En 2020, la Région Nouvelle-Aquitaine a dû emprunter pour soutenir son budget
Jean-Philippe Déjean

Un train express régional propriété de la Nouvelle-Aquitaine
Région Nouvelle-Aquitaine
Jean-Philippe Déjean

Un train express régional propriété de la Nouvelle-Aquitaine
Région Nouvelle-Aquitaine
Lors de la deuxième assemblée plénière de la nouvelle mandature, ce 19 juillet, Alain Rousset, président (PS) de Nouvelle-Aquitaine réélu le 2 juillet, a présenté une douzaine de dossiers, dont celui du compte administratif 2020.
L'élu socialiste a jugé audacieuse la Stratégie nationale bas carbone présentée par le gouvernement, puisqu'elle court jusqu'à 2050. Mais à cette audace il a déclaré préférer la feuille de route régionale "Neo Terra" avec son plan d'intervention calé à 2030 : démarche qu'Alain Rousset, qui a plaidé pour sa paroisse, juge beaucoup plus proche de la réalité des enjeux climatiques.
Ce dernier a ensuite annoncé, en s'appuyant sur des études du bureau régional de la Banque de France en Nouvelle-Aquitaine et de l'Insee, que la Nouvelle-Aquitaine affiche une situation économique et sociale meilleure que dans le reste de la France, avec notamment une hausse de +10 % du nombre d'offres d'emplois et une évolution du taux de chômage mieux contenue qu'ailleurs même si ce dernier reste élevé, à près de 8 %. De même, a-t-il poursuivi, les dépenses d'investissement ont bondi dans la région dès le 1e trimestre 2021, et la Nouvelle-Aquitaine, comme la Bretagne et la Corse, a retrouvé son niveau d'emploi d'avant la crise.
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Alain Rousset s'est ensuite félicité de la qualité de la nouvelle équipe aux commandes de l'exécutif régional, composée à 50 % de vice-présidents issus de la société civile. L'année 2020, avec la pandémie de Covid-19, a été marquée par une baisse des recettes et une hausse des dépenses obligeant l'exécutif à réajuster rapidement le budget. D'où l'importance de l'examen par l'assemblée du compte administratif 2020.
L'an dernier, la Région a dû augmenter ses dépenses de 240 millions d'euros afin de faire face aux conséquences de la crise sanitaire, principalement en soutien à l'activité économique dès le printemps 2020 : des très petites aux grandes entreprises. Effort qui n'avait rien d'anecdotique.
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L'emprunt a permis de faire grimper le budget investissement de la Région à 978 millions d'euros, moyennant un apport supplémentaire de 146 millions d'euros par rapport au budget 2019.
Ce qui fait paradoxalement de 2020 une année record en termes d'investissements. Au global, le budget de la Région a progressé de +2,2 %, à 2,8 milliards d'euros (hors fonds européens), soit une hausse nette de +61,1 millions d'euros. Sachant que dans le même temps le budget (recettes et dépenses) de la Région a baissé de 180 millions d'euros, correspondant à la perte de la compétence sur l'apprentissage.
Côté recettes, c'est le recul de la consommation et de l'usage des moyens de transports qui ont pénalisé la Région. Cette dernière a ainsi perdu des entrées d'argent à cause de la baisse de la fraction de TVA qui lui revient (-25 millions d'euros), mais aussi de la TICPE, liée à la consommation de carburants (-22 millions d'euros), et du nombre de cartes grises liées à l'acquisition de véhicules (-16,3 millions d'euros). Ainsi, comme l'a soulignée la vice-présidente, avec une perte de l'ordre de 64 millions d'euros de recettes fiscales en 2020 par rapport à 2019, l'année 2020 n'est pas un bon millésime.
Sandrine Derville a observé qu'il n'y avait pas pour autant péril en la demeure, pariant sur un rebond de l'activité économique et donc des recettes pendant les prochains mois. Avec un taux de réalisation budgétaire de 94,2 % au titre de 2020 la Région est restée efficace. Cela n'empêche pas qu'elle ait souffert.
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Le taux d'épargne brute de la Région s'est ainsi dégradé entre les deux années budgétaires, passant de 19,3 % en 2019 à 14,3 % en 2020. Tandis que de son côté le taux d'endettement a grimpé de +15 %, dégradant la capacité de désendettement régional, qui passe de 4,4 années en 2019 à 7,3 années en 2020. "Cette baisse est nette mais elle reste contenue très en-dessous de la barre des neuf ans", a observé Sandrine Derville. Alain Rousset soulignant de son côté que la bonne santé financière de la Région avait permis de faire face aux défis posés par la crise sanitaire.
Jean-Philippe Déjean