Port de Bayonne : une légère baisse du trafic et d'importants investissements

Jean-Philippe Déjean

Port de Bayonne
CCI Bayonne Pays basque

Jean-Philippe Déjean

Port de Bayonne
CCI Bayonne Pays basque
Propriété de la région Nouvelle-Aquitaine gérée par la Chambre de commerce et d'industrie de Bayonne Pays basque et présidée par André Garreta, le port de Bayonne a enregistré un trafic de 2,2 MT (2.283 kilotonnes) en 2019 contre 2.3 MT (2.352 KT) en 2018, soit un recul de 2,9 %. Ce tableau de l'activité en 2019 n'intègre pas de trafic conteneurs. La direction du port précise que ce tassement du trafic est dû à plusieurs facteurs. A commencer par l'arrêt en cours d'année de l'export de biocarburants traités par la société Alkion, qui dispose d'un terminal de stockage de produits pétroliers au port de Bayonne. Cet arrêt du trafic à l'export « est lié à une surconsommation nationale elle-même conséquence de l'augmentation des prix à la pompe » souligne le port, avec à la clé une perte de 26.000 tonnes.
Toujours au chapitre des carburants, Bayonne a perdu près de 40.000 tonnes de trafic avec l'arrêt d'importations de coke de pétrole destiné au marché espagnol, suite à une délocalisation du marché. Le trafic de produits chimiques subit également une baisse du même ordre, de 41.934 tonnes. Baisse qui n'épargne pas les engrais, dont le volume est en recul de 6,8 % à -33.963 tonnes. La direction du port précise que le trafic des engrais en 2019 a été « en deçà des volumes habituels », à cause de mauvaises conditions météorologiques couplées à un décalage des récoltes.
En plus du géant catalan espagnol de l'acier Celsa, représenté par sa filiale Celsa France, qui vient de valider un investissement de 60 M€, le port de Bayonne, à cheval sur le Pays basque et la Gascogne, accueille aussi la société Laminoirs des Landes, à Tarnos, détenue par le groupe galicien (Espagne) Hierros Anon associé au groupe suisse Sipro Stahl. L'arrêt technique de l'outil industriel de Laminoirs des Landes, pour l'amélioration de son process industriel, a occasionné un recul d'environ 25.000 tonnes des importations.
Il ne faut pas oublier qu'en 2018, avant Celsa, Laminoirs des Landes a également lancé un investissement de 50 M€ sur son site industriel de Tarnos. Si les résultats sont en hausse du côté des produits sidérurgiques, le port souligne qu'ils ne parviennent pas à dépasser les 800.000 tonnes, « ce qui reste bas ». Parmi les points positifs dans l'activité, le port observe que le trafic bois est monté en flèche à 61.400 tonnes en 2019 contre 28.326 tonnes en 2018, soit +116 %.
Entre 2015 et 2020, le port de Bayonne a bénéficié pour plus de 180 M€ d'investissements publics et privés relève la direction portuaire. L'acquisition l'an dernier de deux grandes grues à forte capacité, pour 9 M€ d'investissement, ou le lancement des travaux d'agrandissement des quais Gommes, dans la zone portuaire d'Anglet, toujours en cours, pour un montant de 27 M€, font partie de ces investissements publics, qui se montent à 70 M€ sur la période, et qui englobent aussi l'acquisition d'une drague moyennant 14 M€.
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Les investissements liés aux augmentations de capacité de production des laminoirs (Laminoirs de Landes et Celsa France) sont les plus significatifs côté privé et totalisent à eux seuls 110 M€. La CCI Bayonne Pays basque se félicite des investissements consentis dans les infrastructures portuaires publiques dont elle a la responsabilité au quotidien. Et ne semble pas regretter que l'utilisation des infrastructures privées ait légèrement décrue l'an dernier par rapport à celles qu'elle gère.
Avant de mettre la focale sur la progression du trafic géré par les infrastructures publiques.
Jean-Philippe Déjean