Bordeaux Métropole bascule aussi à gauche : quelles conséquences ?

Claire Mayer
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Pierre Hurmic
Thibaud Moritz / Agence APPA

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Depuis sa création en 1968, la présidence de la métropole a alterné entre les deux principaux camps politiques, de Jacques Chaban-Delmas à sa création, à Patrick Bobet, élu en mars 2019 à l'issue du départ d'Alain Juppé pour le conseil constitutionnel. Alain Rousset (PS), aujourd'hui président de la Région Nouvelle-Aquitaine, et Vincent Feltesse (PS), qui avait prématurément quitté la course à l'hôtel de ville en décembre dernier, ont également présidé la Métropole en 2004 puis en 2007. Mais le changement de majorité ne sera pas l'unique nouveauté de ce renouvellement de gestion métropolitaine. La cogestion, pilotage de l'institution par des maires de sensibilités différentes, instaurée en 1968, pourrait également être remise en question : Pierre Hurmic en est en effet un fervent opposant.
Le second tour des élections municipales a rebattu les cartes de la métropole. Ce sont désormais 17 communes sur les 28 de la métropole bordelaise qui sont dirigées par la gauche ou les Verts, contre onze par la droite ou le centre. En effet, parmi les villes métropolitaines scrutées de près pour ces élections municipales, certaines ont également marqué l'histoire politique locale. Arrivé en tête avec 52,5 % des voix, Stéphane Delpeyrat (Génération-s) a remporté l'élection à Saint-Médard-en-Jalles, face à Jacques Mangon (centre droit), également vice-président de la Métropole en charge de l'urbanisme. Ce dernier avait mis fin en 2014 à 30 ans de socialisme en battant Serge Lamaison. Le 28 juin dernier, Artigues a également basculé à gauche, avec la victoire d'Alain Garnier, soutenu par EELV. Enfin, Carbon Blanc a suivi le mouvement avec la victoire de Patrick Labesse, à la tête d'une liste rose et verte face au sortant LREM Alain Turby.
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Au total, ce sont donc 38 sièges - contre 62 lors du précédent mandat - qu'aura "Communauté d'avenir" à la métropole, 32 pour le PS, 30 pour les Verts, quatre pour le Parti communiste, et un pour le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) de Philippe Poutou. La répartition des sièges métropolitains est faite en fonction des villes métropolitaines, leur nombre d'habitants et leur poids politique : ainsi, Bordeaux possède 36 sièges, Mérignac dix, Pessac huit, Villenave-d'Ornon et Saint-Médard-en-Jalles quatre, Bègles, Gradignan, Le Bouscat, Cenon et Lormont trois, Eysines, Floirac, Blanquefort, Bruges et Ambarès-et-Lagrave deux.
Claire Mayer