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Politique - La Tribune Bordeaux

Mobilités : LREM priorise le vélo et la désaturation de la rocade bordelaise

Pierre Cheminade

Publié le 18 novembre 2019 à 11:14 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 00:30

Thomas Cazenave, le candidat de La République en marche (LREM) à la mairie de Bordeaux.

Thomas Cazenave, le candidat de La République en marche (LREM) à la mairie de Bordeaux.

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Un plan de 200 M€ pour tracer 200 km de pistes cyclables en dix ans : c'est la proposition phare du projet mobilités des 22 candidats LREM aux élections municipales à Bordeaux Métropole. Emmenés par Thomas Cazenave, ils priorisent aussi la prise de compétence sur la rocade bordelaise pour la passer à quatre voies et 70 km/h et la refonte du réseau de bus. Pas de métro, de grand contournement, ni de nouveau tram mais l'étude d'un tunnel sous la Garonne.

Atteindre 25 % de déplacements à vélo d'ici à 2030 contre 8 % en 2017 : c'est le principal objectif sur le plan de la mobilité des candidats investis par La République en marche dans 22 des 28 communes de Bordeaux Métropole en vue des élections municipales de mars prochain. Pour y arriver, Thomas Cazenave, le candidat à Bordeaux, promet d'investir à l'échelle métropolitaine "200 M€ en dix ans, soit le coût de 10 km de tramway, pour créer 200 km d'autoroutes à vélo et de réseaux cyclables de proximité, c'est-à-dire des pistes entièrement séparées de la circulation, sécurisées et équipées de franchissements, de parkings, de box fermés et de lieux couverts de gonflage et de réparation."

Prendre la main sur la rocade

Et s'il faut prendre de l'espace aux voitures et supprimer des places de stationnement de surface, le candidat n'y est pas opposé, défendant un projet fondé "sur la sobriété et les usages plutôt que sur les grandes infrastructures". "Nous voulons permettre aux gens de pouvoir choisir entre plusieurs solutions efficaces en voiture, en vélo ou en transport en commun. C'est rarement le cas aujourd'hui", abondait ce lundi matin Bruno Sorin, candidat à Mérignac, lors de la présentation officielle de ce programme mobilités à Bordeaux.

L'autre pierre angulaire de ce programme sur la mobilité, qui sera défendu conjointement par tous les candidats LREM sous l'étiquette "Renouveau métropolitain", c'est le transfert de la rocade, actuellement géré par l'Etat, à la Métropole. Sans ce transfert, point de salut pour les candidats du parti présidentiel qui proposent - une fois qu'ils auront la main sur la rocade, s'ils l'obtiennent - d'interdire la circulation des poids lourds aux heures de pointe et de résorber les dix points noirs, dont la place de Latule à Bordeaux Nord . Mais, surtout, de passer rapidement la rocade à deux fois quatre voies en contrepartie d'un abaissement de la limitation de vitesse à 70 km/h contre 90 km/h. Une proposition également défendue à droite par Nicolas Florian, maire de Bordeaux et candidat à sa succession, et Patrick Bobet, président de Bordeaux Métropole et maire du Bouscat. "C'est une proposition pragmatique qui ne coûte pas cher et nécessite surtout de la peinture et de la volonté politique. Deux voies seraient attribuées aux voitures, une aux poids lourd et une aux bus et aux véhicules électriques et de covoiturage", détaille Bruno Sorin.

Refondre le réseau de bus

Parallèlement, les canditats LREM soutiennent "un big bang" du réseau de bus en réorganisant les lignes et en créant des "lignes express avec moins ou pas d'arrêt entre deux points très fréquentés, par exemple entre le centre de Floirac et la gare Saint-Jean", illustre Sophie Marvaud, candidate à Floirac, au risque de perdre la desserte fine de proximité. S'y ajouteraient deux lignes circulaires de bus à haut niveau de service (BHNS) dont une sur les boulevards rive gauche et rive droite. Et pour relier ces deux rives, ce sont des liaisons flexibles en barges pour piétons et cyclistes qui sont préconisées, notamment en attendant l'achèvement du pont Simone Veil. Côté tarification, la République en marche écarte la gratuité des transports en commun mais propose de diminuer le prix des abonnements pour les familles, les jeunes et les étudiants en s'alignant sur le tarif pratiqué actuellement pour les 5-10 ans à 144€/an contre 267 €/an pour les 11-27 ans.

Quant au tramway, Thomas Cazenave veut tourner la page. "Il n'y aura pas de nouvelle ligne de tramway pendant la prochaine mandature si nous sommes élus mais nous n'arrêterons pas les projets qui sont programmés et ont déjà fait l'objet de délibération", fait-il valoir. Pour la desserte de Saint-Médard c'est donc plutôt oui tout comme pour celle de Gradignan. Du côté des infrastructures, le programme LREM assume des choix : pas de métro, de nouveau pont, ni de grand contournement d'ici 2030. "Les nouvelles infrastructures sont très dures à sortir aujourd'hui et, pour le cas du grand contournement, Alain Juppé, malgré tout son poids politique et tous les leviers à sa disposition, n'a pas réussi à le mener à bien. Je ne suis pas sûr que l'on puisse faire mieux aujourd'hui", considère Thomas Cazenave qui veut cependant engager des études sur le tunnel proposé par Alain Turby, le maire de Carbon-Blanc, pour relier les deux rives de la Garonne et drainer le trafic poids-lourds.

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RER et zone à faible émission

A cette échelle métropolitaine voire départementale, le candidat soutient, lui aussi, le projet de RER métropolitain porté par la Région Nouvelle-Aquitaine et la Métropole sur les dix prochaines années et qui fait l'unanimité chez les candidats déclarés à la mairie de Bordeaux. Thomas Cazenave y ajoute une touche intermodale en demandant que "100 % des rames et des gares TER soient vélo-compatibles".

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Enfin, LREM veut instaurer une zone à faible émission (ZFE) dans le centre-ville de Bordeaux pour bannir d'ici à 2026 les moteurs thermiques pour les transports en commun et les véhicules logistiques. "Si nous arrivons à cet objectif, déjà très ambitieux, pour les bus et pour les camionnettes logistiques en 2026 alors nous montrerons l'exemple et nous pourrons envisager d'étendre la ZFE aux particuliers", explique Thomas Cazenave qui promeut aussi une anecdotique "application mobile unique rassemblant tous les usages et modes de transports et permettant de tout payer et tout réserver quelle que soit la solution choisie, publique ou privée".

Pierre Cheminade

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