LGV Toulouse-Bordeaux : l'État et l'Europe vont apporter six milliards d'euros

Pierrick Merlet

Pierrick Merlet
Nouveau coup de théâtre dans le dossier de la LGV Toulouse-Bordeaux ! Après des années de blocage de l'État sur un co-financement avec les collectivités pour ce projet estimé au moins à sept milliards d'euros, ce n'est désormais plus le cas. C'est ce qu'a annoncé le Premier ministre, Jean Castex, dans un courrier adressé mardi 27 avril à Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de la Métropole, et Carole Delga, présidente du conseil régional d'Occitanie. "C'est la première fois depuis le début du projet dans les années 95 que l'Etat exprime aussi fermement son appui au projet et son accord pour le financer", a aussitôt réagi Jean-Louis Chauzy, le président d'EuroSud Team, association qui défend le projet.
Le timing de ce courrier attendu depuis des années est tout sauf un hasard. Jean Castex en visite à Toulouse, samedi 24 avril, est reparti à Paris avec, comme cadeau de retour, les reproches des deux élus locaux sur ce dossier épineux. Quelques jours auparavant, l'État a annoncé un co-financement du prolongement de la LGV entre Marseille et Nice. De plus, et contrairement à la LGV Toulouse-Bordeaux, ce projet dans le sud de la France n'est pas encore déclaré d'utilité publique. Deux points qui ont fortement agacé le binôme Moudenc-Delga.
Concrètement, avec ces déclarations qui annoncent une subvention de l'État de 4,1 milliards d'euros, ce sont désormais 40% du chantier de cette LGV Toulouse-Bordeaux qui sont financés. C'est ce même montant que devront régler les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, ainsi que les Métropoles de Bordeaux et Toulouse. La dernière partie sera financée par l'Union européenne.
Ce sont dès lors deux autres milliards d'euros qui sont fléchés directement vers ce projet structurant pour les deux régions du Sud-Ouest de la France. Si aujourd'hui il est évalué à un peu plus de sept milliards d'euros au total, du côté du Capitole on ne manque pas de rappeler que ces estimations datent de 2017. Sous-entendu, la facture pourrait dépasser aujourd'hui les huit voire les neuf milliards. Il est d'ailleurs à souligner que la somme totalement du co-financement annoncé par le courrier du chef du gouvernement avoisine les dix milliards d'euros. Un premier indice ?
Désormais, une autre étape doit être franchie à savoir la création d'une société de financement dédiée au projet de cette LGV Toulouse-Bordeaux. En ce sens, une réunion interministérielle importante s'est tenue à la mi-avril avec les collectivités locales.
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Pour alimenter cette société dédiée, deux pistes se dégagent, à savoir une taxe spéciale sur les bureaux comme ce qui se fait en Île-De-France pour financer son Grand Paris Express et une nouvelle répartition de la TICPE (taxe sur l'essence). Cette fiscalité spécifique doit ainsi permettre de financer les deux tiers de l'emprunt pour un projet évalué à près de neuf milliards d'euros. Le tiers restant devra être partagé entre les collectivités territoriales intéressées et l'État, en tout cas c'est ce qui est espéré en Occitanie.
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Un montage financier qui devrait permettre de lancer le chantier à l'horizon 2024-2025 pour une mise en service en 2030. Ainsi, Toulouse ne sera plus qu'à 3h10 de Paris et 1h05 de Bordeaux. Mais ce calendrier reste encore à confirmer.
Pierrick Merlet