Violences en marge des manifestations des Gilets jaunes : des commerçants bordelais racontent

Mikaël Lozano

extérieur
Agence Appa

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"On voit la souffrance des commerçants, on voit les vitres cassées et on est venu leur dire qu'ils ne sont pas seuls." Philippe Loiseau, vice-président de la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux Gironde et Maribel Bernard, adjointe au maire de Bordeaux en charge du commerce, sont partis à la rencontre de plusieurs commerçants du cours Pasteur ce jeudi après-midi à Bordeaux.
Au même moment, juste à côté, la pharmacienne du cours Pasteur, Frédérique Bardet, répond aux questions de France Bleu Gironde et, en s'appuyant sur son vécu des dernières semaines, parle précisément de scènes "dignes d'une guerre civile".
Philippe Loiseau explique de son côté que des réflexions avec plusieurs banques, avec la Chambre de métiers, la mairie... ont lieu pour trouver des solutions, et notamment le blocage des dettes des commerçants impactés et l'étalement des réglements à l'Urssaf. Mais il précise aussi : "Il faut que nationalement, il se passe quelque chose. La solution n'est pas bordelaise." Il rappelle que la CCI Bordeaux Gironde a mis en place une ligne téléphonique d'urgence pour les dirigeants d'entreprise (05 56 79 50 00) et que ces derniers ne doivent pas hésiter à l'employer. Maribel Bernard ajoute que le conseil municipal devrait voter "l'exonération des droits de terrasse pour le mois de décembre". L'adjointe au maire et l'élu consulaire décrivent "des soldes ratés, des CDD qui ne sont pas devenus des CDI et une morosité ambiante qui n'incite pas à consommer".

Maribel Bernard, Philippe Loiseau et la directrice associée de l'agence de voyages du cours Pasteur (photo La Tribune)
Arrive alors la directrice associée de l'agence de voyages du cours Pasteur. Sa boutique ne ressemble plus à rien : surmonté par des planches de protection, un mur de parpaings monte à deux mètres de hauteur et tient lieu de vitrine. La vraie a été arrachée samedi dernier.
La commerçante raconte son dernier samedi :

Dans un courrier adressé à Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, les commerçants du cours Pasteur et de la rue Alsace Lorraine "appellent au secours". Dans cet écrit, ils disent "subir tous les samedis en fin d'après-midi et jusque tard dans la soirée, des exactions commises par des groupes de casseurs qui interviennent après la dispersion des manifestations des gilets jaunes. Ces exactions sont au fil des semaines de plus en plus nombreuses et violentes. [...] Face à cette situation, les commerçants et professionnels n'en sont plus à simplement déplorer la chute de leur chiffre d'affaires et la destruction de leur outil de travail : ils en viennent à craindre pour leur intégrité physique et celle de leurs salariés. Et ont le sentiment d'être quelque peu délaissés par les pouvoirs publics."
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Dans ce même courrier, ces chefs d'entreprise notent que le déploiement des forces de l'ordre n'est pas du ressort de la mairie mais pointent malgré tout "l'insuffisance du dispositif policier" à proximité. "Il est par ailleurs important de souligner que les exactions se produisent à la nuit tombée dans le prolongement de la manifestation. Dans ce contexte il serait judicieux de suggérer à M. Le Préfet qu'il encadre les horaires de manifestation pour que la dispersion des vrais manifestants se déroule avant 14 heures et que les forces de l'ordre puissent sécuriser les lieux, après la dispersion de la manifestation et largement avant la tombée de la nuit. Cette organisation permettrait en effet de clarifier la situation entre les manifestants exerçant un droit et les casseurs qui mettent en péril les biens et la sécurité des personnes en violation de toutes nos règles de droit démocratiques." En conclusion, ces commerçants disent "ne pas douter de l'implication totale" d'Alain Juppé. Mais ils "attendent maintenant que cette implication devienne plus visible et qu'elle se traduise par une interpellation officielle des services de l'Etat".
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La Chambre de commerce et d'industrie Bordeaux Gironde a mené le second volet de son enquête sur l'impact sur le commerce du mouvement des gilets jaunes, après un premier jet déjà publié. Cette fois, 310 commerçants ont été interrogés du 9 au 14 janvier. Voici les principaux enseignements :
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