Stéphan de Faÿ : "Euratlantique a déjà compensé dix ans d'artificialisation des sols à Bordeaux"
Propos recueillis par Pierre Cheminade
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Stéphan de Faÿ
Agence APPA
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Stéphan de Faÿ
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LA TRIBUNE - Vous prendrez dans quelques jours la direction générale de Grand Paris Aménagement après six ans passés à piloter l'EPA Bordeaux Euratlantique. Vous partez à la mi-temps d'une opération d'aménagement lancée en 2010 pour aboutir en 2030. Qu'est-ce qui vous semble le plus réussi ?
STÉPHAN DE FAŸ - Ce sont principalement des éléments qu'on ne voit pas encore et c'est d'ailleurs toute la difficulté du métier d'aménageur et de sa compréhension par le citoyen. Entre le moment où l'on prend une décision d'aménagement et le moment où elle se matérialise sur le terrain, il se passe entre cinq et six ans donc ce qu'on a pu semer avec l'équipe depuis 2014 est encore en plein chantier et aboutira d'ici deux ou trois ans. Mais je retiens globalement trois orientations que j'estime réussies : la construction bois ; l'articulation entre de l'intensité urbaine et des espaces verts ; et la mixité des fonctions urbaines pour recréer un tissu de centre-ville.
Commençons par la construction bois. Depuis l'an dernier, l'idée est d'en faire un marqueur de Bordeaux Euratlantique. Pourquoi ?
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C'est une volonté qui vient de mon équipe et particulièrement de Nadège Daudrix, qui était chargée de mission développement durable à l'époque. A titre personnel, je n'y étais pas particulièrement sensible mais l'équipe a eu raison et on a débuté dès 2015 avec l'immeuble Perspective réalisé par Pichet, quai de Brienne. Depuis l'an dernier, on a pris un virage stratégique puisque désormais 100 % des projets lancés sont en construction bois majoritaire. Résultat : nous sommes passés de quasiment rien à 27 % du total des permis de construire sur le périmètre d'Euratlantique. D'ici deux ans, on arrivera à 95 % voire 100 %. C'est une fierté collective parce que cela s'accompagne d'un développement industriel de la filière bois régionale tout en réduisant l'empreinte carbone de la construction d'un bâtiment de -45 % à -75 % par rapport au même bâtiment en béton. Sur l'ensemble du cycle de vie du bâtiment la construction bois est environ un tiers moins émettrice de CO2. Je note que nous sommes tout à fait alignés avec la nouvelle majorité écologiste de la mairie de Bordeaux sur ce sujet du bois.
Propos recueillis par Pierre Cheminade