Lac de Caussade : comment la préfète Fabienne Buccio démine ce dossier explosif
Jean-Philippe Déjean

Fabienne Buccio lors de son installation à Bordeaux.
Thibaud Moritz / Agence APPA
Jean-Philippe Déjean

Fabienne Buccio lors de son installation à Bordeaux.
Thibaud Moritz / Agence APPA
Avec l'arrivée de la nouvelle préfète de la Gironde et de Nouvelle-Aquitaine Fabienne Buccio, qui a pris ses fonctions à Bordeaux le 15 avril 2019, le dossier de la retenue d'eau de Caussade, d'une capacité de 920.000 m3, construite illégalement sur la commune de Pinel-Hauterive, près de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), a pris une autre dimension.
Tout d'abord autorisée par la préfecture le 29 juin 2018, suite à une enquête d'utilité publique, la construction de cette retenue d'eau sur le cours du Caussade a été interdite par les services de l'Etat le 15 octobre 2018, après l'avis défavorable de l'Agence française pour la biodiversité (le 17 août), le recours de l'association France Nature Environnement (le 13 septembre), puis l'annulation du projet par les ministères de l'Agriculture et de l'Ecologie (le 18 septembre).
Décisions qui ne vont pas empêcher les travaux de démarrer le 22 novembre de la même année, à l'initiative de la Chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne, présidée par Serge Bousquet-Cassagne (issu de la Coordination rurale) et du Syndicat des collectivités irrigantes de Lot-et-Garonne. Malgré l'interdiction des travaux, confirmée le 29 mars 2019 par le tribunal administratif de Bordeaux, le chantier de la retenue d'eau de Caussade s'est poursuivi. Tant et si bien que le 6 mai dernier la préfecture de Lot-et-Garonne contre-attaquait.
Elle ordonnait ainsi à la Chambre consulaire de consigner plus de 1 M€ pour couvrir le coût des travaux de remise en état du site et de démolition de la retenue d'eau, avec tout un ensemble d'astreintes financières, touchant aussi par exemple l'arrêt des derniers travaux. La préfète de Nouvelle-Aquitaine, qui a dû gérer l'épineux dossier de la "Jungle de Calais" dans une précédente affectation dans le Pas-de-Calais, n'est pas en sucre et va le démontrer. Alors que sur ce terrain explosif les mines semblent sautiller d'impatience, Fabienne Buccio va descendre dans l'arène avec précaution.
C'est ainsi que la préfète, qui prend ce dossier très au sérieux, a accepté début juin de rencontrer Serge Bousquet-Cassagne, mais aussi son vice-président, Patrick Franken, et le directeur de la Chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne, en compagnie de représentants de la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) et du Sgar (Secrétariat général pour les affaires régionales). Pour déminer le terrain, Fabienne Buccio va notamment lever la menace d'une obligation de destruction rapide du site.
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L'idée étant de revoir probablement à la baisse les ambitions initiales du projet. Comme le souligne la préfète, ces trois points ont été acceptés par la Chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne. Une structure de concertation locale réunissant agriculteurs et associations environnementalistes est en cours de constitution, afin de disposer d'un point de contact. La chambre consulaire et la Coordination rurale évoquent un armistice bienvenu et certains y voient assez logiquement un feu vert pour le barrage. Reste que le match n'est pas terminé.
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Le 10 juillet prochain le président de la Chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne et son vice-président sont ainsi convoqués à cause de ce dossier par le tribunal correctionnel d'Agen, suite aux plaintes qui ont été déposées.
Elle non plus ne semble pas vouloir voir l'Etat perdre la face dans ce bras de fer.
Jean-Philippe Déjean