Présidentielle : les résultats du second tour en Nouvelle-Aquitaine en infographies
Pierre Cheminade et Maxime Giraudeau

France 2022: macron reconduit a l'elysee avec plus de 58%
BENOIT TESSIER
Pierre Cheminade et Maxime Giraudeau

France 2022: macron reconduit a l'elysee avec plus de 58%
BENOIT TESSIER
À l'échelle de la grande région Nouvelle-Aquitaine, le rapport de force politique à l'issue de ce second tour de l'élection présidentielle, est sensiblement le même qu'au niveau national. Réélu, Emmanuel Macron réunit 58,3 % des suffrages exprimés et distance nettement Marine Le Pen (41,7 %) mais, dans le même temps, l'extrême-droite progresse fortement quel que soit l'indicateur retenu. Le président sortant réalise un score bien moins haut qu'en 2017 : il y a cinq ans, au second tour, avec une participation de 77,9 %, Emmanuel Macron l'avait emporté avec 68,6 % contre 31,4 % pour son adversaire d'extrême droite. Il perd donc plus de dix points dans la région en cinq ans contre seulement 7,5 points en France entière. Pour ce match retour, la participation en Nouvelle-Aquitaine s'établit à 75,8 %, soit trois points de plus qu'au niveau national mais deux de moins qu'en 2017.

Voici les résultats définitifs dans la région en pourcentage des électeurs inscrits en 2022 et en 2017. À noter que cette année le vote pour Marine Le Pen arrive en 2e position en Nouvelle-Aquitaine, devant les abstentionnistes, ce qui n'était pas le cas il y a cinq ans :
Derrière cette tendance régionale, comme au soir du premier tour, les scores du président réélu sont marqués par d'importantes disparités entre les douze départements néo-aquitains : de 63,1 % dans les Pyrénées-Atlantiques et 61,4 % en Gironde jusqu'à seulement 49,5 % en Lot-et-Garonne. C'est en effet Marine Le Pen qui est majoritaire d'une courte tête dans ce département rural de 330.000 habitants, bastion traditionnel de l'extrême-droite dans la région et qui compte parmi les trente départements français décrochés par le RN au second tour. La candidate y gagne dix points et 16.000 bulletins en cinq ans mais reste nettement minoritaire à Agen, la capitale départementale, où Macron réunit 61,7 % des suffrages. En Creuse et en Dordogne, deux autres départements ruraux où elle était arrivée en tête au 1er tour, Marine Le Pen réunit respectivement 48,0 % et 48,5 % des suffrages exprimés.
En 2017, Emmanuel Macron avait réuni sur son nom 2,01 millions de bulletins en Nouvelle-Aquitaine, loin devant son adversaire d'extrême-droite (918.000 voix). Cinq ans plus tard, le réveil est cinglant pour le président sortant qui ne récolte que 1,77 million de votes contre 1,26 à sa rivale. Cette dernière a donc motivé 340.000 électeurs supplémentaires de se déplacer pour voter pour elle tandis qu'Emmanuel Macron en a perdu 240.000 en chemin. Avec plus d'un million d'électeurs restés chez eux, l'abstention a convaincu 120.000 électeurs de plus tandis qu'avec 350.000 unités, les votes blancs et nuls reculent de 90.000 unités. En vingt ans, l'extrême-droite a quadruplé son nombre d'électeurs et gagné 1,3 million de bulletins dans la grande région Nouvelle-Aquitaine, jusque-là plutôt étanche aux thèses de ce parti politique.
Les résultats continuent à traduire une fracture entre les grandes villes et les territoires du littoral, d'une part, et les campagnes de l'intérieur des terres, d'autre part. A Bordeaux, la capitale régionale historiquement très hermétique aux idées d'extrême-droite, Emmanuel Macron réunit 80,1 %. Un score presque chiraquien mais qu'il faut comparer aux 85,9 % réunis par le candidat En Marche à Bordeaux il y a cinq ans, contre les 14,1 % de Marine Le Pen. Le taux de participation s'élevait à 73,2 %, contre 71,1 % en 2022.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Au total, malgré sa victoire claire et nette, Emmanuel Macron est en recul dans toutes les plus grandes villes de la région comme le montre l'infographie ci-dessous :
Dans la soirée, le socialiste Alain Rousset, qui préside le conseil régional, a réagi en saluant "le front républicain qui a, une nouvelle fois, permis de faire barrage à l'extrême droite" avant d'ajouter en vue des élections législatives de juin prochain :
En Gironde, un autre socialiste, Jean-Luc Gleyze considère que "pour celles et ceux qui ne croyaient pas en Emmanuel Macron, le vote d'aujourd'hui n'a pas été un vote d'adhésion mais de barrage" et appelle à se concentrer sur "l'échéance des élections législatives. Il s'agit d'un 3ème tour qui sera décisif pour la refonte de la vie démocratique dans lesquelles les forces de gauche et écologistes n'ont d'autre choix que de s'engager en commun."
À lire également
Enfin, à Bordeaux, le maire écologiste Pierre Hurmic juge qu'une "nouvelle page politique s'ouvre aujourd'hui avec les élections législatives qui permettront, je l'espère, aux futurs députés de redevenir une véritable force de proposition et de contrôle du gouvernement et non une servile chambre d'enregistrement". Il ajoute : "Ces expériences locales de gouvernance partagée devront inspirer l'union nécessaire [entre la société civile, les forces écologistes et de gauche] en vue des élections des 12 et 19 juin prochain."
Pierre Cheminade et Maxime Giraudeau