire aquitain de la faune sauvage et comme espèce en danger par l'Union internationale de conservation de la nature. Si la température et l'oxygénation des torrents frais pyrénéens se modifient, elle pourrait bien finir par disparaitre, alors même qu'elle n'est actuellement présente que sur une poignée de sites identifiés dans les Pyrénées.
Sur 250 sites de suivis dans la région, les chercheurs établissent des bases de données et des modèles statistiques pour envisager l'avenir de ces espèces méconnues, mais aussi avec l'ambition de sensibiliser le grand public. Les premières informations recueillies permettront ainsi de modéliser statistiquement le risque de disparition de ces espèces sur notre territoire, mais aussi de mesurer l'expansion et l'apparition de nouvelles espèces. Sur le long terme, ces données seront aussi à même d'éclairer les choix politiques et de gestion des territoires.
La Nouvelle-Aquitaine fait du réchauffement climatique un enjeu majeur, car elle est l'une des régions de France où il risque d'être le plus fort. C'est ce que révèlent les premières conclusions du groupe scientifique d'AcclimaTerra, le comité scientifique régional sur le changement climatique dont le président Hervé Le Treut, membre du GIEC, a aussi été nommé président d'honneur des Sentinelles du climat. Les chercheurs du programme travaillent déjà depuis deux ans sur cinq types de milieux naturels et sensibles ; les zones humides, les dunes atlantiques, les hêtraies de plaines, les pelouses calcicoles (pelouses sèches) et les milieux montagnards. Et pour chacun de ces milieux, des espèces ont été sélectionnées et font l'objet de suivis réguliers. Parmi elles, les bourdons montagnards, les rainettes verte et ibérique ou encore le lézard de Bonnal.
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Un programme qui fait tristement écho à la récente étude des chercheurs du CNRS et du Muséum national d'histoire sur la diminution d'un tiers des populations d'oiseaux des campagnes françaises. L'élu écologiste Nicolas Thierry, vice-président du Conseil Régional chargé de la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine s'est d'ailleurs dit "frappé par l'anesthésie totale que cela provoque chez les français", alors qu'un tiers de la population de ces oiseaux a disparu. Le programme "Les sentinelles du climat" bénéficie d'un soutien financier de l'Union européenne dans le cadre du Feder (Fonds européen de développement des régions), la Région Nouvelle-Aquitaine ainsi que les départements de la Gironde et des Pyrénées-Atlantiques.
Marion Delpech