À Toulouse, Darmanin rassure la filière des TP après la suppresion d'une niche fiscale

Pierrick Merlet

Gérald Darmanin s'est rendu, mercredi 2 octobre, sur le Salon Pop'Up organisé par la FRTP à Toulouse, pour rassurer la filière du BTP.
Rémi Benoit

Pierrick Merlet

Gérald Darmanin s'est rendu, mercredi 2 octobre, sur le Salon Pop'Up organisé par la FRTP à Toulouse, pour rassurer la filière du BTP.
Rémi Benoit
Au sein de la filière des travaux publics (TP), cette annonce avait eu l'effet d'une bombe et généré de l'inquiétude à tous les étages... En conclusion du Grand Débat National organisé pour répondre à la crise des Gilets jaunes, le président de la République, Emmanuel Macron, avait décidé une baisse d'impôts sur le revenu de 5 milliards d'euros pour les ménages les plus modestes. Seulement, pour financer ce geste, le gouvernement a lancé un audit sur les différentes niches fiscales afin d'en supprimer certaines par la suite.
Conséquence, la filière des TP a eu la mauvaise surprise d'apprendre que "sa" niche fiscale portant sur le GNR (gazole non routier) allait être supprimée et ce, dès la loi de Finances de 2020. Une mesure qui représente une perte sèche de 700 millions d'euros pour le secteur. "Le côté pervers de la chose est que cette niche fiscale n'est pas supprimée pour les agriculteurs", regrette un dirigeant de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP).
Dès lors, cet organisme présidé par Bruno Cavagné est monté au front et a engagé des discussions avec Bercy pour tenter de trouver une solution, comme des mesures compensatoires ou un report de la suppression. Les résultats d'un dialogue qu'est venu présenter en personne Gérald Darmanin, mercredi 2 octobre, à Toulouse. Le ministre de l'Action et des Comptes publics a profité de l'organisation par la FRTP du salon Pop'Up pour tenir son discours, devant 400 professionnels.
Pop'Up avait pour ambition de lutter contre la pénurie de main-d'œuvre qui touche les entreprises des travaux publics en Occitanie, et en France, en mettant en avant les métiers qui la composent via des ateliers, des conférences et un job-dating (Crédits : Rémi Benoit).
Dès lors, l'impact pour l'année 2020 sera "seulement" de 160 millions d'euros. De plus, la législation va être modifiée afin de permettre diverses mesures à l'avantage des entreprises du secteur. Tout d'abord, il est prévu l'intégration d'une clause générale de révision des prix pour tous les contrats en cours lorsqu'ils ne comportent pas de clause de révision (privés comme publics).
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Non négligeable également, ces professionnels vont bénéficier d'un élargissement de la liste des dépenses éligibles au Fonds de compensation pour la TVA (FCTVA), à tous les travaux d'entretien de réseaux, pour soutenir les dépenses d'entretien des collectivités locales. "Nous allons augmenter l'assiette annuelle de 270 millions d'euros dès 2020, c'est important", justifie Gérald Darmanin. Enfin, un dispositif de sur-amortissement pour l'acquisition d'engins de chantier utilisant un carburant alternatif au GNR va être déployé.

Bruno Cavagné, le président de la FNTP, se montre plutôt soulagé par ce qu'il a obtenu auprès de Bercy (Crédits : Rémi Benoit).
Alors, comment vont réagir les collectivités locales concernées ? Pour rappel, celles au budget de fonctionnement supérieur à 60 millions d'euros doivent, en moyenne, ne pas augmenter leurs dépenses de fonctionnement de +1,2% chaque année sous peine de malus, ou de bonus si cela est respecté, en raison d'un "pacte" avec l'État. Pour ce qui de Toulouse Métropole, le Premier ministre, Édouard Philippe, était venu en juin 2018 signé le contrat financier avec la collectivité qui s'est engagée à respecter un taux annuel de 1,35%. Néanmoins, à ce sujet, le ministre a également fait savoir qu'une nouvelle répartition des dépenses entre budget de fonctionnement et budget d'investissement allait être établie.
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Après plusieurs années de crise et grâce à une politique de soutien de toutes les collectivités, la filière d'Occitanie des travaux publics compte aujourd'hui 26 000 salariés, pour 2 100 entreprises et un chiffre d'affaires évalué à 3,5 milliards d'euros. Pour continuer à se développer et maintenir l'excellent rythme de croissance que projette la Banque de France pour 2019 et 2020, 25 000 postes seront à pouvoir d'ici 2025 au sein de la filière régionale. Ce qui était tout l'enjeu du salon Pop'Up, à savoir trouver la main-d'œuvre de demain.
Pierrick Merlet
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