Comment le Smicval compte réduire les déchets avec un budget maîtrisé
Hélène Lerivrain

Le Smicval Market a mis en place une signalétique ludique et colorée qui guide les habitants vers les bons gestes.
Smicval
Hélène Lerivrain

Le Smicval Market a mis en place une signalétique ludique et colorée qui guide les habitants vers les bons gestes.
Smicval
"Le Smicval, qui regroupe 138 communes de 210.000 habitants, est la première collectivité de collecte et de traitement des déchets à s'être déclarée adhérente au mouvement international Zero waste."
Nicolas Sénéchau, directeur général des services du Syndicat mixte intercommunal de collecte et de valorisation des déchets du Libournais Haute-Gironde, annonce la couleur. Mais, derrière, les ambitions sont claires. "Plutôt que de traiter les conséquences, et donc le traitement des déchets de façon très technique, nous investissons dans le changement de comportements pour réduire la production de déchets. Et pour y parvenir, nous proposons localement des outils, des alternatives",
explique-t-il."Nous faisons un pari en disant que le bon échelon, c'est la commune"
, ajoute Sylvain Guinaudie, président du syndicat mixte et maire délégué d'Aubie-et-Espessas."L'espace est très beau, ce qui permet de changer le regard sur le déchet",
insiste Nicolas Sénéchau. A l'intérieur du site, des caddies sont mis à la disposition des habitants qui peuvent apporter mais aussi récupérer des objets et des matériaux."1.000 tonnes par an ne font désormais que transiter,
analyse Nicolas Sénéchau.Par rapport à l'ancien site, nous obtenons 30 % de déchets en moins et, dans la mesure où cet équipement a été conçu pour pouvoir recycler au maximum, les déchets destinés à l'enfouissement ont baissé d'environ 60 %."

Le supermarché inversé a été pensé par des designers (crédit photo Smicval)
"L'investissement a augmenté de 20 % par rapport à une déchèterie classique et les coûts de fonctionnement sont plus importants. Le coût à la tonne est donc en hausse mais puisque nous avons réduit les déchets, le coût fiscal est équivalent pour un service plus important",
explique Nicolas Sénéchau. "L'idée est d'imaginer des modèles économiques qui fonctionnent dans le cadre d'une maîtrise de la fiscalité",
insiste Sylvain Guinaudie. "On nous présente l'incitativité comme étant la solution miracle, mais en associant le déchet à du positif, nous arrivons au même résultat sans dose d'incitativité."À lire également
L'idée sera de proposer des activités autour de la ressource, de la réparation, et du changement de modèle de consommation. Donc, une galerie marchande avec des services différents : des échoppes permettant d'acheter des objets réparés, certainement une maison zéro déchet témoin ou encore un incubateur dédié à l'économie circulaire",
annonce Nicolas Sénéchau. Le Smicval dispose d'un budget de 40 M€ par an.Hélène Lerivrain