Bordeaux Métropole va-t-elle devoir renoncer à 1,5 milliard d'euros d'investissement ?

Pierre Cheminade
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Agence APPA

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Avant même le déclenchement de la pandémie, la plupart des candidats aux élections municipales et métropolitaines estimaient que le rythme d'investissement de Bordeaux Métropole ne pourrait pas durer et qu'il faudrait faire le tri. Ce constat a pris de l'épaisseur avec la crise économique et l'heure des comptes a sonné en ce début d'année. La nouvelle majorité PS-EELV, qui a mené le socialiste Alain Anziani à la présidence de Bordeaux Métropole, a reçu l'audit commandé l'été dernier au cabinet spécialisé Michel Klopfer. Ses conclusions ne remettent évidemment pas en cause les fondements de la gestion passée puisqu'Alain Anziani et plusieurs élus de la majorité actuelle étaient parties prenantes de l'ancienne majorité dans le cadre de la cogestion droite-gauche.
Néanmoins, ce document présenté le 15 janvier à tous les conseillers métropolitains et que La Tribune a pu consulter, établit un bilan de santé financier de Bordeaux Métropole. A l'exception étonnante de l'année 2020 qui n'est pas abordée (lire plus bas). Son budget 2019 s'élève à 853 millions d'euros en fonctionnement, pour plus de 5.000 agents, et à 540,3 millions d'euros en investissement. Sur la période 2014-2019, la Métropole a dépensé 2,84 milliards d'euros de dépenses d'investissement, soit 473 millions d'euros par an en moyenne avec un pic à 571 millions d'euros en 2018. Un quart de cette somme a été investi dans les transports, dont les trois-quarts dans le réseau de tramway. De quoi inspirer à Alain Anziani "un constat d'échec collectif" au regard des résultats en matière de mobilités dans l'agglomération.
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Parallèlement, Bordeaux Métropole a progressivement absorbé des compétences et des personnels mutualisés par ses 28 communes ainsi que la gestion du stade Matmut Atlantique ce qui a mécaniquement fait enfler à la fois ses recettes et ses dépenses. Mais, au total, le taux d'épargne brute de Bordeaux Métropole (*) s'établit à 27,8 % en 2019, très loin du seuil de vigilance (15 %) et du seuil de danger (10 %). L'agglomération se situe même au-dessus de la moyenne nationale pour les intercommunalités qui est à 23,7 %. De même, la capacité de désendettement (*) est très rassurante : Bordeaux Métropole se situe à 3,2 années en 2019, très en deçà des seuils de vigilance (10 ans) et d'alerte (12 ans).
Pierre Cheminade