Les Régionales 2021 sont un nouveau pas en avant dans le rapprochement de La France Insoumise (LFI) avec le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Une stratégie de fusion dont Bordeaux et maintenant la Nouvelle-Aquitaine sont devenus le laboratoire national. Pour autant l'opposition interne au sein du NPA à cette stratégie ne faiblit pas. La désignation du candidat NPA à la Présidentielle, au mois de mai prochain, va-t-elle précipiter l'implosion du parti trotskyste ?La création en Nouvelle-Aquitaine de la liste d'union pour les Régionales entre LFI (La France insoumise) et NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) ne fait pas l'unanimité au sein du parti trotskyste. Si cette liste d'union baptisée « On est là ! », dont Clémence Guetté (LFI) est la cheffe de file et Philippe Poutou (NPA) l'un des porte-paroles, annonce aussi agréger des mouvements associatifs écologistes, sociaux, citoyens, antiracistes, LGBT+ et Gilets jaunes de Nouvelle-Aquitaine, l'opposition qu'elle suscite au sein du NPA reste intacte.
Philippe Poutou, ancien candidat NPA aux Présidentielles de 2017, élu d'opposition (avec le collectif Bordeaux en luttes) à la mairie de Bordeaux mais aussi à Bordeaux Métropole, a déjà eu l'occasion de le souligner à plusieurs reprises : pour lui l'important c'est désormais de passer à l'action, et donc d'essayer d'obtenir des victoires, même modestes, lors des élections. Hors de question pour lui de renoncer à ce rapprochement avec LFI, qui a commencé à se mettre en place à Bordeaux lors des Municipales de 2020, faisant de la ville un laboratoire politique à vocation nationale.
L'opposition interne au rapprochement avec LFI se poursuit
Mais c'est aussi en Gironde que Philippe Poutou fait peut-être face à l'une des oppositions internes au NPA les plus mobilisées du pays. Une opposition actuellement incarnée dans le département par le courant "Révolution permanente-NPA" et sa jeune porte-parole : Petra Bernus.
"La création de la liste « On est là ! » est anti-démocratique parce qu'il y a une majorité au NPA, au-delà même de notre courant Révolution permanente, qui s'y oppose ! En plus de Bordeaux et de la Gironde, c'est particulièrement le cas dans notre région en Charente et en Corrèze", relève Petra Bernus.
La crise interne que connait aujourd'hui le NPA oppose son courant historique, issu de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire), à l'origine de la création du parti, auquel appartiennent aussi bien Philippe Poutou qu'Olivier Besancenot, et une constellation de plusieurs courants. L'addition de ces derniers forme un ensemble qui s'est montré tout juste plus important que le courant historique lors d'une consultation organisée il y a quelques mois, sans pour autant constituer une force politique unifiée.