La Région Nouvelle-Aquitaine attaque le rapport de la Cour des comptes sur les TER
Jean-Philippe Déjean
Jean-Philippe Déjean
Précisons d'emblée que la Chambre régionale des comptes (CRC) de Nouvelle-Aquitaine est intervenue pour le volet régional de cette enquête nationale de la Cour des comptes. La réaction du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine fait un balayage sur la totalité du rapport de la Cour des comptes, tandis que La Tribune, à Bordeaux, s'est comme à l'accoutumée concentrée sur sa synthèse. Ce qui explique que nous n'ayons pas traité certains éléments dans l'article consacré au rapport. C'est ainsi que le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine s'étonne que ce rapport mette en avant l'engagement des régions dans le sauvetage du réseau des TER, tout en prônant la suppression des petites lignes.
Après avoir rappelé le montant de l'effort financier régional néo-aquitain cumulé depuis 2002, le communiqué de la Région souligne qu'elle a investi 1,4 Md€ pour la rénovation des infrastructures du réseau TER, en dehors de ses compétences, tout en payant chaque année "60 millions d'euros de péages !" à la SNCF, puisque la Région fait rouler ses trains. C'est bien la question des petites lignes ferroviaires, ou lignes fines, qui pénètrent profondément dans le territoire avec des trafics moindres, qui cristallise l'indignation du staff régional.
La Région enchaîne ensuite sur une contre-attaque plus politique, qui risque de ne pas être du goût des magistrats financiers.
Avant d'insérer une tranche d'analyse plus froidement rationnelle.
Par ailleurs la Région tient à tailler plusieurs idées en pièces. Dans sa communication la direction souligne ainsi que la fréquentation du réseau TER n'est pas en baisse mais qu'au contraire elle progresse en 2019 de 20 % par rapport à 2018. Pour rappel, le rapport porte sur la période 2012 - 2017 et n'inclut donc pas les évolutions récentes du trafic.
De la même façon, le Conseil régional réfute toute dégradation de la qualité du service. Au moins à partir de mai 2019, date de la signature de la nouvelle convention pour les années 2019 à 2024.
Un domaine où tout de même, le rapport de la CRC confirme de solides avancées grâce à la politique volontariste de la Région. Mais Alain Rousset n'est pas du genre à faire dans l'à peu près et entend faire bien savoir que, depuis les neuf mois de mise en œuvre de cette nouvelle convention "les résultats en termes de qualité du service sont spectaculaires : ponctualité passant de 90,5 % à 93,7 %, diminution de près de la moitié des trains supprimés".
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La Région en vient enfin aux "investissements jugés discutables" par le rapport de la CRC et précise que, par sa délibération du 12 avril dernier, elle s'est dotée d'un plan directeur d'investissements du réseau d'infrastructures ferroviaire, "dans lequel elle engage et priorise des travaux hors compétences à hauteur de 532 millions d'euros sur les 1,2 milliard d'euros nécessaires à la régénération du réseau ferroviaire de Nouvelle-Aquitaine". Avant de condamner une vision comptable "qui écarte malheureusement les notions de service public et d'aménagement du territoire".
Jean-Philippe Déjean