Pourquoi Macron et Merkel se retrouvent à Toulouse le 16 octobre ?

Pierrick Merlet

Le duo de dirigeants est attendu en milieu de journée à Toulouse, à la veille d'un sommet européen avec le Brexit au programme.
Annegret Hilse

Pierrick Merlet

Le duo de dirigeants est attendu en milieu de journée à Toulouse, à la veille d'un sommet européen avec le Brexit au programme.
Annegret Hilse
Pendant 24 heures, la Ville rose va enfiler le costume de capitale de l'Europe. Le président de la République, Emmanuel Macron, et la chancelière de la République fédérale d'Allemagne, Angela Merkel, se retrouveront à Toulouse, mercredi 16 octobre. Soit la veille d'un sommet européen portant sur le Brexit, à Bruxelles les 17 et 18 octobre, à l'issue duquel il sera décidé s'il a lieu le 31 octobre ou non.
Par conséquent, ce sommet franco-allemand aura une tournure à la fois symbolique, mais aussi politique. Ainsi, les deux chefs d'État ont prévu de se rendre dans les ateliers de l'avionneur européen Airbus, en milieu de journée. Un déplacement très significatif à l'occasion des 50 ans de l'entreprise fêtés durant cette année 2019.
En effet, le groupe émane à son origine d'un consortium industriel franco-allemand, qui par la suite a pris une dimension européenne. Pour preuve, la direction à la tête de ce mastodonte est tournante entre les deux pays. L'Allemand Tom Enders, qui a quitté son poste en avril dernier, a été remplacé par le Français Guillaume Faury.
Cette visite sera suivie d'une séquence d'échanges avec des salariés d'Airbus et d'un déjeuner avec des lycéens et des apprentis ayant bénéficié de l'action Avion Campus des métiers. Un dispositif devant répondre aux besoins en main d'œuvre des entreprises de la filière en agissant au niveau de l'enseignement.
Après le déjeuner, le duo est attendu à la préfecture de région, dans le centre-ville de Toulouse, en milieu d'après-midi. Angela Merkel et Emmanuel Macron y sont attendus pour présider le 21ème Conseil des ministres franco-allemand, à la suite d'une entrevue en tête à tête. Créé en 2003, cet organe bilatéral, qui se réunit une à deux fois par an, sera ainsi accueilli pour la première fois à Toulouse.
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Ratifié par les deux pays à l'occasion du 56ème anniversaire du traité de l'Élysée, le 22 janvier 2019, celui-ci est en réalité un nouveau traité "de coopération et d'intégration franco-allemandes" comme le résume l'Élysée. Plus simplement, il s'agit d'une feuille de route tournée autour de 15 projets communs. Parmi eux, sont évoqués la création de quatre instituts culturels franco-allemands, la création d'une plateforme numérique franco-allemande pour la production de contenus audiovisuels et d'informations, la mise en place d'un fonds citoyen commun, le renforcement des liaisons ferroviaires entre les deux pays, ou encore une meilleure coopération dans les domaines du spatial et de l'innovation. Aussi, la question du Brexit sera certainement abordée durant ces échanges, alors que les discussions ont repris de manière intense entre le négociateur de l'Union Européenne, Michel Barnier et le Premier ministre britannique, Boris Johnson.
D'ailleurs, après une conférence de presse conjointe avec Angela Merkel, le président de la République française et cette dernière accueilleront sur place, en fin de journée, la présidente élue de la Commission européenne, l'Allemande Ursula Von Der Leyen. Ensemble, "ils participeront à un dîner avec l'European Roundtable of Industrialists qui regroupe les dirigeants des grandes entreprises industrielles européennes", ajoute-t-on à l'Élysée.
Créée en 1983, ce groupement d'une cinquantaine des plus grandes entreprises installées dans l'Union européenne a pour mission de stimuler la compétitivité mondiale des entreprises européennes. De ce fait, nul doute que les futures sanctions américaines à l'égard de ces entreprises à partir du vendredi 18 octobre seront mises sur la table.
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dont le vin français, le fromage italien ou le whisky écossais. Par ailleurs, l'OMC se penche également sur le cas de probables subventions interdites du gouvernement américain en faveur de "son" champion, l'avionneur Boeing. La réaction européenne ne devrait donc pas tarder et le rassemblement à Toulouse pourrait permettre d'établir une stratégie dans ce dossier.Pierrick Merlet
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