Guillaume Faury succède à Tom Enders à la tête d'Airbus

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La chance a beaucoup, beaucoup souri à Guillaume Faury, qui prend le manche d'Airbus
La chance a beaucoup, beaucoup souri à Guillaume Faury, qui prend le manche d'Airbus (Crédits : Airbus)
Grâce à un concours de circonstances incroyable, Guillaume Faury a été désigné par le conseil d'administration d'Airbus pour succéder à Tom Enders. Il pourrait cumuler les postes de président d'Airbus et d'Airbus Commercial Aircraft.

La chance a beaucoup, beaucoup souri à Guillaume Faury. Car il va bien succéder à Tom Enders en avril 2019. Et pourtant. En 2015, le futur pilote d'Airbus n'était qu'au quatrième rang pour devenir calife à la place du calife. Devant lui, et dans l'ordre de succession, Marwan Lahoud, Fabrice Brégier et l'actuel directeur financier d'Airbus, Harald Wilhelm. Les membres de ce trio étaient à l'époque puissants, avaient des appuis dans le monde politique et industriel et apparaissaient légitimes. Arrivé le 1er avril 2013 à la tête d'Airbus Helicopters par la volonté de Tom Enders, Guillaume Faury est alors très loin de s'imaginer qu'il pourrait un jour prendre le manche du groupe Airbus. En 2015, il n'a pas encore la légitimité, ni les appuis pour, ne serait-ce, rêver de s'installer dans le fauteuil de président du constructeur européen.

Mais en la faveur d'un jeu de circonstances et d'un contexte particulier au sein du géant européen, le PDG d'Airbus Helicopters va se retrouver au centre du jeu de la succession du patron d'Airbus. Ainsi, Marwan Lahoud, qui a appris fin 2016 par Tom Enders qu'il s'est fait finalement doubler par Fabrice Brégier dans l'ordre de succession, est le premier à jeter l'éponge début 2017. Ensuite, Fabrice Brégier ne survit pas fin 2017 à la guerre des chefs. Enfin, tout comme Tom Enders, le fidèle des fidèles du major Tom, Harald Wilhelm s'en ira au printemps 2019 avec tous les secrets du constructeur européen.

Et l'inimaginable arriva

A l'automne 2017, Guillaume Faury galère encore à la tête d'Airbus Helicopters avec des problèmes de support notamment pour les hélicoptères des armées. Il est alors très loin des dossiers géostratégiques d'Airbus. C'est fin 2017 qu'il peut commencer vraiment à y croire. Car l'inimaginable est arrivé. Ainsi, il succède à Fabrice Brégier à la tête d'Airbus Commercial Aircraft avec un périmètre certes plus limité. Mais qu'importe la fusée Faury est désormais sur le pas de tir. De quatrième sur la liste de succession en 2015, il se retrouve propulsé en pole-position pour succéder à Tom Enders. Encore fallait-il qu'il fasse le job pour se rendre incontournable et qu'il tue tous les candidats internes et à l'extérieur. Des noms ont circulé, comme celui - le plus insistant - de Patrice Caine. Mais le PDG de Thales n'a jamais confirmé.

En interne, Guillaume Faury joue autant les gros bras que l'arme de la séduction. Il a finalement la peau du tout nouveau directeur commercial d'Airbus Eric Schulz, qui pouvait apparaître comme un concurrent. L'ancien directeur de la branche aviation civile du motoriste Rolls Royce se voyait déjà en haut de l'affiche. Mais, Guillaume Faury lui coupe les ailes, Eric Schulz démissionne aussi sec. Pour sa part, l'espoir allemand Dirk Hoke a semble-t-il décidé d'attendre patiemment et intelligemment son tour en dépit de quelques velléités. Va-t-il monter en grade dans l'ombre de Guillaume Faury ? Pas sûr car Guillaume Faury pourrait cumuler les postes de président d'Airbus et d'Airbus Aircraft Commercial. Parallèlement, le nouveau patron d'Airbus Commercial Aircraft a mené depuis le début de l'année une campagne de séduction auprès des membres du conseil d'administration. Avec succès. Car finalement le conseil le choisit.

Le plus dur commence

Après le temps des félicitions (Florence Parly et Alexis Kohler en fin de semaine dernière) et en dépit de sa trajectoire incroyable, le plus dur va commencer pour Guillaume Faury, qui était radieux fin septembre lors de son séjour en Chine. Car le plus dur est de durer au sein d'Airbus. Il va devoir confirmer tous les espoirs que le conseil d'administration a mis sur lui pour succéder à Tom Enders. Et surtout enfiler un costume hors norme, celui de patron d'Airbus. Pas évident d'emblée. Major Tom avait réussi à séduire tout son monde en prenant trois décisions radicales dès son arrivée à la tête d'EADS.

A la tête d'Airbus Helicopters, Guillaume Faury a réussi à redresser en partie le constructeur dans un contexte commercial difficile. Pour autant, il n'a pas toujours laissé une empreinte indélébile au sein de la direction générale de l'armement (DGA) et de l'état-major des armées lors de son passage à la tête d'Airbus Helicopters. Surtout, la fin d'année pour Airbus Commercial Aircraft risque d'être chaude, très chaude. Airbus avait promis de livrer 800 appareils environ en 2018. Fin septembre, le constructeur en avait livré que 503, A220 compris (huit appareils livrés). Guillaume Faury va devoir marcher dans les pas de Fabrice Brégier, qui savait galvaniser en fin d'année les équipes de production pour atteindre les objectifs. Quid de Guillaume Faury ?

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a écrit le 08/10/2018 à 21:23 :
Et le desert avance... où veux tu que l'on soit, c'est la faute à pas de chance, ou dieu qui nous foudroie.

nan t'inquiete on les as les coupables, c'est jean de monchicourt qui a besoin de prendre l'avion pour acheter les derniers gadget tech à la mode d'outre atlantique.
C'est un besoin irrépressible qu'il a De Monchicourt ! Ca impressionne bobonne et les momes son standing.
a écrit le 08/10/2018 à 18:01 :
La calèche pour traverser l'atlantique ! faut y croire ! allez, tout plein de chavaux qui picorent du foin pour décoller plein pot vers le futur inversé, retour dans le passé, c'était mieux avant
a écrit le 08/10/2018 à 14:35 :
Le transport aérien est une gabegie sans limite de nos ressources et pollue de manière honteuse.
Echappement libre, plus de 4 fois moins efficient qu'un camion qui est deja très peu efficient, c'est une honte ce truc !
Réponse de le 08/10/2018 à 14:52 :
Vive la bougie, les charrues, le feu, l'eau fraîche, les peaux de bête (ah non, cela va choquer les défenseurs des animaux)...
Réponse de le 08/10/2018 à 16:07 :
Et vous proposez quoi? Des avions à voile ou à pédales? Ou plutôt retour vers le 15e siècle et ses voyages en calèche? Ou probablement mieux, à pieds, ça pollue moins, et la marche à pieds c'est bon pour la santé.
Réponse de le 08/10/2018 à 16:53 :
La réponse est l'avion électrique. A ceux que cela fait sourire, Solar Impuls est un beau prototype, l'avion biplace électrique vole déjà et où était l'aviation il y a 100 ans.
Et bien d'autre exemple comme la mise en ligne par moteur électrique a lieu des moteurs.
Réponse de le 08/10/2018 à 19:44 :
"Echappement libre, plus de 4 fois moins efficient qu'un camion qui est deja très peu efficient," Vous devriez peut être vous renseigner sur le rendement d'un moteur d'avion, et sur celui des camions aussi, au lieu de raconter n'importe quoi.
Réponse de le 09/10/2018 à 17:13 :
C'est vous qui devriez arreter de la ramener en comparant des poires et des abricots, je parle de l’efficience globale pas des moteurs, les kilos d'essence par kilo transporté, comparez le cout du fret aérien pour transporter des figues ou autres, bien sur en contrepartie on a des délais plus court ou des distances plus longues mais pour transporter de la viande touristique qui s'affale sur des plages exotiques qu'ils restent en france ça revient au meme et ça préserve notre bocal!
Réponse de le 09/10/2018 à 20:36 :
Calmez vous, c'est mauvais pour la santé de s'énerver comme cela. Relisez votre texte tranquillement, ça va venir. Pour les figues, rien ne vaut le bateau réfrigéré, mais il n'est pas sûr que ce soit l'optimum côté pollution....Quant à la destination touristique des Français, c'est hors du domaine de la mécanique....Ceci dit, l'URSS gardait ses ressortissants chez eux, ah Odessa...., peut être devrions nous nous en inspirer....

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