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Politique - La Tribune Bordeaux

Gilets jaunes : Alain Juppé et le préfet de la Gironde lancent un appel aux manifestants

Photo de Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean

Publié le 24 janvier 2019 à 12:48 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:02

Gilets jaunes Bordeaux 24 janvier

rue

J. Philippe Déjean

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Le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, Alain Juppé, et le préfet de la Gironde et de Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement, souhaitent pouvoir dialoguer avec les Gilets jaunes pour cadrer les manifestations du samedi et en finir avec les casseurs. Le maire et le préfet annoncent avoir rencontré des "modérateurs ou influenceurs" des Gilets jaunes pour trouver une solution. En attendant, le maire de Bordeaux réfléchit à la création d’un fonds d’aide pour les commerçants, à l’instar de...

La pression générée par la casse dans les magasins du centre-ville de Bordeaux lors des manifestations des Gilets jaunes continue à monter chez les commerçants. Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, s'est livré hier mercredi en fin de journée à une analyse sur les dix premiers épisodes de cette fronde sociale des Gilets jaunes en forme d'avertissement et d'appel au dialogue. Le maire de Bordeaux a tout d'abord commencé par souligner le recours de manifestants "à des actes de violence inouïs et inacceptables" avant de refaire le scénario d'une manifestation type.

"Il y a d'abord un défilé pacifique, qui circule librement, avec des forces de l'ordre en retrait et tout se passe bien. Et puis, à partir de 17 heures, on voit se regrouper 100, 200, 300 personnes dont le seul but est d'affronter les forces de l'ordre, avec des billes d'acier tirées par des frondes, des lancers de boules de pétanque, etc." a rembobiné le maire tout en saluant le sang froid des forces de l'ordre qui font selon lui un usage proportionné de la force.

A l'heure où la dénonciation des violences policières et des blessures parfois très graves occasionnées par l'usage des balles en caoutchouc par la police monte en flèche, le maire a admis qu'il pouvait y avoir des bavures policières tout en insistant sur les attaques extrêmement violentes dont les unités anti-émeutes font l'objet. Avant de mettre la focale sur l'impact économique des Gilets jaunes à Bordeaux et les risques encourus par l'emploi chez les commerçants.

Des milliers d'emplois menacés

"Bordeaux a subi des dégâts monstrueux, d'un montant de 1 M€, entre la réparation de l'asphalte, des rails du tramway, etc., mais aussi le paiement des heures supplémentaires pour les services chargés de tout remettre en l'état. Et puis nous risquons de perdre plusieurs milliers d'emplois en centre-ville chez les petits commerçants, sans compter la mauvaise image de Bordeaux que donnent ces scènes d'émeutes" a observé en substance le maire de Bordeaux.

Les dirigeants de cette agence immobilière estiment avoir été sauvés parce que la police a protégé la rue, pas par le contre-plaqué (Jean-Philippe Déjean).

Avant de lancer un appel au dialogue, reconnaissant que cette fronde sociale est aussi l'expression d'une souffrance réelle "qui doit être écoutée". Le maire de Bordeaux s'est alors livré à un mini bilan, rappelant que le 13 décembre dernier il a reçu une trentaine de Gilets jaunes avant d'organiser une réunion plus large au Hangar 14, puis d'ouvrir "des cahiers de doléances et d'espérances" dans les maisons de quartier de Bordeaux et d'ouvrir un site en ligne. Alain Juppé a également annoncé la tenue à Bordeaux Métropole de quatre grands débats, dans le cadre du Grand débat, à Bordeaux, Carbon-Blanc, Saint-Médard-en-Jalles et Talence.

Comment aider les commerçants

"Nous ne sommes pas des organisateurs, uniquement des facilitateurs et des transmetteurs. Il faut que nos concitoyens participent à ces débats" a souligné Alain Juppé, qui a jusqu'ici été plutôt déçu par la mobilisation des Bordelais lors des opérations participatives qu'il a déjà pu organiser bien avant le mouvement des Gilets jaunes. Et puis il en est venu à la question très sensible de l'aide aux commerçants du centre-ville de Bordeaux, dont l'activité est très sérieusement perturbée pour beaucoup d'entre eux.

En plus des dégâts occasionnés dans les magasins par la casse des vitrines, voire des portes et parfois le pillage, les commerçants accumulent les pertes de chiffre d'affaires, a déroulé l'édile, qui a rappelé que la mairie de Bordeaux facilitait le stationnement sur la place des Quinconces le dimanche, pour que les gens puissent plus facilement venir faire leurs courses à Bordeaux, tout comme la mairie avait suspendu les taxes de terrasses, quand ces dernières sont inutilisables. Alain Juppé a ensuite cité l'exemple de Toulouse, où le maire, Jean-Luc Moudenc, a mis en place un fonds de soutien pour les commerçants.

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Ce modeste atelier artisanal de retouche du centre-ville n'a pas été épargné (Jean-Philippe Déjean).

Les impossibles options d'Alain Juppé

Une initiative toulousaine qui l'intéresse et qu'il envisage de développer à Bordeaux, de concert avec la Chambre de commerce et d'industrie Bordeaux Gironde (CCIBG). "Cela ne nous permettra pas de récolter plus que quelques centaines de milliers d'euros qui pourraient toutefois servir pour des situations d'urgence" a tout de même tempéré Alain Juppé. Parce que le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole a envisagé des mesures beaucoup plus drastiques pour relancer l'activité des commerçants.

Des options qu'il a fait étudier et dont finalement aucune n'a pu être validée. C'est ainsi qu'Alain Juppé a pensé faire fermer le centre-ville.

"Mais compte-tenu de la géographie bordelaise il aurait fallu 30 unités de forces mobiles (70 policiers ou gendarmes par unité), alors que le préfet n'en dispose que de 9 pour la Nouvelle-Aquitaine et de 6 pour Bordeaux. En plus de cela tout le centre-ville n'est pas touché de la même façon et il y a des commerçants qui travaillent encore le samedi, on ne peut pas empêcher les clients d'aller les voir" a notamment déroulé l'élu.

De la défiance vis-à-vis des élus au retour de l'ISF

La dernière option pour sortir de cette série d'attaques répétitives contre les commerces du centre-ville devrait être, selon Alain Juppé, la négociation avec les Gilets jaune d'une durée pour les manifestations, voire d'un circuit et in fine du moment de la dispersion du cortège, avec les mots d'ordre qui vont bien.

"Malheureusement c'est invraisemblable parce qu'aucun Gilet jaune ne peut s'engager pour un autre Gilet jaune. Ils nous ont juste dit qu'ils feraient passer le message. Il faut protéger les cours Alsace-Lorraine, Pasteur, Victor Hugo, sans parler de la rue Sainte-Catherine. Je lance un appel à la raison" a lancé le maire, appelant les Gilets jaunes à se mobiliser contre la violence et cette tentative récemment affichée par certains d'organiser des manifestations la nuit.

Un souhait partagé par le préfet qui appelle avec Alain Juppé les Gilets jaunes à déclarer les manifestations en préfecture. Dans un communiqué commun les deux responsables annoncent même qu'ils viennent de rencontrer "des modérateurs ou influenceurs des groupes ou collectifs de gilets jaunes, pour encourager ceux qui souhaitent manifester de façon pacifique, à déclarer un itinéraire qui soit connu des forces de l'ordre".

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Via le site Internet et les cahiers de doléances et d'espérances, la mairie a jusqu'ici recueilli 400 contributions. Même si cela n'a pas de valeur statistique Alain Juppé a cité quelques-unes de ces revendications. Les cinq premières portent sur la défiance vis-à-vis des élus, la fiscalité et le social, les pensions de retraite, l'imposition des Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon) et le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Jean-Philippe Déjean

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