Acier : le groupe Celsa déclenche son investissement de 60 M€ au port de Bayonne
Jean-Philippe Déjean

France: l’acierie ascoval reprise par british steel
PASCAL ROSSIGNOL
Jean-Philippe Déjean

France: l’acierie ascoval reprise par british steel
PASCAL ROSSIGNOL
Installée sur l'ancien site des Forges de l'Adour, l'activité sidérurgique du port basco-gascon de Bayonne a connu bien des rebondissements depuis la fin des années 1990 et changé plusieurs fois de propriétaires. Depuis 2007 c'est le groupe catalan Celsa, à Barcelone, présidé par Francesc Rubiralta, premier groupe sidérurgique espagnol et deuxième producteur européen de produits longs en acier, qui développe cette activité régionale, par le biais de Celsa France, qui a réalisé en 2018 un peu plus de 400 M€ de chiffre d'affaires, avec 200 salariés directs pour 800 emplois indirects.
Une entreprise à cheval sur Boucau (Pyrénées-Atlantiques) et Tarnos (Landes), qui va bénéficier d'un nouvel équipement apporteur de valeur ajoutée. Jusqu'à présent Celsa France fabriquait des billettes (barres d'acier coulé de 8 à 13 mètres de long), une production de produits semi-finis qui va s'enrichir avec ce nouveau train de laminage. L'investissement que s'est décidé à réaliser le groupe ibérique a été évoqué pour la première fois en 2015. La pose de cette première pierre était donc fortement symbolique de la volonté de Celsa de poursuivre son engagement sur les rives de l'Adour, où il représente à lui plus du tiers de l'activité portuaire de Bayonne.
D'où la venue à Bayonne du président Francesc Rubiralta.
Combattu par les écologistes, en particulier à cause de la hausse des émissions de gaz à effet de serre (gaz carbonique) que va engendrer le complexe sidérurgique, ce nouvel équipement est soutenu par la place portuaire bayonnaise et les milieux d'affaires, qui y voient au contraire l'application du principe de l'économie circulaire. Parce que Celsa France est une aciérie électrique qui fonctionne en recyclant de la ferraille. C'est ainsi que le groupe Celsa est un acteur européen majeur dans ce domaine, avec 8 millions de tonnes de ferrailles recyclées par an.

De gauche à droite : Josep Vilaseca (Celsa), Jean-Marc Lespade, Xavier Fortinon, Francesc Rubiralta, Mathieu Bergé et Francis Gonzalez (photo Celsa France)
Celsa, qui est déjà un chargeur poids lourd du port de Bayonne va encore prendre du volume. Sa production annuelle devrait ainsi dépasser le million de tonnes, contre un peu plus de 700.000 tonnes aujourd'hui. De quoi créer 140 emplois directs et 420 emplois indirects. De nombreux élus ont participé à cette cérémonie de pose de la première pierre. Le conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine Mathieu Bergé, élu des Pyrénées-Atlantiques, voit dans cet investissement l'avenir industriel du port de Bayonne, la Région étant propriétaire de cette infrastructure dont elle a confié la gestion à la Chambre de commerce et d'industrie de Bayonne Pays basque.
Le président du Conseil départemental des Landes, Xavier Fortinon, voit dans cet investissement la concrétisation d'un projet "qui fait face à la désindustrialisation de notre pays".
Jean-Marc Lespade, le maire de Tarnos, a de son côté plaidé pour la nature structurellement positive d'un projet "en faveur de l'économie circulaire et de la soutenabilité", tandis que son confrère maire du Boucau, Francis Gonzalez, s'est dit heureux de voir ce projet aboutir dans un périmètre industriel de longue date.
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Pour le groupe Celsa, ce projet bayonnais s'inscrit dans son plan stratégique 2016-2022, qui doit consolider sa croissance et lui permettre de faire face à l'avenir "avec des garanties et une approche responsable alignée sur le renforcement de modèles d'activité basés sur le concept d'économie circulaire". Plus prosaïquement, l'objectif du groupe Celsa est de s'imposer comme le leader dans les produits longs en acier, en particulier par le biais de la diversification géographique et des produits.
Jean-Philippe Déjean