Treize noms en position éligible, un tiers des adjoints et des maires de quartiers, un groupe distinct au conseil municipal, plusieurs délégations, une série de propositions et un poste de premier plan au niveau métropolitain : l'ampleur des concessions faites par le maire sortant Nicolas Florian à son nouvel allié de la République en marche (LREM) reflète probablement son inquiétude à l'approche d'un second tour à l'issue très incertaine. Alors qu'il visait 40 % des suffrages, le 15 mars dernier, le successeur d'Alain Juppé n'en a réuni que 34,6 % avec seulement 96 voix de plus que le candidat d'union de la gauche et des écologistes Pierre Hurmic. De quoi le laisser penser qu'il ne pouvait pas gagner seul et l'amener à accepter un compromis qui fait grincer des dents jusque dans son entourage proche.
Menées en tête à tête avec Thomas Cazenave, les discussions ont duré une dizaine de jours et ont abouti à un accord de gouvernance municipale signé dans la soirée du 1er juin. Il en ressort une liste "d'union pour Bordeaux" qui réserve treize places éligibles aux candidats de Renouveau Bordeaux. Un tour de force arithmétique, si ce n'est politique, pour le candidat arrivé 3e au 1er tour avec seulement 12,7 % des suffrages. Derrière Nicolas Florian (n° 1) et Julia Mouzon (qui reste n° 2) viendront Thomas Cazenave (n°3) puis les actuels adjoints Alexandra Siarri (n°4) et Fabien Robert (n° 5), qui rétrograde de deux positions. Renouveau Bordeaux place ensuite notamment Anne Fahmy (n° 8) Aziz Skalli (n° 11), Catherine Fabre (n°14) et Laurence Navailles (n° 16). Par conséquent, le député de Gironde Benoît Simian, qui avait quitté LREM pour rallier Nicolas Florian, prend la sortie tout comme Yohan David, président de la Maison de l'emploi de Bordeaux, ou encore Laurence Dessertine et Arielle Piazza. Au total, Renouveau Bordeaux récupère un tiers des noms de la liste, désormais déposée en préfecture.
"Nous avons fait primer le critère du renouvellement et de la complémentarité des expertises", avance Nicolas Florian, qui revient sur la genèse de ce rapprochement : "On partage avec Thomas Cazenave l'analyse de la situation et les remèdes à déployer face à cette crise sanitaire et économique inédite. Ce n'est pas un accord d'appareil mais une alliance autour d'un projet commun face à une situation exceptionnelle."