Dans la préfecture de Toulouse, ce matin du lundi 14 mars, les dizaines d'élus locaux présents n'avaient pas de mots assez forts pour qualifier se qui se déroulait sous leurs yeux : "nous y arrivons aujourd'hui, enfin", se réjouit l'un, "c'est un acte fort" pour son voisin, "un moment historique" pour d'autres. La scène ? Le Premier ministre, Jean Castex vient de signer devant eux le protocole de financement du Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO). "Pour Eurosud Team, cette signature marque l'aboutissement de six ans de travail pour remporter un à un, tous les arbitrages avec les collectivités d'Occitanie et de Nouvelle Aquitaine", réagit l'association de lobbying qui a accompagné les élus locaux dans ce projet.
Ces dizaines de dernières années, cet acronyme a fait chavirer des têtes, parfois fait perdre des nerfs voire à mené des accrochages politiques. Et pour cause, GPSO cache derrière lui les tant attendus (ou décriés) projets de LGV entre Toulouse et Bordeaux (pour 10,3 milliards d'euros courants) ainsi que la ligne entre Bordeaux et Dax (3,7 milliards d'euros courants), soit 327 kilomètres de lignes nouvelles et 15 kilomètres de raccordements au réseau existant.
Repris sur ses propos et notamment l'aspect "irréversible" de l'engagement financier de l'État à hauteur de 40% dans ce projet, le chef du gouvernement a légèrement rétropédalé, appelant plutôt à "la prudence" à l'approche notamment d'une élection présidentielle (premier tour le 10 avril).