Nouvelle-Aquitaine : Brive, un moteur urbain corrézien sous contraintes

Jean-Philippe Déjean

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J. Philippe Déjean

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Le rapport consacré par la Chambre régionale des comptes (CRC) de Nouvelle-Aquitaine à la ville de Brive-la-Gaillarde, deuxième pôle urbain et économique du Limousin et moteur de la Corrèze, dont Tulle est le chef lieu, témoigne d'une situation budgétairement tendue. La CRC rappelle que la démographie de cette ville de 46.974 habitants est en baisse. Si la capitale corrézienne, qui se trouve au ras du département de la Dordogne, est proche de l'autoroute Bordeaux-Lyon (A89) et qu'elle dispose d'un aéroport (Brive-Vallée de la Dordogne), le rapport de la CRC souligne qu'elle a perdu depuis mi-2016 son accès à une liaison TGV pour Lille.
Malgré la présence d'un campus de l'université de Limoges, "le territoire" de Brive-la-Gaillarde enregistre "un taux de chômage en 2014 de 15,5 %, soit près de 4 points de plus que la moyenne nationale. Le revenu fiscal moyen par foyer est inférieur à la moyenne nationale et la part des foyers non imposables plus importante", éclaire la CRC dans le rapport qu'elle consacre à Brive sur la période 2012-2016. Un contexte qui pèse lourd sur les élus brivistes, d'autant que l'Etat ne cesse de réduire le montant des dotations aux collectivités.
Quelques pages plus loin la CRC déroule le tableau des produits de gestion qui donne une vue plus détaillée de l'impact du redressement des comptes publics sur les moyens budgétaires de la commune de Brive-la-Gaillarde. Tandis que les ressources fiscales propres de la collectivité (dites flexibles) sont restées quasiment stables, passant de 45,4 M€ en 2012 à 48 M€ en 2016 (+4,9 %), les ressources budgétaires institutionnelles (dites rigides), qui engagent essentiellement l'Etat, se sont effondrées de plus de 27 %, reculant de 40,2 M€ en 2012 à 29,2 M€ en 2016.
Dans le détail de ces "ressources institutionnelles" dites rigides, la part des dotations et participations de l'Etat a dévissé de 37,7 % entre 2012 et 2016, chutant de 18,2 à 11,3 M€. Tandis que la ligne intitulée fiscalité reversée par l'intercommunalité et l'Etat a reculé de 18,7 %, de 21,9 M€ en 2012 à 17,8 M€ en 2016... Au total le manque à gagner en ressources institutionnelles s'élève en 2016 à 10,9 M€ pour le budget de Brive, dont le total produits de gestion atteint 77,8 M€.
De son côté le tableau des ressources fiscales montre une évolution plus favorable. Le montant des taxes foncières et d'habitation, qui représentent l'écrasante masse des ressources fiscales, passe ainsi de 34,7 M€ en 2012 à 36,5 M€ en 2016, à +5,2 %, sur un total de 40,8 M€ en hausse de +4,9 %. Les tensions budgétaires constantes tout au long de la période étudiée par le rapport de la CRC de Nouvelle-Aquitaine vont obliger la municipalité à redoubler d'attention. La municipalité qui, jusqu'en 2015, affichait des dépenses d'investissement presque deux fois supérieures aux villes comparables à Brive (même strate) a brutalement resserré les boulons
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Après des charges exceptionnelles "faisant suite à des contentieux" la capacité d'autofinancement de la ville était négative de -8,7 M€ en 2014. Dans un contexte socio-économique morose accompagné par une baisse continue des aides de l'Etat la commune a ainsi pris le taureau par les cornes, avec tous les risques que cela implique.
Car pour inquiétant qu'il soit, ce dérapage budgétaire n'est pas jugé par la CRC comme étant le résultat d'une politique aveugle.
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Sans cacher la fragilité de la situation, la cour semble estimer que le cap suivi aujourd'hui est le bon, à condition de faire des efforts pour dissiper le manque de précision qui marque la présentation les éléments budgétaires.
Un travail de fond qui montre une partie des difficultés auxquelles les élus des centres urbains en zones rurales doivent faire face.
Jean-Philippe Déjean
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