Covid-19: la Région booste son plan d'aides aux entreprises à 73 M€

Jean-Philippe Déjean

ambulances
Agence Appa/Thibaud Moritz

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Agence Appa/Thibaud Moritz
Pour faire face à l'évolution très rapide de la crise socio-économique déclenchée par la pandémie de coronavirus, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui avait annoncé dès le 17 mars, un plan d'urgence de 50 M€, vient de porter ce dernier à 73 M€. C'est l'une des mesures phares présentées en conférence de presse jeudi 9 avril, qui devait être votée lors de l'assemblée régionale plénière de ce vendredi 10 avril.
Le fonds d'abondement aux TPE et PME, qui était jusqu'ici doté de 10 M€ est ainsi doublé pour atteindre 20 M€, tandis que la Région crée un nouveau fonds de prêts pour les TPE et associations, qu'elle abonde à hauteur de 12 M€ de concert avec la Banque des Territoires, qui apporte un montant identique.
"L'agglomération de La Rochelle pourrait bientôt compléter ce fonds avec une enveloppe complémentaire de 10 M€", a précisé Alain Rousset. Ce fonds, qui va donc aligner au total 24 M€, cible en priorité les commerçants et les artisans, ainsi que certaines structures associatives impactés par la crise du coronavirus, avec des prêts à taux zéro pouvant aller jusqu'à 15.000 euros.
Alain Rousset a cité l'agglomération de La Rochelle comme possible contributrice parce que ce fonds est ouvert aux agglomérations ainsi qu'à la métropole bordelaise sur la base d'un abondement de 2 euros par habitant. A noter par ailleurs la création, toujours avec la Banque des Territoires, d'un fonds de prêt spécifique de 1 M€ destiné aux entreprises du secteur de l'économie sociale et solidaire (ESS), soit un total de crédits additionnels pour la Région de 23 M€.
Avant d'expliquer que l'adoption de ce budget supplémentaire se faisait dans un contexte général défavorable, qui va être marqué par une baisse de recettes du conseil régional de l'ordre de 70 à 100 M€. Cet à-coup ne va pas suffire à déstabiliser le fonctionnement budgétaire de la Région, qui va remettre à plus tard certaines dépenses, un arbitrage qui est à l'étude.
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Ce plan d'urgence régional prévoit un important volet sanitaire marqué en particulier par l'acquisition groupée entre plusieurs collectivités de Nouvelle-Aquitaine de 6 millions de masques. Un achat massif divisé en deux grandes commandes.
Avec tout d'abord les douze conseils départements de Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole et l'agglomération de Pau, et la Région qui ont participé à l'acquisition de 2,4 millions de masques chirurgicaux et de 260.000 masques de type FFP2, conçus pour protéger leurs porteurs. Dans ce cadre, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine s'est porté acquéreur de 200.000 masques chirurgicaux et 30.000 FFP2. Le montant global de cette première commande s'est élevé à 1,5 M€.
La Région est également partie prenante d'une seconde commande contractée par les conseils départementaux néo-aquitains et un ensemble de communes, qui porte sur l'achat de 2,2 millions de masques chirurgicaux et 600.000 FFP2. Le solde de cette commande ayant été réalisé en direct par certaines communes auprès de l'Ampa, la plateforme de dématérialisation des marchés publics.
Dans un contexte marqué par un manque de moyens de protection pour les équipes soignantes de première ligne dans les hôpitaux, les services de l'Etat n'hésitent plus à réquisitionner les commandes de masques faites par certains conseils régionaux pour leurs Ehpad, comme cela est arrivé en Auvergne-Rhône-Alpes. Mises sous pression par un coronavirus ultra contagieux les agences régionales de santé (ARS), qui passent une bonne partie de leur temps à gérer une situation de pénurie, ne font plus de quartier.
D'autre part, Alain Rousset a précisé qu'il réfléchissait avec Jean-François Fountaine, maire de La Rochelle, ancien conseiller régional et cofondateur du chantier naval Fountaine Pajot, numéro deux mondial du catamaran de plaisance, a la création d'un mécanisme de retour sécurisé au travail, en particulier dans le BTP.
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Ce dernier a par ailleurs rappelé que d'importants dossiers régionaux, comme le futur centre de formation à la maintenance ferroviaire Ferrocampus, qui va voir le jour dans le Technicentre SNCF de Saintes (Charente-Maritime), avec en particulier un atelier de retrait des moteurs diesel des trains, suivaient leurs cour. Le président de la Région a tenu à souligner que les entreprises qui seraient aidées par la collectivité ne devraient pas verser de dividendes à leurs actionnaires. Soulignant que la crise actuelle montre que de nombreux discours sur la compétitivité des entreprises ne sont tenus que pour mieux cacher la cupidité de leurs auteurs
Jean-Philippe Déjean