Alain Rousset ressent un certain malaise institutionnel
Hélène Lerivrain

Alain Rousset, le 1er mars 2019, à Bordeaux
Thibaud Moritz / Agence APPA
Hélène Lerivrain

Alain Rousset, le 1er mars 2019, à Bordeaux
Thibaud Moritz / Agence APPA
Alain Rousset se dit atteint d'un certain malaise institutionnel et politique. C'est le terme employé par le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, lui-même.
"Je crains un décrochage sur le plan technologique. L'Allemagne investit 9 milliards d'euros dans l'hydrogène, quand nous sommes en France à 100 M€. Je crains aussi des délocalisations", alerte-t-il encore.
"
Mais la vraie question, c'est de savoir s'il y aura un ruissellement des grands groupes vers les PME, et n'oublions pas toute la chaine de la sous-traitance. Les entreprises ont également besoin de renforcer leurs fonds propres dont le rapport à leurs dettes est dramatiquement faible en France. Il faut passer à la vitesse supérieure en créant des banques régionales d'investissement. Le problème c'est la centralisation des dispositifs de fonds propres alors que la connaissance du tissu industriel, c'est nous qui l'avons", explique Alain Rousset qui vient d'écrire au ministre de l'économie et des finances Bruno Le Maire pour lui faire des propositions en insistant sur le rôle clé d'une bonne coordination entre l'Etat et les Régions.Alors que la Nouvelle-Aquitaine a prévu d'abonder de 10 M€ supplémentaires le fonds de soutien d'urgence de 15 M€ pour les entreprises de 5 à 250 salariés, Alain Rousset propose ainsi que l'Etat participe à son renforcement. L'idée avec ce fonds est d'adresser une première catégorie d'entreprises qui restent très fragiles à court et moyen terme.
Mais "cette intervention nécessite un ancrage territorial", rappelle-t-il encore. "Nous avons en région des professionnels capables de piloter des outils que nous avons mis en place." Et de citer le fonds régional de co-investissement Aquity, ou encore Naci, le fonds de capital développement."Les Régions sont en mesure de piloter la mise en place de fonds de relance régionaux que l'Etat pourrait abonder, via la Banque publique d'investissement par exemple », écrit-t-il au ministre de l'économie. Le message est clair : les Régions sont à la manoeuvre mais il est "indispensable de renforcer la puissance de feu des fonds d'intervention d'urgence des Régions qui s'essoufflent."
//////////////////////////////
Bilan du plan d'urgence économique en Nouvelle-Aquitaine
À lire également
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Hélène Lerivrain