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Politique - La Tribune Bordeaux

Logement, mobilités, environnement : les propositions de Vincent Feltesse, candidat à la mairie de Bordeaux

Photo de Mikaël Lozano

Mikaël Lozano

Publié le 04 septembre 2019 à 13:08 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 00:31

Vincent Feltesse s'inscrit dans une double candidature en 2020 : à la mairie de Bordeaux et à la Métropole

Vincent Feltesse s'inscrit dans une double candidature en 2020 : à la mairie de Bordeaux et à la Métropole

La Tribune / Mikaël Lozano

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Moratoire total sur les grands projets urbains, régulation forte du marché immobilier, "grand emprunt vert" pour financer des projets liés à la transition environnementale... Voici les premières propositions de Vincent Feltesse, qui s'est officiellement déclaré, ce matin, candidat aux élections municipales et métropolitaines en 2020 à Bordeaux. Aujourd'hui magistrat financier, l'ancien président de la Communauté urbaine de Bordeaux de 2007 à 2014 part au combat sans étiquette politique, après avoir bâti depuis 2015 un collectif baptisé "Bordeaux Métropole des quartiers".

Ce n'était pas vraiment un secret, c'est désormais officiel : Vincent Feltesse sera candidat aux élections municipales de Bordeaux les 15 et 22 mars 2020. Il briguera la ville mais aussi la Métropole, prenant bien soin d'inscrire le scrutin dans un périmètre qui dépasse les frontières stricto-bordelaises. Aujourd'hui magistrat financier à la Cour des comptes, conseiller municipal d'opposition et conseiller régional, il a présidé la Communauté urbaine de Bordeaux de 2007 à 2014, avant qu'elle mue en métropole, été élu député entre 2012 à 2014 avant de partir à l'Elysée en tant que conseiller de François Hollande, alors président de la République. Sans oublier la mairie de Blanquefort, dont il fut le maire de 2001 à 2012.

Au moment d'officialiser sa double candidature pour mars 2020, ce matin devant la presse, Vincent Feltesse est revenu rapidement sur ces mandats gagnés jeune, évoquant "une forme de réussite politique locale" sans éluder la claque reçue lors des municipales de Bordeaux en mars 2014. Surpris "par l'intensité de la défaite" au premier tour avec un maigre 22,58% des voix face à Alain Juppé, il dit s'être "interrogé sur moi, sur le PS, sur Bordeaux. Il y a quelque chose que je n'ai pas compris" lors de la campagne précédente, "et les électeurs n'ont pas compris pourquoi je me présentais", admet-il. Un bout de Bordeaux qui lui a alors échappé mais qu'il s'est acharné à mieux cerner depuis lors : "Cela fait deux, trois ans que je sillonne la ville, et pas que lors des gros événements."

Depuis 2014, Vincent Feltesse a quitté le Parti socialiste. Il estime que "le bilan de 25 ans d'Alain Juppé est bon" et que Bordeaux ne "doit pas s'excuser d'être une ville phare", attractive et sortie du désamour qui la marquait il y a une décennie et plus. Manière de ne pas renier le passé - il y a participé en tant que président de la CUB pendant sept ans - et des décisions qui ont été prises. Aujourd'hui, le candidat ne croit "ni les collapsologues" qui annoncent la déconvenue future de Bordeaux, "ni la folie du XXL" : "L'avenir ne peut être ni un coup de frein à main, ni le prolongement de la trajectoire actuelle. L'époque a changé. Il faut une nouvelle vision et du concret."

Métropole et cogestion citoyenne

Premier point défendu par le candidat sorti du bois ce matin, quelques jours après la présentation des pistes de Thomas Cazenave (LREM) : "Bordeaux n'a pas de sens sans la métropole. Il faut un rééquilibrage, avec notamment une dizaine de villes secondaires." Vincent Feltesse suggère notamment un retour en arrière partiel dans la concentration des compétences : "La Métropole doit redéléguer une partie de ses compétences ayant trait à la proximité". La réflexion est la même au niveau de Bordeaux : "Je ne parle pas de cogestion politique, je ne parle pas de démocratie participative, je propose que les quartiers de Bordeaux, sur le modèle des arrondissements, cogèrent véritablement avec les habitants une partie du budget de la ville."

Le chef de file du collectif "Bordeaux métropole des quartiers" dégage trois problèmes parmi d'autres : le logement, les déplacements et l'environnement.

Le logement

"Jamais on n'a autant produit de nouveaux logements à Bordeaux et pourtant, les prix n'ont pas baissé, au contraire, et le marché est resté très spéculatif. C'est folie de continuer à mettre sur le marché des milliers de m2 sans que rien ne soit fait en matière de dessertes et d'équipements", assène Vincent Feltesse. "Il faut aborder la problématique par la régulation et pas par la production." Le candidat veut "un moratoire sur les grandes opérations urbaines" tant en cours qu'à venir, et "aller plus loin dans la régulation". Ceci grâce à l'encadrement des loyers, à l'intervention de l'établissement public foncier qui a la possibilité de préempter les terrains constructibles, et à un durcissement de l'encadrement des pratiques sur Airbnb.

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Les déplacements

"Les Bordelais vont finir par s'énerver réellement", estime Vincent Feltesse au sujet de la mobilité. "On parle de téléphérique, de grand contournement, de transports en site propre jusqu'à Lacanau... C'est limite si on ne parle pas de sous-marin ! En 2014, le pont Simone Veil était calé, aujourd'hui personne ne sait quand il sera terminé. Le bus à haut niveau de service(entre la gare de Bordeaux Saint-Jean et la commune de Saint-Aubin-du-Médoc, NDLR),c'est revers juridique sur revers juridique. On agite l'hypothèse du grand contournement mais il ne se fera probablement pas. Pour la rocade, je ne vois pas pourquoi on ne fait pas une étude sur la création d'un péage urbain. Globalement, les idées sont là mais on ne peut pas continuer à tout promettre et croire que les choses vont se débloquer facilement. »

L'environnement

Regrettant que le sujet ait été, cet été, cantonné à la minéralité de Bordeaux, Vincent Feltesse plaide pour une politique environnementale musclée notamment appuyée sur un changement des comportements. Le candidat imagine "un grand emprunt d'un milliard d'euros" exclusivement réservé à financer des projets environnementaux, alors que les taux d'intérêt sont exceptionnellement bas. Parmi ses pistes, "la suppression du stationnement de surface dans Bordeaux intra-boulevards" hors autopartage et cas particuliers.

Sans étiquette

Son absence d'étiquette politique pourrait complexifier les choses : financement et animation de la campagne, mais aussi conquête de la Métropole. Comment convaincre alors que le PS, Les Républicains et La République en marche dominent les débats ?

"Je fais le choix de partir sans parti et de m'appuyer sur un collectif. J'ai l'intuition que les partis n'ont plus beaucoup de sens et ne permettent pas de faire des choix forts pour l'avenir. Il y a un besoin de nouveaux visages, de nouvelles idées. Aucun candidat déclaré à ce jour n'aura une majorité franche à la métropole."

Vincent Feltesse entrevoit une fenêtre de tir :

"Par rapport à 2014, le contexte n'a rien à voir. Une des difficultés de l'époque était que j'avais l'impression d'avoir face à moi un mur en béton armé. Je savais que ça allait faire mal, même si je ne pensais pas que ça ferait aussi mal ! (rires) Aujourd'hui, les gens sont toujours très attachés à leur ville mais il n'y en a pas un qui ne parle pas de la saturation du tramway ou du prix du m2 qui s'est envolé."

Se dirige-t-on vers une alliance avec Europe Ecologie les Verts et son chef de file actuel, voire vers une union de la gauche ? Qui peut tirer son épingle du jeu ? Pour le candidat "il n'est pas possible de projeter les résultats des scrutins nationaux sur mars 2020. Il va falloir être patient, voir comment tout se décante." Pour lui qui veut prendre des décisions fortes vis-à-vis de l'urgence climatique, un rapprochement avec les écologistes et leur chef de file actuel à Bordeaux, Pierre Hurmic, est-il envisageable ? "Pierre a des positions très dures. Moi, je suis passionné par les idées mais aussi par la manière de les mener à bien. On a des divergences sur les modes opératoires, plus que sur les grandes orientations. Mais on a encore du temps. J'attends que les uns et les autres avancent dans la présentation de leurs programmes." Les plus observateurs auront remarqués que dans sa "Lettre aux Bordelais.es", Vincent Feltesse utilise deux couleurs : le titre est en vert et le logo de son mouvement est à dominante rose... Faut-il croire à un hasard ?

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Prochain rendez-vous le 16 septembre : la forme reste mystérieuse mais le candidat sans étiquette entend profiter des 50 ans du discours de Jacques Chaban-Delmas, ancien maire de Bordeaux, autour du changement de société post-68, pour en dire un peu plus sur ce qu'il imagine et présenter quelques figures de son collectif.

Mikaël Lozano

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